Louise O’Neill est une autrice irlandaise qui a été plusieurs fois recommandée par d’autres lectrices, notamment Ninon de la chaîne les carnets d’Opalyne. Je cherchais ainsi un livre un peu dark romance pour l’un de mes défis, Almost Love a donc été un choix logique pour découvrir cette écrivaine. J’ai lu le roman en anglais car il n’est pas encore traduit. Les œuvres de Louise O’Neill commencent à gagner en reconnaissance.

 

Synopsis d’Almost Love

When Sarah falls for Matthew, she falls hard.

So it doesn’t matter that he’s twenty years older. That he sees her only in secret. That, slowly but surely, she’s sacrificing everything else in her life to be with him.

Sarah’s friends are worried. Her father can’t understand how she could allow herself to be used like this. And she’s on the verge of losing her job.

But Sarah can’t help it. She is addicted to being desired by Matthew.

And love is supposed to hurt.

Isn’t it?

 

Un roman d’une grande acuité psychologique

L’écriture de Louise O’Neill va droit au but et ne s’embarrasse que peu des détails, ce qui met en valeur les sentiments bruts exprimés par son personnage principal, mais aussi la complexité des relations qui existent dans le roman. Sarah est un personnage très bien écrit : elle est souvent détestable, insupportable, mais aussi dotée de nombreuses fêlures. C’est une personne très ambivalente qui se laisse dominée par ses faiblesses et un complexe d’infériorité prégnant. Ses choix sont souvent les pires, elle blesse son entourage, comme pour s’extraire de sa propre souffrance.

Louis O’Neill a surtout construit un roman qui va à l’encontre des 50 shades of Grey. Elle ne glamourise pas la relation entre Matthew et Sarah. Au contraire, elle est tout ce qu’il y a de plus toxique. Sarah n’est ainsi pas une vierge naïve effarouchée, pas plus que Matthew est un riche playboy qui cache un coeur d’or. Elle est une jeune femme fragile, qui jalouse constamment les autres pour faire face à ses propres insécurités. Quant à Matthew, il est profondément égoïste et se sert ouvertement de Sarah. Elle apporte une réflexion très intéressante sur la manière dont on traite les personnages féminins car elle n’a pas été écrite de façon à ce qu’on l’apprécie. de plus, elle met particulièrement bien en avant l’ambiguïté et la complexité des relations, de la culpabilité :

Sarah was afraid that he might have broken her and she was afraid that she might have been the one who asked to be broken.

Lire Sarah c’est comme regarder un miroir. Elle nous rappelle nos failles, nos erreurs, nos faiblesses. 
Mais le livre n’est pas qu’un tour de force sur la psychologie des personnages. C’est aussi un questionnement profond sur la relation entre homme et femme dans le couple. Qu’est ce qui est attribué à l’un ou à l’autre ? Qu’est ce qui est correct pour un homme et qui devient indécent pour une femme ? Une femme qui couche dès le premier rendez-vous est-elle respectable ? Car Sarah considère qu’avoir cédé aussi rapidement à Matthew fait d’elle la responsable de l’échec de cette relation (unilatérale et vouée à l’échec), qu’elle n’était pas assez bien pour lui. 

 

Une lecture difficile mais accrocheuse

En bref, Almost love nous met face à une histoire sans compromis, avec une écriture crue et sans fioriture. C’est un roman bien maîtrisé qui parvient à faire croire profondément à son histoire. Il parvient à nous interroger sur notre société et la façon dont on construit nos rapports avec les autres. 

Note : 15/20

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