J’ai trouvé ce roman dans une bouquinerie. Je n’avais pas totalement adhéré à un autre roman de Chelsea Quinn Yarbro, Ariosto Furioso. Mais Fausse Aurore nous plonge dans un pur récit de science-fiction apocalyptique qui se rapproche bien plus de mes goûts habituels.
Synopsis de Fausse Aurore
L’Apocalypse, c’était hier. A force de consommation effrénée, de pollution, de catastrophes nucléaires, le système a fini par craquer et la Terre est retournée à l’état sauvage. De civilisation il n’y a plus l’ombre et c’est au jour le jour qu’il faut tenter de survivre.
Après la fin de monde
Un post-apo sans concession
Si vous cherchez un roman post-apo brutal, Fausse Aurore peut être parfait pour vous ! Je ne savais pas à quoi m’attendre en ouvrant ce roman datant de la fin des années 70, mais certainement pas à tomber sur une lecture aussi crue. Nous sommes dans des Etats-Unis ravagés par une guerre nucléaire et la pollution. La terre est ravagée, les quelques plantes qui poussent sont empoisonnées, le bétail comme le gibier sont extrêmement rares, souvent difformes. Grâce à son sens de la survie et ses talents de mutante, Thea a survécu dans cet environnement hostile. Mais à quel prix ? Il ne semble pas y avoir d’issue quand chaque blessure peut causer sa perte, chaque lieu semble toujours plus ravagé que le précédent. Le roman porte un message écologique déjà puissant : ce sont les hommes et leurs produits chimiques qui ont causé la perte de l’humanité. Rien d’autre. Un message aussi glaçant qu’ironique en cette période.
Quelques survivants parsèment ces terres désolées. Mais ils sont souvent rendus fous par la rudesse de l’existence. Parmi les Survivants, les pirates forment un groupe de pillards violents qui brulent, volent et violent tout sur leur passage. Thea et Evan croisent une communauté qui tient à peu près debout, mais les habitants sont atteints de graves malformations, car l’air est tellement pollué que la plupart des enfants naissent maformés, quand ils survivent. Une fois de plus, les descriptions des malformations, des blessures et de la violence sont directes. Il ne s’agit guère de descriptions complaisantes pour le plaisir de gore, mais une version réaliste d’un monde sans lois et sans limites. Chelsea Quinn Yarbro a une plume remarquablement évocatrice qui transmet parfaitement les moments de désespoir et de solitude de ses personnages.
Deux contre tous
Si au début nous suivons surtout Thea, elle est vite rejointe par Evan. Leur duo permet de mieux comprendre l’univers. Evan a vécu avant la chute de la civilisation : il partage avec Thea quelques souvenirs de sa vie passée. La jeune femme perçoit bien la différence avec la vie d’avant, dont les enjeux lui semblent bien futiles en comparaison du quotidien sans horizon qu’elle subit depuis une dizaine d’années. Thea est née de parents qui ont volontairement altéré son ADN, pensant faire d’elle un être plus adapté à la société effondrée. Mais être mutant, c’est aussi subir la violence et la méfiance des survivants, et n’est donc pas vraiment enviable. Quant à Evan, il était un Pirate avant d’être trahi par son groupe. Leur alliance naît dans une violence indicible qui marque une forme d’attachement.
Relation teintée de respect, Thea subit un traumatisme tôt dans le récit qui a un impact important sur sa psyché. C’est bien géré et permet de mettre rapidement dans l’ambiance apocalyptique du récit dans tout ce qu’il a d’inhumain. Finalement, la complexe relation entre les deux personnages principaux est la seule lueur d’espoir. Ils sont constamment en route comme deux fuyards. Les Pirates semblent toujours derrière eux. Devant, des histoires de communautés qui parviennent à se reconstruire. Des ragots. Comment savoir si elles sont réelles ? Les êtres humains ont besoin d’un but pour aller de l’avant, même si ce but semble inaccessible.
Fausse Aurore : post-apo prenant par sa violence et sa justesse
Fausse Aurore est dans la droite ligne du désenchantement post seconde guerre mondiale. Il rappelle la saga des Mad Max ou les jeux vidéo Fall Out, avec sa société qui s’écroule et ses communautés éparses souvent tout aussi empoisonnées que la nature autour d’eux. Le message écologique n’est pas direct mais bien présent à travers l’évocation des origines de l’apocalypse : empoisonnements toxiques et ravages nucléaires. Seul le lien entre les deux personnages principaux apportent un peu de lumière dans ce monde sans loi. Autrement, la violence est omniprésente, soulignée par une plume crue et immersive. La fin est à l’image du roman : amère.
Note : 17/20
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