Autant vous dire que vu le titre, il m’a fait de l’œil dans le catalogue, ce bougre ! Je vois depuis quelques temps les titres de Karim Berrouka, tous plus punks et fleuris, envahir la blogosphère. Le jour où l’humanité a niqué la fantasy m’a été envoyé par ActuSF, que je remercie chaleureusement ! Alors, qu’en ai-je pensé ?

Synopsis de “Le jour où l’humanité a niqué la fantasy”

Au départ, il y a un lutin qui hurle « Vous avez niqué la fantasy ! » alors qu’il retient en otage plusieurs personnes dans une bibliothèque. Et puis il y a le coup d’un soir d’Olga qui se met à déconner et à foutre le feu à son appartement, avant d’aller brouter les pissenlits par la racine. Et il y a aussi les trois punks Jex,
Skrook et Pils qui doivent jouer au Festival du Gouffre tandis qu’il se passe de drôles de trucs dans la forêt d’à côté.

Une odyssée déjantée pour rétablir la vérité

Foutraque, libertaire et jubilatoire

L’écriture est hyper accrocheuse ! L’auteur maîtrise à fond son vocabulaire qui ne ménage pas son lecteur. La palme va aux lutins, qui sont à mourir de rire dans leurs expressions très imagées, surtout quand ils sont chafouins, comme ici : “– Gastre flatulence ! Les lutins ne sont jamais petits. Vous avez fait de la fantasy un tissu de mensonges et fabrigeoles ! Nous sommes là pour remettre de l’ordre. » Oui, c’est un livre dont on aime à tirer des citations pour les relire ensuite et se bidonner de bon cœur. Mais il y a aussi des passages où la langue est presque poétique, mais je vous laisse le découvrir par vous-même.

Si Karim Berrouka nous écrit un livre très drôle, il ne se résume pas à du comique. L’identité punk (keupon) est assumée à fond. C’est notamment à travers les trois zigotos du groupes de musique brutale que nous avons un aperçu d’une merveilleuse sensation de liberté et de rébellion. Il n’y a pas que la fantasy qui en prend pour son grade : les figures d’autorité sont tournées en dérision. Et ce sont les personnages les plus imprévisibles et chaotiques qui sont les plus attachants et s’en sortent le mieux dans ce dédale. J’ai personnellement beaucoup apprécié Saint Baptiste et Démon, dont les échanges internes ainsi que la différence de caractère sont très distrayantes.

Mais aussi astucieux

Le récit tourne en bourrique les clichés les plus présents autour de la fantasy et présente un bestiaire pour le moins atypique. Un démon qui hante un gamin de 10 ans vivant dans le désert, des lutins incontrôlables, des licornes mais du genre auxquelles on pense, des fées qui semblent plus sorties d’un Lovecraft que des contes de Perrault… Y a un sacré grabuge. Les humains qui les entourent ne sont pas en reste. Le tout nous est présenté à travers différents points de vue. Les chapitres sont courts et efficaces, je n’ai pas vu les pages passer grâce à un choix narratif astucieux qui maintient l’attention du lecteur. De plus, c’est assez fluide et chaque arc est assez distinctif pour que le lecteur ne soit pas perdu.

L’auteur se permet même un détour par le méta en mettant en scènes des personnes existants dans la vraie vie véritable, clin d’œil à tous les fieffés lecteurs de l’imaginaire : j’ai nommé Li-Cam, Stefan Platteau et Elisabeth Ebory pour les auteurs, Jérôme Vincent (Coucou Jérôme), directeur d’ActuSF. Dans ces passages Le jour où l’humanité a niqué la fantasy se teint d’un ton pastiche jubilatoire et efficace, mais qui permet aussi de mettre en lumière des questions créatives comme le process d’écriture, l’imagination ou la liberté dans ses écrits.

Le jour où l’humanité a niqué la fantasy remonte le moral

Karim Berrouka propose un roman hilarant ! le rythme au cordeau et la créativité de la langue permettent de maintenant l’attention du lecteur jusqu’au bout. Ce livre doit être lu avec un carnet sous la main pour garder les meilleures citations. Les personnages sont délirants. Anti-système, le roman apporte une vision critique de l’autorité et du conformisme. Le seul bémol est une fin de roman un peu confuse, mais c’est à peu près tout.

Note : 17/20

Vous pouvez acheter le livre par ici. Toutes les chroniques sont par là.

Catégories : Chroniques

2 commentaires

Zina · 15 avril 2021 à 6 h 41 min

Je me suis bien marrée aussi 😉

    La Geekosophe · 18 avril 2021 à 17 h 02 min

    Truculent 😀

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