Brandon Sanderson est un auteur très apprécié de l’imaginaire. Il est connu pour ses univers originaux, une plume dynamique et la qualité narrative de ses récits. Plutôt habituée à le lire en fantasy, Skyward, Claim the stars a attiré mon attention et m’a donné envie de lire sa plume en science-fiction. Il s’agit du premier tome d’une duologie encore non traduite en français.

Cette chronique entre de plus dans le si joli challenge Summer Star Wars !

Synopsis de Skyward: Claim the stars

Spensa’s world has been under attack for decades. Now pilots are the heroes of what’s left of the human race, and becoming one has always been Spensa’s dream. Since she was a little girl, she has imagined soaring skyward and proving her bravery. But her fate is intertwined with her father’s–a pilot himself who was killed years ago when he abruptly deserted his team, leaving Spensa’s chances of attending flight school at slim to none. No one will let Spensa forget what her father did, yet fate works in mysterious ways. Flight school might be a long shot, but she is determined to fly. And an accidental discovery in a long-forgotten cavern might just provide her with a way to claim the stars.

Un récit qui démarre que des bases classiques mais les dépasse rapidement

Un début agréable mais stéréotypé

Le commencement du récit m’a dans un premier temps paru très classique. Voire un peu trop. En effet, Spensa est une jeune femme qui rêve de devenir pilote dans un monde où l’humanité est régulièrement ravagée par les Krells, de mystérieux extra-terrestres qui attaquent la planète où les derniers représentants de notre espèce, jadis présents sur plusieurs planètes, se sont réfugiés. Spensa est donc une jeune femme ambitieuse et qui ne manque pas de détermination pour mener à bien son objectif.

Seulement voilà : elle est la fille d’un pilote disparu accusé d’être un lâche. La société dans laquelle évolue étant un état militaire qui repose beaucoup sur l’embrigadement de ses populations, Spensa est loin d’être en tête de liste pour devenir pilote et réaliser son rêve. Nous sommes donc dans un schéma assez classique avec un héros qui n’est pas le choix le plus évident et va devoir surmonter les difficultés, malgré son talent évident, pour mener à bien son objectif envers et contre tout. Ce démarrage archétypal des oeuvres Young Adult a rendu mon entrée dans la lecture plus laborieuse que prévu. Étant donné le pedigree de Sanderson, vous vous doutez bien que j’avais des exigences élevées 🙂

Une montée en puissance progressive mais addictive

Mais Brandon Sanderson ne ménage pas ses surprises au fil du récit. Après avoir posé les bases de son histoire dans une introduction un peu longuette, le roman nous plonge dans un déluge d’action réjouissant. La plume de l’auteur se prête très bien aux scènes de vol et de combat dans l’espace, qui sont très immersives. Ces moments lui permettent de créer un rythme bien maîtrisé en les intercalant avec des interludes plus calmes, qui offrent l’occasion d’étendre un peu l’univers en posant des questions très légitimes sur certaines zones d’ombre : qu’est-il réellement arrivé au père de Spensa ? Pourquoi ne sait-on pas à quoi ressemblent les Krell alors que la guerre dure depuis déjà des décennies ? Les révélations finales de ce tome sont très originales et donnent très envie de lire la suite.

L’auteur construit dès lors un bon suspens qui transforme le récit en un page-turner, porté par une écriture agréable et fluide. Sanderson confirme avec Skyward sa capacité à créer des univers cohérents et plus approfondis qu’il n’y paraît, ainsi que son aptitude quasi hypnotique à ferrer le lecteur grâce à un récit en apparence simple mais dont les thématiques et les enjeux se densifient avec le temps. Moi qui redoutais le côté Young Adult et ses affres, je n’y ai pas trouvé les écueils habituels hormis l’évolution de Spensa.

Skyward nous fait passer par tous les états possibles

Skyward est également un récit qui joue avec les émotions. L’auteur a su trouver un véritable équilibre entre drame et humour. Je craignais de trouver un traitement superficiel du côté guerrier, mais que nenni ! Au contraire, Brandon Sanderson agrémente son récit de passages dramatiques assez durs. Et c’est aussi bien traité au niveau de la mort en service que de l’aspect un peu malsain de l’embrigadement des troupes. C’est d’autant plus frappant que nos protagonistes sont très jeunes, parfois idéalistes, et doivent murir très rapidement pour espérer survivre à une guerre où ils sont parfois traités comme de la chair à canon. Le récit y gagne une forme de maturité bienvenue.

Mais l’auteur parvient également à alléger son récit avec un humour qui, ma foi, fait souvent mouche. Le caractère de Spensa a un côté extrême qui est très amusant à voir. Elevée en partie par une grand-mère qui lui racontait les histoires des grands guerriers de le terre, elle n’aime rien tant que de se lancer dans des discours belliqueux en grandiloquents pour motiver les troupes. Il y a aussi l’apparition d’une intelligence artificielle obsédée par les champignons et qui ne manque pas d’esprit.

Une écriture fluide qui porte des personnages attachants

L’un des grands talents de Brandon Sanderson réside dans sa capacité à construire des personnages crédibles. Ici, on retrouve avec un groupe de personnages assez jeunes, avec de prime abord des personnalités assez stéréotypées. Mais l’auteur parvient à créer des éléments qui disposent de leurs propres tempéraments et ambitions, avec un background pour chacun qui explique leurs choix et leurs comportements. De plus, l’auteur évite le manichéisme même à travers les personnages antagonistes ou perçus comme tels par Spensa.

Cet aspect est bien construit à travers les dialogues. L’auteur maîtrise très bien sa matière et écrit des échanges bien rythmés, où les répliques assassines ne manquent pas. Chaque personnage a sa manière propre de s’exprimer, ce qui permet de les caractériser rapidement. Ils traduisent très bien l’évolution du groupe vers une une plus grande cohésion et une meilleure capacité à collaborer dans l’action malgré les disparités de parcours et de caractère.

Skyward peut plaire même aux non amateurs de science-fiction

Sans être le meilleur Sanderson, Skyward remplit sa part du contrat en proposant un récit bien construit et efficace. Malgré des bases déjà vues et une écriture assez simple par moments, le récit nous offre des scènes d’action immersives ainsi que des personnages et un worldbuilding qui disposent de profondeurs insoupçonnés. Le roman équilibre parfaitement drame, humour et action et saura séduire son public, même hors des inconditionnels de space opera.

Note : 17/20

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2 commentaires

Parlons fiction · 17 juillet 2020 à 23 h 03 min

Ce petit livre est déjà dans ma wishlist ! Le thème m’intéresse beaucoup, même si le côté young-adult me fait un peu peur. Ton avis me pousse quand même à vouloir le découvrir. J’espère que j’apprécierai autant 🙂

    La Geekosophe · 19 juillet 2020 à 17 h 33 min

    Le côté Young Adult est présent mais bien équilibré, un peu moins présent que dans d’autres récits du même genre !

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