Il était temps que je sorte Pax Automata de ma Pile à Lire ! J’avais apprécié le premier tome des Soeurs Carmine d’Ariel Holzl. J’étais donc intrigué par ce récit qui s’annonce très steampunk, un sous-genre qui se fait assez rare par les temps qui courent.
Synopsis de Pax Automata
1889. L’empereur Napoléon III, grand vainqueur de Sedan, s’apprête à inaugurer l’exposition universelle organisée dans un Paris grouillant d’automates en tout genre. Lors de la parade d’ouverture, Philémon de Fernay, jeune élève de saint-Cyr, a le privilège de piloter le Zéphyr, le nouvel aéronef crée par Clément Ader. Mais tout déraille lorsque l’engin volant s’écrase sur la salle des machines et la pulvérise. Sous les gravats, Philémon découvre alors le corps d’un enfant automate aux traits particulièrement réalistes. Quel fabricant a bien pu enfreindre la loi principale de la Pax automata qui interdit la conception d’automates ressemblant à des humains ? Même Zélie, la romanicielle et mécanographe hors pair, n’a jamais rien vu de pareil ! Plus mystérieux encore…Une fois activé, l’enfant automate est capable de faire exploser n’importe quel mécanisme à proximité. Serait-ce une arme secrète dirigée contre l’Empire ?
Dystopie, uchronie et steampunk
Un solide worldbuilding
Ce qui m’a tout de suite séduite, c’est que l’on sent que l’on est dans un univers steampunk. Ariel Holzl met en place une société où les machines à vapeur et à cobalt font partie du quotidien des français. Ces nouvelles technologies ont profondément transformé la société. Nombreux sont les majordomes de fer qui servent les familles nobles et bourgeoises. Ces machines n’ont pas le droit d’être identiques à des humains ou à des êtres vivants : c’est la Pax Automata. Cet univers steampunk a donc le droit à un vocabulaire unique mais aussi de nouvelles structures sociales. Philémon, le personnage principal, fait partie de la toute nouvelle division aérienne de l’armée. Division développée car la technologie a permis de créer des aéronefs fiables plus tôt que dans notre univers.
Pax automata propose aussi une vision très uchronique. Napoléon III est sorti vainqueur à Sedan, la Commune a été étouffée. Le gouvernement mis en place est un Empire autoritaire et policier. Les hussards noirs sont le bras armé d’une serveillance sévère de la population. Les Communards sont devenus un Groupe rebelle considéré comme des terroristes. Ainsi, de nombreuses figures historiques ont un nouveau rôle comme Grévin, Gambetta ou Ada Lovelace. Cette dernière est passée de Princesse des parallélipidèdes à Reine d’Angleterre obsédée par le progrès technologique. J’ai bien apprécié de travail ludique qui apporte à l’univers une pointe amusante qui vient aussi renforcer le côté historique du roman.
Des personnages sympathiques pour un roman un poil prévisible
Les personnages mis en scène par le roman sont attachants et variés. J’ai beaucoup apprécié l’amitié entre Philémon et Ferdinand, deux apprentis soldats aux caractères différents mais complémentaires. Chaque personnage permet d’apporter des éléments à l’univers à travers leur histoire, leurs objectifs ou leurs origines. Zélie la romanicielle, Elisa la déléguée rigide à moitié Ubritonne… Et bien sûr les adorables, et pleines de caractère, trois soeurs de Philémon. Ariel Holzl confirme sa capacité à construire des personnages aussi drôles que bien caractérisés à travers ses dialogues bien ciselés. On retrouve sa patte déjà perceptible dans les soeurs Carmines. J’ai également apprécié que les personnages féminins soient débrouillards.
L’histoire se suit bien grâce à une écriture fluide, agréable et souvent amusante. Il y a de nombreux rebondissements portés par l’originalité de l’univers et la diversité des personnages, on sent que chaque élément est bien placé pour enrichir la compréhension des lecteurs et apporter de la densité à la caractérisation des personnages. Cependant, la trame générale reste assez prévisible, avec des ennemis manichéens, un ordre secret, un enfant machine assez sous-exploité dans le récit… Sans compter qu’a la fin du roman, le statu quo reste maintenu plus que secoué. J’ai eu l’impression qu’on restait plutôt à la surface des choses.
Pax Automata : un roman à l’univers fouillé et original
J’ai beaucoup aimé le contexte riche de Pax Automata : on sent que l’on est dans un univers steampunk bien pensé. L’impact de cette nouvelle technologie au niveau historique et social est bien écrit, permettant au lecteur de bien s’immerger dans le roman. Le contexte uchronique est également bien creusé. Les personnages et leurs histoires permettent d’apporter intelligemment des éléments supplémentaires au contexte, ce qui rend le récit particulièrement bien construit. Cependant, l’histoire se révèle plutôt prévisible : il n’y pas de réels surprises sur les antagonistes et la plupart des questions élevées sur les classes ou la Pax Automata restent assez superficielles.
Note : 16/20
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