Je me lance enfin dans le premier tome de Blackwing ! Récit de dark fantasy plein de sable et de violence, La marque du corbeau d’Ed McDonald a reçu pas mal de prix. D’autant plus impressionnant qu’il s’agit d’un premier roman ! L’auteur est aussi très sympathique, je l’ai rencontré quand il m’a dédicacé son roman. Alors qu’en ai-je pensé ?

Synopsis de La marque du corbeau

Sous son ciel brisé et hurlant, la Désolation est une vaste étendue de terre ravagée, née quand la Machine, l’arme la plus puissante du monde, fut utilisée contre les immortels Rois profonds. De l’autre côté de ce désert, grouillant de magie corrompue et de spectres malveillants, les Rois et leurs armées observent encore – et attendent leur heure…

Pour Ryhalt Galharrow, la Désolation n’a pas de secrets. Chasseur de primes armé pour affronter les hommes comme les monstres, il la traverse en quête d’une jeune femme aux mystérieux pouvoirs. Quand il se retrouve pris dans une attaque qui n’aurait jamais dû être possible, émanant des Rois profonds eux-mêmes, seule l’intervention inattendue de celle qu’il recherche lui sauve la vie.

Jadis, cette femme et lui se connaissaient bien. Voilà qu’ils se redécouvrent au milieu d’une conspiration qui menace de détruire tout ce qui leur est cher, et qui pourrait mettre un terme à la trêve fragile de la Machine…

De la dark fantasy fouillée et brutale

Un univers poussé et sans concession

Pour un premier roman, l’ensemble est très poussé. L’univers est bien détaillé, sombre comme on aime dans la dark fantasy. Nul espoir ne semble habiter La marque du corbeau. Nous sommes dans un monde ravagé, notamment dans la Désolation, une vaste terre qui semble tenir d’un Far West peuplé de créatures dangereuses. La cause ? Les Rois des Profondeurs, des Êtres à la magie puissante avide de conquérir des terres. Ils sont maintenus grâce à la menace d’une destruction possible via une Machine ancienne alimentée par des fileurs, des magiciens qui tissent de l’énergie. Mais cela ne les empêche pas d’envoyer des serviteurs pour corrompre les humains et grignoter du pouvoir. Autre menace, les humains eux-mêmes sont corrompus, notamment les politiques qui abusent de leur pouvoir.

L’univers rappelle de plus d’autres œuvres de la pop culture. Bien sûr, le côté western avec un homme solitaire qui chasse des Êtres maléfiques, le tout sur fond de pistolets, rappelle fortement La tour sombre de Stephen King. Je sais, le premier tome de la saga du King est loin d’être la meilleure œuvre de l’artiste de ce pilier de la littérature d’horreur, mais elle vaut le coup d’œil. Ensuite, les Rois des Profondeurs rappellent fortement les Grands Anciens. Ils ont une puissance qui dépasse l’entendement et ne ressemblent à rien de vraiment descriptible. De plus, ils élèvent des cultes à leur gloire qui leur permettent de gagner des adeptes dans la guerre qu’ils mènent contre les humains. J’ai beaucoup apprécié cette partie très ésotérique autour de ces créatures, mais aussi tout ce qui tient de la magie et des sans-noms.

Une galerie de personnages torturés

Les personnages sont assez représentatifs des romans de dark fantasy. Ils ont des passés terriblement dramatiques, ont une moralité très grise et semblent particulièrement malchanceux. Ryhalt, le personnages principal, est particulièrement représentatif. C’est un homme déchu, qui n’a plus de famille hormis ses compagnons de route, aussi brutal qu’efficace et nihiliste. Les autres sont du même acabit, Nenn, qui a échappé à une agression, Le Prince Heronno, enlevée et torturée par un Roi des profondeur dans la désolation… L’ensemble de ce casting ajoute au désespoir qui règne globalement dans le roman. J’ai cependant trouvé que certaines relations manquaient un peu de corps, ce qui rend certains personnages peu attachants. La relation entre Ryhalt et Ezabeth est notamment assez étrange, d’une manière difficilement descriptible.

Un autre élément que j’ai trouvé intéressant est l’intérêt de l’auteur pour les déformations et autres blessures. Personne ne semble en réchapper mais c’est particulièrement présent chez les personnages féminins. Nenn n’a plus de nez et porte une prothèse en bois. Le Prince Heronno a été énucléée (Elle est appelée le Prince je pense car son titre n’est pas prévu pour les Femmes je pense, comme Marie-Thérèse d’Autriche qui était Empereur) et porte un faux oeil également. Enfin, la fameuse Ezabeth a été défigurée par un incendie violent. Nous sommes dans un univers où la souffrance n’est pas que mentale et se porte marqué jusque dans sa chair.

Un rythme soutenu et bien maîtrisé

L’auteur met en place un rythme soutenu. C’est une vraie réussite sachant qu’il y a des éléments de contexte assez complexes : le fonctionnement de la magie, le passé des différents personnages, des rois des profondeurs, les Sans-noms… C’est grâce à l’alternance entre scènes d’action, immersives et efficaces, et moments plus introspectifs de la part de Ryhalt. L »écriture est par ailleurs très efficace et dynamique. Je n’ai pas eu d’impression de lourdeur et de lenteur pendant les passages les plus descriptifs. Les combats sont bien mise en scène et clairs, ce qui est très appréciable pour un premier roman.

Les personnages voyagent pas mal, les nombreuses rencontres éveillent la curiosité. J’ai trouvé l’histoire efficace. C’est notamment sur la fin, avec les révélations finales, que l’on a un aperçu du potentiel épique du roman. C’est très bien pensé et donne une nouvelle dimension bienvenue au récit et aux personnages. Pour un premier tome, nous avons un final très satisfaisant, qui laisse une ouverture mais clôture très bien ce tome et donne envie de lire la suite.

La marque du corbeau est un récit violent, original et immersif

J’ai globalement apprécié ma lecture ! Le roman présente un univers violent et efficace dans la plus pure tradition de la dark fantasy : sang, ennemis qui semblent invincibles, anti-héros à la peau dure… Le tout dans un récit enlevé qui creuse une mythologie qui lui est propre. Les personnages sont tous marqués par les épreuves, peut-être même un peu trop, ce qui m’a laissé parfois avec une sensation de cliché et d’inachevé dans leur construction. Autrement, j’ai trouvé l’ensemble des péripéties et le final particulièrement bien orchestrés, le tout avec une plume claire et fluide, ce qui est une vraie réussite pour un premier roman !

Note : 16/20

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Catégories : Chroniques

5 commentaires

Shaya · 1 novembre 2021 à 14 h 39 min

Merci, je note pour une éventuelle envie de dark fantasy 😉

    La Geekosophe · 6 novembre 2021 à 14 h 51 min

    Une lecture assez efficace dans le genre, il est vrai 😉

Zina · 2 novembre 2021 à 9 h 06 min

Je n’ai pas accroché autant que toi malheureusement, pourtant il me faisait très envie !

    La Geekosophe · 6 novembre 2021 à 14 h 52 min

    Je comprends, j’ai globalement bien aimé mais certains éléments m’ont fait tiqué 🙂

Yuyine · 5 novembre 2021 à 11 h 13 min

Intéressant. Je te remercie pour la découverte, ça a l’air prometteur!

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