J’adorais le film adapté du roman, mais je dois l’admettre, Umberto Eco me faisait peur. Je savais que ses livres sur la sémiologie étaient difficile d’accès. Mais mon appétence incontrôlable pour les thrillers et les romans historiques a eu raison de mes dernières hésitations. J’ai lu le nom de la rose, et je ne sais pas par où commencer.

 

Synopsis du Nom de la Rose

An de grâce 1327, la chrétienté est en crise. L’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine du Sud de la France pour participer à une rencontre entre franciscains prônant la pauvreté du Christ et partisans d’un pape amateur de richesses. Dès son arrivée, il se voit prié par l’abbé de découvrir au plus vite la raison de la mort violente d’un de ses moines, retrouvé assassiné. L’inquisiteur Bernard Gui, dont la réputation de cruauté n’est plus à faire, est attendu, et l’abbé craint pour l’avenir de son abbaye. Tel un ancêtre de Sherlock Holmes, Baskerville se met à l’ouvrage, assisté du jeune Adso de Melk. D’autres morts vont venir compliquer sa tâche. 

 

Récit multiple et captivant

C’est un roman d’une grande richesse qui brasse des thèmes très denses. Il s’agit à la fois d’un roman policier, d’une énigme intellectuelle et d’un récit théologique. En effet, le roman déborde d’érudition, de réflexions autour de trois thèmes infinis : l’amour, le rire et de manière plus générale l’Humain. C’est notamment au travers de son personnage Guillaume de Baskerville, dont le nom fait clairement référence à Arthur Conan Doyle, presque homme de la Renaissance avant l’heure, que l’auteur dessine et démontre les contours complexes des hommes. 

Constamment tiraillés entre le Ciel et l’Enfer, les vices et la vertu, la bibliothèque est d’ailleurs à la fois décrite comme lieu de grandeur et de perdition pour faire écho à cette dualité de l’humain. Car l’auteur, en usant de la rédemption comme de la damnation, montre une pensée subtile et dévoile un message universel, celle de la complexité humaine.

Le tout est sûr servi par une langue redoutablement rigoureuse, passant aisément de la langue vulgaire au Latin. Certains passages sont sublimes, on est tentés de prendre des notes en continu. L’époque est très bien retranscrite, dans cette ambiance à la fois sombre et très contrastée. Ces écrits très référencés peuvent parfois sembler prétentieux, mais l’auteur est capable de faire preuve de dérision en écrivant des passages franchement drôles qui permettent d’alléger l’aspect lourd, débordant, de certaines accumulations qui additionnent les symboles, quitte à nous perdre.

 

Classique indubitable du XXe siècle

Le nom de la rose est une lecture qui parle de tout en se cachant derrière une énigme policière. Ecriture brillante, érudition remarquable, thèmes aussi riches que profonds, c’est une lecture qui marque par son ambition autant que sa réalisation. 

Note : 19/20

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Catégories : Chroniques

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