En voilà un beau bébé ! Plus de 600 pages, je les ai pourtant dévorées assez rapidement. Je remercie tout d’abord l’auteur pour son envoi bonus, sans compter que le livre me faisait très envie ! Que dire donc sur ce roman d’inspiration flintlock ?

Synopsis de l’Empire du Léopard

1870. 
Après une épuisante campagne militaire, le royaume du Coronado a conquis l’essentiel de la péninsule de la Lune-d’Or. Seul l’empire du Léopard, perdu dans les montagnes, lui résiste encore.
Dans l’attente des renforts promis par sa hiérarchie, le colonel Cérès Orkatz – surnommée la Salamandre – peine à assurer l’ordre sur place, la faute à un vice-roi bien intentionné mais trop faible. Dans ce monde de jungles et de brume, les colons venus faire fortune s’épuisent et meurent à petit feu, même si certains au sein du régiment espèrent toujours découvrir la mythique cité de Tichgu, qui abriterait selon les légendes locales la fontaine de Jouvence. 
Alors qu’une éclipse lunaire sans pareille approche, Cérès va devoir tenter d’assurer la survie de ses hommes, au mépris peut-être de ses allégeances…

 

Un voyage dépaysant dans un univers sombre

Dans un premier temps, le livre offre un cadre original qui n’est pas beaucoup sollicité dans la fantasy française. L’action prend place dans un univers aux inspiration du fin XVIIIe et XIXe siècle. Dans ce monde se côtoient l’alchimie, les trains et les armes à feu. le contexte s’inspire également des conquêtes espagnoles de l’Amérique du Sud, avec un peuple occidental explorant un continent nouveau pour tenter d’y trouver des richesse. Mais le Coronado doit faire face à un pays inhospitalier et sans richesse exploitable. L’armée locale s’embourbe tandis que la Lune d’Or, ces nouveaux territoires, sont délaissées par leur terre d’origine. Un contexte difficile qui donne naissance à un univers pesant, sombre et poisseux. 

La première partie du roman met en place un univers pesant marqué par une certaine inertie. Cette impression est due au fait que l’auteur prend son temps pour poser son récit, son ambiance et ses personnages. Ces derniers sont réussis. variés, ils bénéficient d’une caractérisation en profondeur, en particulier les deux principaux. Cérès, la salamandre, est une soldate au caractère sombre, une guerrière redoutable qui se laisse envahir par ses démons face à une situation qui semble inextricable. L’autre, Camellia, est une jeune indigène qui fut condamnée à un sacrifice mais sauvée. Elle doit se faire à un nouvel environnement et subir la méfiance et les moqueries de ses camarades de régiment. 

J’ai également beaucoup aimé le personnage d’Alario, qui permet d’apporter un contraste plus sensible et empathique face à des camarades moins délicats. Il est en tout très positif que le récit fasse la part belle aux personnages féminins forts et complexes, car aucune n’est uni-dimensielle. Une mention spéciale pour la Princesse Nahikari, qui est un personnage absolument fascinant.

Mais cette mise en place un peu longue peut déplaire à certains : il y a une certaine lenteur au début du récit et il faut bien attendre 200 ou 300 pages avant que le récit ne se mette en branle et que nous commencions à voir un objectif à suivre. A partir de là, les événements s’accélèrent, la magie jusqu’ici en retrait se fait plus prégnante, envahissante. Il y a des retournements de situation très bien maîtrisés que l’on ne voit pas arriver. Ce côté surprenant permet de réellement s’inquiéter pour les personnages, même ceux qui peuvent sembler abjects.

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de l’Empire du Léopard, mystique et exotique. Les coutumes décrites sont étrangères et fascinantes. Cette société est à la violente et très délicate, le contraste est aussi fascinant que dépaysant. 

 

Un livre original et accrocheur

En somme, l’Empire du léopard est une bonne découverte. Malgré des soucis de rythme, le cadre original ainsi que la psychologie fouillée des personnages donnent naissance à un récit solide. le roman se distingue des livres de fantasy se passant dans un univers médiéval et échappe également à un manichéisme simpliste pour proposer un récit immersif, avec un arrière-goût poisseux et tenace, amer.

Note : 16/20

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Ce livre entre dans le challenge du pavé de l’été !

Catégories : Chroniques

8 commentaires

Babitty Lapina · 15 août 2018 à 21 h 58 min

Tu dois être la troisième chronique que je vois passer sur ce roman. Et plus j’en vois, plus j’ai envie de foncer le lire et je pense que le fait qu’il t’ai plu m’a définitivement convaincu !
Je profite de ce commentaire pour te dire que je t’ai nommé pour le blogger recognition award ! ♥

    La Geekosophe · 16 août 2018 à 22 h 44 min

    Oooooh mais je suis franchement ravie que mon blog te plaise à ce point <3 <3

    La Geekosophe · 16 août 2018 à 22 h 46 min

    Je vais essayer de me montrer digne de cet honneur !

    Sinon l’Empire du Léopard est vraiment bien, surtout si on cherche à s’extraire des contextes fantasy traditionnels 🙂

Brize · 16 août 2018 à 10 h 47 min

Bon, le coup des 200 ou 300 pages avant que ça s’anime un peu (si j’ai bien compris), je crois que j’aurais du mal ^^ !

    Emmanuel · 17 août 2018 à 8 h 49 min

    Si je puis me permettre, je trouve qu’il se passe bien des choses dans les 200 premières pages, “juste” pas au même rythme que dans le reste du livre. 🙂

La Geekosophe · 16 août 2018 à 22 h 45 min

C’est dommage car je pense que le genre se prête plus à une écriture plus véloce et nerveuse 😉

Zina · 18 août 2018 à 12 h 20 min

J’ai beaucoup aimé Alario aussi 🙂

    La Geekosophe · 20 août 2018 à 19 h 56 min

    Je pense que c’est de mes préférés 😀

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