J’ai lu Les derniers hommes dans le cadre d’un défi ! L’objectif est de lire des romans post-apocalyptiques pour le mois d’août. Ce fut donc mon premier roman de cet auteur de science-fiction ont j’ai beaucoup entendu parlé : Pierre Bordage. Qu’ai-je donc pensé de ce roman post-apo ?

Synopsis de “Les derniers hommes”

Le futur proche, après la troisième guerre mondiale. Dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques, les rares ressources intactes sont partagées par des tribus nomades qui ont pris chacune en charge l’exploitation d’une denrée spécifique. Solman le boiteux, du peuple aquariote – qui découvre et contrôle les sources d’eau -, possède le don de clairvoyance: infaillible juge des âmes, cet atout le confine aussi à l’écart de tous, qui se méfient de son talent. Seuls Raïma, la guérisseuse, puis la mystérieuse Kadija et un vieux scientifique de l’ancien monde vont l’accompagner dans sa quête pour échapper à l’apocalypse qui semble menacer les derniers hommes…

Un bon cru de la post-apo française

Les derniers hommes, un monde convaincant

Le contexte est très bien posé dans cette oeuvre. C’est un élément qui reste bien en mémoire tout au long de la lecture. Pierre Bordage construit un monde où les guerres chimiques et nucléaires ont eu raison de la civilisation. Il y écrit avec précision des hommes hantés par le manque, les ravages des maladies génétiques et des radiations. Ces détails mettent en avant un univers claustrophobe, dangereux, condamné à la destruction.

L’idée de tribus nomades spécialisées dans la production de certains biens est également bien trouvée. Certains humains ont développé des capacités de survies qui s’apparentent à une forme de mutation. Certains aquariotes ont par exemple le pouvoir de détecter l’eau pure, et ce genre de trait semble naître de certaines affinités génétiques.

Une expérience de lecture fluide et gratifiante

L’action est menée tambour battant ! Bien que le livre soit assez long, un peu plus de 650 pages dans sa version de poche, il n’y a aucun moment où j’ai pu sentir des longueurs ou un manque de rythme. Au contraire, l’histoire regorge de moments de tensions : courses poursuites, trahisons, révélations tonitruantes et dramatiques… Tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment de lecture.

D’autant plus que l’écriture est efficace. Sans fioritures, elle nous mène au fil des péripéties. Précise sans être complexe. L’auteur a vraiment un style bien défini qui reste cohérent le nom du récit. Il parvient à nous plonger sans peine dans son histoire et à nous mettre à la place de ses personnages. Solman et Raïma sont plutôt réussis, très humains et faillibles. J’ai eu un peu plus de mal avec Kadija, qui est le genre de personnage féminin qui frôle trop la perfection pour être vraiment crédible ou attachante. 

Un dévoiement vers le mysticisme malvenu

Il y a cependant au fil du roman un bât qui blesse ! J’ai trouvé qu’au fil du temps, le roman s’enlisait dans des considérations mystiques qui ont nui à mon immersion. Au début, cette particularité apportait un côté intéressant, puisqu’il s’agit de vieilles religions, mais c’était très concret et facile à identifier. Vers la fin du livre, cet aspect prend un goût plus moralisateur et abscons qui viennent un peu ternir le roman.

A découvrir !

Les derniers hommes est une lecture de science-fiction de bonne facture. Les péripéties s’enchaînent sans temps mort, ce qui permet de vraiment maintenir l’attention du lecteur. L’ensemble est renforcé par une écriture fluide ainsi qu’un univers bien construit. Dommage que le tiers de fin s’enfonce dans un mysticisme moralisateur qui m’a un peu perdu. 

Note : 15/20

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Catégories : Chroniques

6 commentaires

Zina · 22 août 2019 à 11 h 23 min

J’ai lu le 1er tome mais j’avoue que je ne m’en souviens pas trop !!

    La Geekosophe · 25 août 2019 à 10 h 39 min

    Il me semble que c’est un one-shot ! Est-ce que tu penserais plutôt à margaret Atwood qui a écrit une série de romans avec quasiment le même titre ?

Brize · 24 août 2019 à 15 h 33 min

Un titre que je connais de nom. J’ai déjà eu l’occasion de lire l’auteur, avec des hauts et des bas et je ne pense pas lire celui-ci car j’ai l’impression d’avoir déjà trop lu sur le thème.

    La Geekosophe · 25 août 2019 à 10 h 37 min

    Compréhensible ! Le post-apo est une manne très surexploitée 😉 Sans compter que le roman, bien que sympathique, ne se démarque pas assez pour les non-fans du genre à mon avis 🙂

Choupaille · 25 août 2019 à 10 h 44 min

Mmmmh, j’aurais pu me laisser tenter si je n’avais pas eu une expérience assez peu convaincante avec l’auteur que je reconnais dans ta chronique (Arkane, si tu l’as lu – là par contre, on est dans de la Fantasy) . Beaucoup d’action (peut-être même TROP pour que le tout soit cohérent ?), quelques personnages trop lisses pour être honnêtes et un final pas à la hauteur… ^^”

Après un livre n’est pas un autre et avec le HMSFFF, j’ai vraiment pris goût au post-apo. Peut-être une piste pour renouer avec l’auteur ? 🙂 En tout cas je n’avais pas entendu parler de ce roman, donc merci pour la découverte !

    La Geekosophe · 25 août 2019 à 21 h 16 min

    J’ai noté les mêmes faiblesses que toi dans Les derniers hommes (j’y suis sûrement moins sensible), je ne pense pas que ce dernier sera à ton goût ! Mais le post-apo c’est le BIEN 😀

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