Stalker des frères Strougatski est un roman qui a beaucoup influencé ! On appelle ainsi Stalkers les personnes ayant étouffé le réacteur nucléaire de Tchernobyl, le roman a également été à l’origine du film d’Andreï Tarkovski et du jeu vidéo éponyme. Vous allez le voir, le résumé est très alléchant !

Synopsis de STALKER

Des Visiteurs sont venus sur terre. Sortis d’on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu’ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d’un chemin.

Profondément déstabilisant

Créatif et étrange

Stalker est un roman qui respire la poussière, la crasse et une forme de désespoir. Le toit est symbolisé par la Zone, un endroit occupé par des êtres mystérieux venus d’ailleurs. Ce sont des terres désolées et imprévisibles où une poignée de charognards ose s’y aventurer pour y récupérer des objets laissés par les précédents occupants. Ce sont des sortes de chasseurs de trésors, mais dans une atmosphère plus incertaine encore puisqu’on touche au paranormal. Ces objets ont des noms étranges et enfantins ont des propriétés extraordinaires, comme la boule d’or, légende parmi les stalkers et apparemment capable de répondre à des vœux. Ils se revendent chers mais sont évidemment dangereux, à utiliser comme à trouver. L’univers est marquant par cette âpreté constante et le mystère entourant la Zone.

L’écriture des frères Strougatski est très rêche. Autant dire que ça ne plaira pas à tout le monde. Les dialogues sont particulièrement hachés, injurieux et directs. En dehors, les auteurs nous laissent un peu dans le flou quand il s’agit de décrire l’univers, notamment dans les deux premières parties. On a soit affaire à des phénomènes incompréhensibles pour les humains, soit le duo d’auteurs s’est lancé dans un concept sans avoir d’idée plus précise du déroulé de leur histoire. Il en sort une impression d’imprécision déstabilisante qui, là encore, pourra diviser les auteurs.

Comme un parfum de fin de monde

Stalker met en scène des personnages habitant des endroits abîmés. Les stalkers sont en général de pauvres hères qui choisissent d’explorer la Zone en quête de gloire et de fortune. Même s’ils risquent la folie ou même la mort. C’est notamment symbolisé par le mystérieuse boule d’or, qui cristallise en elle-seule tous les espoirs et toutes les folies de cette population à la marge. D’autant plus que la Zone n’a pas qu’un effet sur les gens qui l’explorent. Elle semble redonner de la vie à certains cadavres. D’autres perdent en personnalité, comme la fille de Red qui n’est « plus vraiment humaine » selon un médecin spécialiste des maux de la Zone. Le parallèle avec les catastrophes nucléaires est évidemment à faire, mais n’est-ce aussi pas celle d’une société qui se délite face à une pauvreté rampante ?

Mais une seule lecture ne suffit pas pour tout comprendre de cette lecture. Les auteurs donnent peu de pistes de compréhension. Les dialogues entre les stalkers montrent un vocabulaire spécifique, voire toute une sous-culture autour de leur activité pour la dissimuler. Ainsi, ces derniers sont souvent opaques. Comme pour les objets de la Zone, on se sent parfois comme des fourmis incapables d’appréhender ce qu’on nous met sous les yeux, contraints de ramasser quelques miettes.

Stalker est une expérience de lecture

OVNI littéraire, Stalker est définitivement un classique étrange et inventif. Reposant sur un concept curieux, il nous offre la vision de personnages happés dans une quête dangereuses pour tenter d’avoir une vie meilleure, mais aussi dans la profonde solitude de ceux qui restent dans des zones ravagées. Comme La Zone, indéfinie, indescriptible, mais aux effets aussi aléatoires que délétères. La lecture est cependant rendue ardue par une opacité volontaire dans les dialogues ou dans la réalité de la Zone. Il y a donc des passages un peu obscurs qui cassent le rythme. De même, on est un peu laissé sur notre faim arrivé au bout.

Note : 14/20

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Catégories : Chroniques

2 commentaires

Yuyine · 21 mars 2022 à 15 h 27 min

Curieuse de découvrir ce texte malgré ses défauts. Je n’en avais jamais entendu parler avant de passer ici figure-toi.

    La Geekosophe · 28 mars 2022 à 17 h 06 min

    J’entends assez peu parler des frères des frères Strougatski, mais j’avais un peu envie d’explorer la SF soviétique !

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