J’ai enfin lu Rouille de Floriane Soulas ! L’autrice me l’avait gentiment dédicacé lors de mon achat et je le gardais au chaud depuis. J’étais intéressée par l’univers steampunk, qui compte peu de représentants en France, ainsi que le contexte d’un Paris sombre. Qu’en ai-je pensé ?

Synopsis de Rouille

Paris, 1897. De nouveaux matériaux découverts sur la Lune ont permis des avancées scientifiques extraordinaires. Mais tout le monde n’en profite pas ! En dehors du Dôme qui protège le centre urbain riche et sophistiqué, le petit peuple survit tant bien que mal. C’est dans une maison close sur l’un de ces faubourgs malfamés qu’a échoué Violante, prostituée sans mémoire. Alors qu’elle se démène pour trouver son identité dans un monde dominé par les hommes et les puissants, sa meilleure amie disparaît dans d’atroces circonstances. Contre la raison, la jeune femme décide de prendre part aux investigations…

Steampunk sombre et manigances

Un contexte intrigant

Dans une fin de XIXe siècle trépidante, l’Homme a conquis la lune et ses mystères. Nous sommes donc dans un univers différent du autre, avec prothèses mécaniques et autres véhicules du même acabit. Cette toile de fond steampunk est parfois discrète mais est distillée le long du roman, ce qui la rend crédible et bien implémentée dans l’histoire. Mais les démons de la société sont plus vivaces que jamais : inégalité et violence hantent les rues les plus malfamées de la ville lumière. Violante est partagée entre les deux mondes : c’est une prostituée de luxe, la plus chère de la ville sous le nom de Duchesse. Elle offre donc un point de vue des bassesses comme des hauteurs, ce qui n’est pas négligeable.

Outre cet aspect social, l’atmosphère est alourdie par des meurtres d’une grande violence. Des enfants de la rue et des filles de joie sont retrouvés défigurés, énucléés, parfois avec des membres en moins. Le parallèle avec Jack l’éventreur est assez évident au premier coup d’œil (hohoho !), mais j’ai trouvé la révélation qui entourait ce mystère assez bien menée pour que l’archétype ne se vautre pas dans le cliché. En tout cas, l’écriture de Floriane Soulas plante le décors avec efficacité, sans descriptions trop lourdes et pas mal d’action. Le tout sur fond de drogue dure qui rend rapidement accro, on se retrouve avec une ambiance mature, sordide à souhait.

Une enquête bien menée

Le livre peut paraître assez long, mais le rythme est bien maîtrisée. Le risque avec le format enquête est de trop laisser traînasser certains éléments, mais ce n’est pas le cas avec Rouille. En effet, nous ne suivons pas que Violante, mais également les souteneurs, figures assez sympathiques malgré leur… activité qui implique de contraindre des jeunes femmes à faire le tapin pour leur rapporter de la moulaga. Leur point de vue permet de mieux découvrir l’organisation des bas-fonds de Paris, bien que ce ne soit pas très poussé.

Les deux premiers tiers du roman s’écoulent sans accro, mais le dernier tiers est vraiment très prenant ! Le talent de l’autrice se révèle totalement dans les scènes d’action et de course-poursuite, que j’ai toujours trouvées difficiles à lire car souvent brouillonnes. Mais la fin de Rouille est vraiment immersive, notamment grâce au style efficace et direct, et aussi grâce à des révélations surprenantes. Il y a eu une vraie réflexion pour proposer une histoire convaincante et jouer avec les attentes des lecteurs, c’est appréciable.

Quelques stéréotypes

J’ai tout de même noté quelques éléments stéréotypés. Je n’ai pas trop accroché au personnage de Violante, qui allie beauté, intelligence, sensibilité artistique… Sans faire montre d’assez de failles pour qu’on s’y attache. Certaines scènes comme la préparation au bal ont déjà été vues et revues et n’apportent en plus pas grand chose à l’histoire, malgré la présence d’une styliste au caractère bien trempé.

L’antagoniste principal manque également un peu de nuance. Il y a ainsi certains personnages qui manquent un peu de relief et/ou de profondeur tant leurs personnalités sont unidimensionnelles, je pense en particulier à certaines prostituées, reléguées comme faire-valoir. Enfin, Si le style est globalement fluide, j’ai tout de même identifié quelques répétitions maladroite (les yeux couleur chocolat de cette chère Violante).

Un très bon roman d’aventure

Rouille est un roman de bonne facture. Son écriture vive et directe nous entraîne dans un Paris paradoxal, entre ombre et lumière. Le récit est haletant, l’enquête passionnante, les révélations tonitruantes, c’est en somme un récit d’aventure qui remplit sa mission, avec des scènes d’action très réussies. Les quelques défauts relevés, comptant des personnages parfois un peu fades et des lieux communs perceptibles, n’entachent pas une jolie lecture.

Note : 16/20

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Catégories : Chroniques

3 commentaires

Lutin82 · 11 mars 2020 à 22 h 05 min

Trop de livres pour vraiment basculer.

    La Geekosophe · 13 mars 2020 à 13 h 35 min

    Trop de livres, si peu de temps

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