Un roman largement précédé de sa réputation ! L’espace d’un an de Becky Chambers n’a rien d’un space opera militaire : l’autrice se concentre sur les relations complexes qui lient l’équipage d’un vaisseau tunnelier. Un équipage composé de membres variés issus de différents peuples. Le roman a même été récompensé par le prix Julia Verlanger en 2017.

Le récit entre par ailleurs dans deux défis. Le premier est le Summer Star Wars, voyage dans les étoiles oblige.

Le second est le pavé de l’été, toujours brillamment dirigé par Brize, car le roman compte 600 pages dans la version livre de poche.

Synopsis de L’espace d’un an

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…

Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes.

Un roman positif et chaleureux

Un récit ponctué de tranches de vie

L’espace d’un an n’est pas composé de grands événements : aucune galaxie n’est à sauver, pas de peuples en danger, pas de grandes batailles flamboyantes. Becky Chambers nous transporte à bord d’un vaisseau tunnelier, qui se charge de construire des passages entre différentes zones de l’espace. Nous suivons donc la vie d’un équipage composite mais très lié malgré leurs différences et leur grande diversité. Des humains techs nés dans l’espace, d’un navigateur à la personnalité double, du cuistot/médecin survivant d’une guerre destructrice… Chacun a droit à une partie qui lui est consacrée et permet d’approfondir aussi bien l’univers que sa connaissance des éléments qui composent le voyageur.

En effet, l’autrice choisit de mettre en avant les aspects relationnels qui parsèment le récit, notamment à travers le poids du passé. Les péripéties qui ont lieu permettent d’explorer le passé de chaque membre. Même Corbin, le responsable des algues, acariâtre parmi des membres plus tolérants. Kizzy, la tech énergique et talentueuse, mais aussi Sissix, membre d’une race alien au comportement bien différent des humains. Les tranches de vie partagent tout à fait, avec émotion et pudeur, les difficultés et victoires de chacun des équipiers, et permet de mettre en exergue un grand nombre de questions qui touchent aussi bien à la psychologie qu’à la sociologie.

Acceptation de la différence et de soi

L’espace d’un an centre tout son récit autour des concepts d’acceptation et de bienveillance. Chaque personnage a autant de qualités que de défauts, mais également des philosophies de vie très différentes. Par exemple, il éclate un désaccord important entre Sissix, la pilote d’une race à plumes, et Ashby, le pilote humain, à propos de comment gérer la décision difficile d’un autre membre de l’équipage. décision qui a un fort impact sur sa durée de vie. Ashby va donc prendre une décision très humain, le choix de cet équipier lui est personnel. Sissix, pour qui les liens familiaux et amicaux sont essentiels, considère que ledit membre n’a pas fait le bon choix. Si le conflit est bien là, il n’aboutit pas pour autant à une dispute sur le long terme. Ainsi, beaucoup de structures familiales divergent et créent des incompréhensions, mais les membres de l’équipage semblent assez bienveillants pour ne pas considérer l’autre comme malveillant par nature.

De la même façon, il est très intéressant de voir la façon dont Sissix doit s’adapter à la vie parmi un équipage composé de différentes races. On découvre ainsi que parmi son peuple, les rapports physiques sont bien plus intimes. Il lui est donc compliqué de s’adapter à un univers où les démonstrations d’affection sont moins fréquentes. L’équipage sera également confrontée à d’autres races aux comportements variés, plus ou moins compréhensibles pour des humains. Mais le récit s’affirme comme très bienveillant dans sa considération des autres et de leur mode de fonctionnement. Le récit pourrait paraître parfois un peu niais aux plus cyniques d’entre vous. Mais l’autrice ne lésine pas non plus sur les violences comme les guerres inter-espèces ou intra-espèces même, la plus touchante étant l’histoire dramatique du Docteur Miam.

Un roman rassurant

Oubliez les batailles rangées typiques du space op militaire ! Becky Chambers nous propose ici une série de tranches de vie d’un vaisseau tunnelier. Elle a un vraiment talent pour nous rendre attachant cet équipage hétéroclite, sans compter que les éléments sur les relations inter-espèces, l’éthique, la socialisation, les différences culturelles sont très bien traitées et originales. Le récit transpire la bienveillance et fait vraiment du bien à lire. Je vous le conseille si vous avez un coup de mou.

Note : 17/20

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Catégories : Chroniques

12 commentaires

Brize · 26 juin 2021 à 20 h 45 min

Bravo pour ce premier pavé (challenge d’ores et déjà réussi !) !
C’est un roman que j’avais bien aimé… mais dont le souvenir s’efface vite, je trouve.

    La Geekosophe · 26 juin 2021 à 22 h 07 min

    Huhu, j’ai été rapide ! Je pense que c’est le pendant négatif de son côté tranche de vie très optimiste 🙂

Yuyine · 28 juin 2021 à 17 h 22 min

Un roman doudou qui fait tellement de bien. J’ai adoré, immense coup de coeur, et je me retiens furieusement de le relire ^^

    La Geekosophe · 30 juin 2021 à 23 h 06 min

    Alleeeez, fais-toi plaisir ! Il y a des passages qui m’ont fait très plaisir à lire 🙂

Les Mots de Mahault · 28 juin 2021 à 21 h 24 min

Excellent souvenir de lecture pour ma part ! C’était vraiment une autre manière de faire de la SF sur le moment, quelque chose de rafraichissant. Je n’ai toujours pas tenté la suite en revanche.

    La Geekosophe · 30 juin 2021 à 23 h 04 min

    J’ai vu des amis mitigés sur la suite mais le sujet a l’air intéressant

Shaya · 30 juin 2021 à 8 h 39 min

Un roman vraiment génial et empli de bienveillance !

    La Geekosophe · 30 juin 2021 à 23 h 02 min

    Ah ça change de la SF bien pessimiste (même si on aime aussi)

Zina · 2 juillet 2021 à 8 h 08 min

Oui, c’est vrai qu’il a déjà une sacré réputation. Il ne m’attirait pas spécialement mais tous ces avis positifs, c’est intrigant !

    La Geekosophe · 2 juillet 2021 à 12 h 30 min

    Je pense que son côté inhabituellement bienveillant éveille la curiosité 😉

    La Geekosophe · 8 juillet 2021 à 22 h 41 min

    Moi non plus au début, j’aime la SF un peu sombre habituellement mais ça change 😉

Summer Star Wars - Première escale : Arvala-7 - RSF Blog · 15 juillet 2021 à 7 h 27 min

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