J’avais trouvé ce roman par hasard en librairie. Si la couverture ne m’avait pas convaincu, j’ai trouvé cependant l’aspect amérindien qu’elle dégageait prometteur. Ensuite, le résumé continuait dans la même lignée en proposant de l’urban fantasy inspirée par les croyances du peuple Diné, nom par lequel s’appellent les navajos. Mais que vaut la piste des éclairs de Rebecca Roanhorse ?

Synopsis de La piste des éclairs

L’apocalypse climatique a englouti la majeure partie du monde, mais Dinétah, l’ancienne réserve navajo, a connu une véritable renaissance. Les dieux et les héros des légendes ont pris vie… tout comme les monstres.

Maggie Hoskie est une chasseuse de monstres et une tueuse aux dons surnaturels, le dernier espoir d’une famille qui fait appel à elle pour retrouver une fillette disparue. Cependant, la créature qui a enlevé l’enfant n’est que l’une des pièces d’un vaste et terrifiant puzzle que Maggie va devoir résoudre pour protéger les innocents.

À contrecœur, elle accepte l’aide de Kai Arviso, un homme-médecine peu conventionnel. Sillonnant la réserve, ils déterrent de vieilles légendes, s’acoquinent avec un personnage des plus louches et affrontent une magie des plus noires dans un monde dévasté à la technologie mourante.

Pour survivre, et découvrir ce qui se trame derrière ces disparitions, Maggie devra affronter son douloureux passé.

Un récit enlevé et sympathique

Un univers original

Bien sûr, l’aspect le plus appréciable est l’univers ! Le monde de La piste des éclairs est un post-apo qui comporte des éléments traditionnels de ce type de lectures : le monde a connu une catastrophe qui a mis fin à la planète telle que nous la connaissons, entraînant l’espèce humaine dans une période de disette sur fond de difficultés climatiques. Mais le roman devient un peu plus unique en y ajoutant des éléments surnaturels et magiques issus de croyances amérindiennes, ce qui est vraiment dépaysant pour moi qui ne connais finalement qu’assez peu les croyances de ces peuples.

L’autrice utilise donc beaucoup de vocabulaire dans la langue Diné. C’est un peu déstabilisant au début, mais j’ai fini par m’y faire sans trop de soucis. J’ai bien aimé l’incarnation de créatures et de divinités, mais aussi l’idée des pouvoirs claniques. En effet, les Dinés appartiennent à différents clans et certains développent des pouvoirs liés à ces appartenances claniques. certains personnages vont être doués pour soigner, comme Kai, d’autres vont avoir une ouïe supérieure… J’ai également trouvé que ces éléments traditionnels étaient bien équilibrés avec les aspects plus modernes du récit, ce qui rendait l’univers globalement crédible et cohérent.

Une histoire sans temps mort

Rebecca Roanhorse a une plume efficace à défaut d’être très travaillée. Elle a une bonne dynamique dans les moments de confrontation et de combat, ce qui arrive assez souvent. La Piste des Éclairs se passe dans un monde dangereux et sans concession, et c’est convaincant grâce à la violence qui se dégage de l’écriture de l’autrice, qui n’hésite pas à se montrer crue. L’autrice soumet ses protagonistes à un rythme effréné, entre fusillades, monstres et fuites éperdues, allant même jusqu’à des combats sur le ring.

Le scénario ne manque ainsi pas d’idées bien qu’elle ne soient pas toujours exploitées au maximum. Le récit mêle une enquête surnaturelle liée à l’apparition de créatures sanguinaires au passé trouble de Maggie, qui ne semble pas très appréciée au sein de sa communauté. Ce double fil conducteur permet d’esquisser la complexité du monde proposé par Rebecca Roanhorse.

Un récit qui manque un peu de profondeur

Le roman s’appuie beaucoup sur des aspects qui semblent très stéréotypés. Nous avons le lieu commun de l’héroïne forte et badass mais au passé mystérieux et dramatique. Maggie est cependant assez bien campée, mais les autres personnages manquent vraiment de substance alors qu’il y avait un vrai potentiel. C’est sûrement dû au fait que l’histoire avance rapidement et ne prend que peu le temps de les développer. On sent pourtant un vrai effort de la part de l’autrice pour créer une galerie diverse.

De la même façon, l’univers reste très stéréotypé par bien des égards. Cet élément que j’ai déjà évoqué renforce la sensation d’un roman qui n’exploite pas pleinement son potentiel et aurait pu être plus qu’un divertissement sympathique mais oubliable. On garde la sensation que l’on reste en surface, ce n’aide pas à s’attacher aux personnages, dont la disparition pourra laisser indifférent tant leur présence est parfois fugace et à peine esquissée.

La piste des éclairs est une chouette découverte tout de même

Le roman tient globalement ses promesses : il nous offre une aventure haletante dans un univers qui oscille entre western et post-apo. Les éléments issus de la culture amérindiennes le distinguent des romans d’urban fantasy du même genre, ce qui le fait sortir un peu du lot. Dommage cependant que d’autres aspects comme la caractérisation des personnage soient trop légers, ce qui m’a empêché de pleinement apprécier la lecture.

Note : 14/20

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Catégories : Chroniques

3 commentaires

Anne-Laure - Chut Maman Lit · 10 décembre 2020 à 17 h 27 min

Je te l’ai déjà dis sur Instagram mais je te le redis ici : beaucoup de choses s’améliore dans le tome 2 ! Ça vaut le coup de continuer même si je suis tout à fait d’accord avec ta chronique

    La Geekosophe · 12 décembre 2020 à 11 h 32 min

    Oh oui je pense que c’est une série que je vais continuer, elle m’a l’air de se bonifier avec le temps 😉

Anne-Laure - Chut Maman Lit · 10 décembre 2020 à 17 h 47 min

Dit* et s’améliorent * ça m’apprendra à ne pas me relire

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