Vous ne le savez peut-être pas , mais j’ai un faible pour l’histoire de la Chine Ancienne, notamment la période de l’Empire Tang (du VIIè jusqu’au début du Xè siècle à peu près). C’est une période d’émulation culturelle, commerciale, mais aussi un temps où la Cour de l’Empereur était un vrai nid à dangers. Espionnage, empisonnement, complots… C’est ce que nous propose de découvrir ce jeu inspiré de la vie de Wu Zetian, l’unique Impétrice chinoise de l’histoire.

Résumé de Road to Empress

Vous n’avez jamais joué ce genre de jeu. Road to Empress I est une aventure cinématographique dans un palais où vos choix décident du destin de tous. Affrontez de nombreux embranchements narratifs et la mort à tous les tournants avec charme, sagesse et courage. Mais d’abord… survivez.

Mon premier décès a eu lieu deux minutes après cette scène, ça vous fait les pieds

Un drama en direct

Le Gameplay est une sorte de film intéractif qui nous propose de faire des choix pour faire progresser notre personnage principale à travers les affres de la Cour Impériale et le monde impitoyable des concubines. Pour chaque situation, vous devrez choisir une réplique ou un acte qui aura un impact sur la façon dont se déroule la suite des évnéments, votre réputation auprès des membres de la Cour et vos relations avec d’autres personnages.

Déjà cinq personnes veulent votre mort, comment allez-vous vous en sortir ?

La plupart des chemins mènent vers la mort, il n’y a qu’un véritable moyen de progresser. De manière générale, l’histoire suit un parcours proche de la véritable Wu Zetian, avec des passages qui sont même remarquablement fidèles à la réalité historique. Il y a parfois des petites touches dignes d’un drama mais ça apporte son petit charme. Cela pourrait sembler être frustrant, mais l’échec est directement intégré au système de jeu. il vous permet souvent d’en apprendre plus sur d’autres personnages ou d’approfondir vos connaissances politiques et culturelles.

La cour Impériale, ton univers impitoya-ha-bleuh

La Chine de l’Empire Tang est un univers aussi sophistiqué que codifié. Le jeu offre même des choix drôles ou troll, ce qui permet de se défouler en mettant une grosse claque dans le museau des concubines les plus insupportables. Vous pouvez facilement retourner en arrière et explorer les embranchements que vous avez ratés, une occasion parfaite pour goûter aux mille morts et supplices que vous pouvez subir comme concubine débutante ou concubine aux dents longues.

Même la soupe de Tatie peut cacher de mauvaises surprises

Paradoxalement, le fait que la mort rode à tous les coins de rue (enfin derrière chaque grâcieux mouvement d’éventail) rend le jeu d’autant plus captivant. On finit par s’attacher rééllement à notre personnage, la cairen Wu Yuanzhao. Ses conflits avec d’autres personnages deviennent nos conflits, ses amitiés, nos amitiés, ses ambitions, nos ambitions. Et l’abriter est un travail de tous les instants, tant les ennemis se multiplient et que nous manquons de pouvoir. Empoisonnement, fausse rumeur, punitions en tout genre… Mais surtout fausses amies, il faut savoir décoder les ambitions de chacun et découvrir ce qu’ils comptent vraiment faire. Il arrive assez souvent que vos protecteurs vous couvrent tant que vous êtes utiles à leurs manigances.

Amour, gloire et exécution publique

Road to Empress propose de nombreuses intrigues et sous-intrigues. Comme vous êtes au sein d’un Palais Royal, vous rencontrez évidemment les jeunes Princes célibataires et bien bâtis (Allez-vous craquer pour le rêveur incompris, le gentil protecteur ou le bad boy sournois ?). Mais vous allez vite découvrir que vos amants les plus fidèles se nomment gloire et ambition. Les choix que vous faites façonnent la personnalité de Wu, ce qui permet au jeu de bâtir votre portrait de joueur (manipulateur, naïf, romantique, agressif ?).

Vous avez accès à une base de données sur les personnages et des objets importants de l’époque

Le jeu n’hésite pas à proposer des dilemmes moraux difficiles. Les personnages sont loin d’être intouchables et votre boussole morale sera mise à rude épreuve. Le jeu nous met face à des décisions prises par l’empereur qu’on ne peut pas révoquer, des choix impossibles, des trahisons insoutenables et des adieux déchirants. Il faudra parfois faire preuve de cruauté avec vos ennemis comme vos amis pour parvenir à vous en sortir. Les mises en scènes rappellent beaucoup les séries chinoises, coréennes ou japonaises avec des scènes qui se veulent intenses et qui fonctionnent plutôt bien.

Le harem des belles dames

Pour accompagner la mise en scène, les créateurs du jeu ne lésinent ni sur les décors ni sur les costumes. C’est vraiment somptueux et on ne s’attendrait pas à une telle qualité pour un visual novel. Evidemment nous sommes plutôt sur des plans ressérés avec peu de personnages à l’écran, mais de temps en temps le jeu fait une folie en mettant en scène une fête avec danseurs et invités, une salle de trône peuplée de multiples conseillers… Les acteurs sont investis, cela se sent, et permet de ne pas avoir de gros moment de faiblesse. On est loin des FMV des années 80.

Tu l’entends débarquer des kilomètres à l’avance avec toutes ses breloques

Les costumes sont également très travaillés. On sent que nous sommes dans le palais des femmes, des concubines sélectionnées pour leur beauté et leur élégance : les tenues sont magnifiques, en particulier les coiffes impressionnantes. De même pour la musique, qui joue souvent un rôle très important dans la scénographie. Bon, ça en fait parfois des caisses mais vous l’autrez compris, la subtilité n’est pas toujours de mise. Ce qui n’enlève rien à la qualité du jeu.

Le chemin est long et sanglant pour devenir Impératrice

Road to Empress est une belle surprise qui m’a happée dès les premières minutes. Sous ses airs de drama historique, le jeu propose une plongée passionnante dans les coulisses de la cour Tang, où chaque sourire peut cacher une trahison et chaque bol de coupe à l’osmanthus un poison. On tremble pour Wu Yuanzhao, on rage contre les concubines perfides, on hésite longuement avant certains choix… et on meurt beaucoup, mais chaque échec enrichit l’histoire. Porté par des décors et des costumes somptueux, un casting investi et un récit souvent fidèle à la vie de Wu Zetian, ce film interactif réussit le pari de nous faire vivre l’ascension d’une femme hors du commun. Certes, la subtilité n’est pas toujours au rendez-vous, mais c’est aussi ce qui fait le charme des grandes sagas de palais. Une expérience que je recommande vivement aux amateurs d’histoire chinoise, de dramas asiatiques ou de récits à embranchements… à condition d’avoir le cœur bien accroché !

Catégories : Jeu Indé

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