Rosa Candida m’avait été chaudement conseillé ! Le roman a reçu de très bons avis et j’étais curieuse de découvrir un peu de littérature islandaise. Je me suis lancée dedans, alors que le roman contemporain n’est pas de mes lectures de prédilection.

Synopsis de Rosa Candida

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens.

Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s’en rendre compte les dernières paroles d’une mère adorée. Un lien les unissait: le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C’est là qu’Arnljótur aura aimé Anna, une amie d’un ami, un petit bout de nuit, et l’aura mise innocemment enceinte.

En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d’Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Un roman très doux

Une écriture particulière

Dans un premier temps, l’immersion a été très difficile pour moi. L’ensemble du récit est écrit à la première personne. Ce qui n’est pas dramatique. Tout est au présent, le rythme est fait de phrases courtes, lapidaires et descriptives qui ne semblent qu’être un enchaînement de banalités qui n’ont pas vraiment su me toucher. En effet, j’ai tendance à trouver que ce genre de choix stylistique n’apporte pas de profondeur et laisse une impression de creux.

Mais peut-être par habitude ou parce que l’autrice finit par trouver un bon équilibre, le style a perdu de son effet épidermique. Sans être complètement séduite, le roman avait au moins une certaine fluidité dans sa construction. C’est aussi sans doute car lorsque le héros s’installe définitivement, le récit gagne également en stabilité et il est plus facile de s’immerger dans l’histoire racontée. L’ensemble finit par dégager une sorte de poésie tranquille dans certains passages où l’écriture se révèle lumineuse de simplicité.

Un récit doux et calme

Rosa Candida ne se veut pas comme un roman doté de beaucoup de rebondissements. C’est au contraire un récit contemplatif qui permet de se retirer des affres d’un monde agité pendant quelques heures de lecture. Tout comme le héros s’enterre dans une abbaye pour jardiner. Nous avons donc accès à des scènes de vie banales entrecoupées des réflexions philosophique d’un Arnljótur un peu paumé dans sa vie et ses questionnements.

Ce n’est d’ailleurs pas un personnage avec lequel j’ai eu beaucoup d’atomes crochus bien qu’il soit assez sympathique. Naïf, pas toujours très dégourdi, ce n’est pas un personnage très palpitant à suivre. D’autant que le style intimiste centre tout sur sa personne. Une fois de plus, l’aspect cotonneux de l’écriture n’amène pas forcément à s’attacher aux personnages, qui restent finalement avec des personnalités assez vagues.

Une fable agréable

Finalement, le récit se lit plutôt comme un conte philosophique moderne un peu irréel. Le cadre de l’abbaye, du jardin, des rencontres, les références multiples à des thèmes mystiques et religieux appellent à une forme d’auto-réflexion. C’est après tout ce que fait Arnljótur en se lançant à l’assaut de cet univers méconnu, mais aussi en découvrant les joies de la paternité avec un enfant blond presque trop parfait. Tout le monde est très gentil avec le candide héros (peut-on faire un parallèle avec le candide de Voltaire).

Le récit aborde de multiples sujets que les relations avec les enfants et sa famille, la place des souvenirs et du progrès au sein de notre monde. Arnljótur se pose lui-même beaucoup de questions sur la mort et le sexe au début du récit, mais aussi les émotions des femmes qu’il trouve très complexe. Mais voilà, ce n’est abordé que par touches et il y a parfois comme une impression d’inachevée qui n’a pas du me rassasier.

Rosa Candida, un roman complexe à critiquer

Il fait partie des romans dont la lecture ne m’aura pas accrochée alors qu’il ne fait en soi rien de mal. Le roman tient plus du conte philosophique que d’autre chose : une impression forte d’irréalité traverse le récit. Malgré une écriture très contemporaine, certains passages sont très beaux. Léger, feel-good, c’est un joli roman qui fait du bien mais dont je ne suis pas forcément le meilleur public.

Note : 14/20

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Catégories : Chroniques

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