L’école du bien et du mal me faisait envie : la couverture était très belle et le principe intéressant. Il y avait matière à faire, les réécritures de contes étant très à la mode, montrant que ces derniers étaient loin d’être éteints dans notre imaginaire. Qu’en est-il ?

 

Synopsis de l’École du Bien et du Mal

 

Kidnappées par une sombre nuit d’orage, Sophie et Agatha intègrent l’école du bien et du mal… Un lieu très spécial, où on forme les personnages de contes de fées. Pantoufles de verre et chevelure blonde soyeuse, Sophie est sûre de devenir princesse. Tandis qu’Agatha, cynique et solitaire, toute de noir vêtue, se voit déjà en sorcière. Pourtant, rien ne se passe comme prévu… Et si l’erreur de casting révélait leur vraie nature ?

 

Une réinterprétation du conte et de ses poncifs convaincante

 

Lu en version originale pour travailler la langue de Shakespeare (non, en vrai c’était moins cher). L’idée est simple, il existe une école qui forme les héros et les antagonistes de contes de fées. Princes et princesses suivent des cours spécifiques comme parler aux animaux tandis que les antagonistes apprennent à faire des potions. Mais c’est la belle et blonde qui se retrouve à apprendre à devenir sorcière tandis que la cynique Agatha atterrit parmi les princesses.

L’auteur maîtrise parfaitement son sujet : on sent une vraie passion pour son matériau d’origine et qu’il ne se limite pas à la version récente des contes. L’aspect Disney (jolies princesses, méchants laids) se mélange au sordide des histoires originelles. Il y a ainsi un contraste intéressant entre le côté lisse de certains aspects de l’École et la réalité cruelle à laquelle les élèves doivent faire face. Ainsi, l’École n’hésite pas à transformer les étudiants les moins performants en animaux et créatures aux services des meilleurs, leur offrant un destin horrible. Voire à simplement les supprimer quand leurs performances sont trop pauvres. Il se moque ouvertement des clichés en créant des règles absurdes et sexistes. Si une Princesse n’est pas invitée par un Prince, elle meurt. Tout bêtement. Un Prince sans compagne reçoit juste une mauvaise note. La réaction d’Agatha face à cette règle stupide est plutôt épique.

Les personnages sont très réussis. Agatha notamment, avec son caractère cynique, qui se retrouve au milieu des cruches un peu niaises qui ne rêvent qu’au mariage, est particulièrement attachante. Il y a aussi son caractère profondément loyal qui en fait un personnage très réuni. Dommage qu’elle ne soit pas aussi développée que Sophie. Car Sophie joue un rôle très important. Il est plus complexe de s’attacher à elle tant son caractère égocentrique et superficiel est prégnant. Elle chouine, elle maltraite ses proches, elle est de bonne volonté mais souvent à côté de la plaque. A vrai dire, il est facile de passer à côté de son développement. Elle passe de jeune fille persuadée d’être la bonté incarnée, apprentie sorcière à contre-coeur, sorcière qui se laisse gagner par la jalousie et l’amertume etc… avec une certaine subtilité. C’est un personnage qui évolue de manière assez fluide.

Le scénario est assez bien mené, avec des trouvailles et du mystère. J’aime beaucoup l’idée du stylo qui écrit seul les contes, des tableaux qui se dessinent au fil de l’histoire. Il y a cependant un problème pour moi : le livre est un peu trop long, pour un premier tome notamment. Il y a des moments où l’histoire est très confuse et on a du mal à comprendre ce qu’il se passe. Il y a beaucoup d’épreuves, d’étapes qui se succèdent et qui auraient gagné à être épurés. le roman aurait gagné à se délester de 100 voire 150 pages pour être plus concis et éviter un long flottement au milieu de l’histoire. Ces défauts s’expliquent très certainement car il s’agit d’un premier roman pour Soman Chainani.

Mais heureusement, le final est absolument extraordinaire. Un climax rempli d’action, d’émotions et de révélations. C’était vraiment très bien ficelé et très bien écrit. Grâce à cette fin, je vais me procurer les autres tomes pour découvrir la suite des aventures de Sophie et Agatha. Pour moi, il serait intéressant de voir comment évoluent les héroïne, qui représentent l’intronisation de personnages et de concepts plus modernes et moins manichéens (comme Gothel dans Raiponce ou la chanson où La Reine des Neiges se moque du trope de l’amour au premier regard).

Conclusion : une lecture sympathique

 

un bon livre qui bénéficie d’une certaine créativité. Des personnages bien écrits, un univers plutôt riche et un final explosif viennent équilibrer un milieu de livre un peu longuet et une écriture un peu confuse par moments.

Note : 14/20

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Catégories : Chroniques

2 commentaires

Fantasybooksaddict · 18 février 2018 à 12 h 56 min

Ca fait un moment qu’il me tente !

    Camille Barbry · 18 février 2018 à 16 h 02 min

    C’est très bien pour se détendre 🙂

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