Vous prendrez bien un peu d’Ursula Le Guin ? Nous sommes de retour dans le vaste univers de l’Ekumen ! L’effet Churten se compose de trois novellas qui racontent les balbutiements de cette technologie qui s’apparente à de la magie.

Synopsis de l’effet Churten

Dans le vaste univers de l’Ekumen, tout voyage prend des années. Difficile de garder des relations avec sa famille et ses amis lorsque l’on doit passer d’une planète à l’autre. La galaxie est une mosaïque d’histoires humaines… Jusqu’au jour où on découvre par hasard l’effet Churten, une sorte de transport instantané, abolissant les distances comme jamais entre les mondes. Encore faut-il le maîtriser et l’utiliser à bon escient…S’inscrivant dans le cycle grandiose de l’Ekumen, ces trois histoires racontent la découverte de cette nouvelle technologie, ses premiers essais, ses premières réussites et ses premiers drames.

Une science-fiction humaniste

Voyage à haut risque dans le multiculturel

L’Ekumen se compose d’une ensemble de planètes dont certaines ne sont pas explorées. Il existe donc des émissaires chargés de se présenter aux peuples méconnus. Un premier contact souvent ardu. D’autant plus qu’avant l’effet Churten, les déplacements spatiaux étaient remarquablement longs. Nous suivons donc les premiers pas de cette technologie. Notamment à travers le vaisseau des shobies. Mais avec l’autrice, rien n’est si simple ! En effet, le Churten a tendance à créer une forme de confusion mentale qui rend l’interprétation et le raisonnement difficile. Ce qui se révèle fort peu pratique quand votre occupation est de découvrir des extra-terrestres à la culture différente.

C’est notamment le thème de la deuxième novella/nouvelle. Dalzul, considéré comme un héros, part pour une planète qui a peu de contacts avec les civilisations spatiales. La langue de ce peuple n’est pas connue. Les explorateurs réalisent donc un travail d’anthropologue. Passant du temps avec des personnalités locales, ils tentent de comprendre les croyances qui rythment la vie de cette population. Cependant, Dalzul a une appréciation différente des événements. Cette nouvelle illustre parfaitement l’idée qu’il faut éviter les préjugés et les conclusions hâtives pour comprendre comment fonctionnent d’autres peuples. Et ce manque de compréhension aboutit à bien des drames qui auraient pu être évités.

Ursula Le Guin propose des textes poétiques portant des personnages et des messages signifiants

Une fois de plus, les trois courts textes illustrent la grande maîtrise de l’autrice. L’écriture est très fine, presque poétique dans sa simplicité. Cette écriture s’adapte à merveille aux messages que souhaite passer l’autrice. Comme dans ses autres romans, le cœur est la compréhension de l’autre, l’empathie et l’indicible du culturel. La dernière nouvelle, plus longue et plus travaillée, en est un bel exemple en dégageant une ambiance sereine et spécifique, notamment à travers l’introspection du narrateur. Ainsi, Ursula Le Guin déploie ses thèmes avec subtilité, par petites touches, sans avoir l’air d’y toucher. La famille, le lien amoureux, les échanges… Ce sont autant de sujets qu’elle parvient à aborder.

Comme c’est avant tout la psychologie et le culturel qui sont centraux, on sent un soin particulier porté aux personnages. En effet, c’est même remarquable pour un ensemble de récits si courts. L’autrice parvient cependant à caractériser efficacement en quelques mots un personnage. Le texte est donc particulièrement fluide et immersif et présente une bonne porte d’entrée au vaste univers d’Ursula Le Guin.

L’effet Churten présente trois textes de qualité qui brillent sur le fond comme sur la forme

Une fois de plus, la plume délicate d’Ursula Le Guin frappe de sa magie. Avec une fausse simplicité, l’autrice déploie des thèmes universels : la famille, la culture, la compréhension, l’empathie… Elle le fait à travers trois textes qui traitent des problématiques autour du voyage instantané dans l’espace. Ce faisant, elle parle du choc de cultures entre des peuples différents, mais aussi de trajectoires de personnages d’une grande humanité. C’est une bonne porte d’entrée pour ceux qui souhaitent entrer dans le monde de l’Ekumen, car on retrouve des éléments de ces courtes histoires dans d’autres romans.

Note : 16/20

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Catégories : Chroniques

2 commentaires

Vert · 28 avril 2022 à 16 h 44 min

Pêcheur de la mer intérieure
(j’avoue ne pas avoir apprécié plus que ça les 2 nouvelles précédentes mais celle-là c’est juste superbe)

    La Geekosophe · 30 avril 2022 à 11 h 42 min

    Elle est sublime, cette nouvelle/novella

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