J’aime beaucoup l’œuvre de Nnedi Okorafor, très distincte et forte. Avec Le livre de Phénix, l’autrice nous replonge dans une l’univers de Qui a peur de la mort ? dans un préquelle de son autre roman. J’avais hâte de lire cette extension de l’histoire de cet univers très mémorable. Merci aux éditions ActuSF pour l’envoi !

Synopsis de « Le livre de Phénix »

Phoenix a grandi et a grandi parmi d’autres expériences génétiques dans la tour 7 de New York. C’est une « femme accélérée ». Elle est née il y a seulement deux ans mais elle a déjà le corps et l’esprit d’un adulte et des capacités qui dépassent de loin celles d’un humain normal. Éloignée du monde, elle se contente de vivre dans sa chambre en lisant des livres électroniques, en faisant du sport et en profitant de l’amour de Saeed, un autre humain biologiquement modifié. Mais celui ci est témoin un soir de quelque chose de si terrible qu’il se suicide. Dévastée par sa mort et le refus de la tour 7 de répondre à ses questions, Phoenix commence enfin à se rendre compte que sa maison est une prison…
Son évasion n’est que le début d’une histoire qui la conduira des États Unis au cœur de l’Afrique.

Un livre de colère et de destruction

Un futur peu radieux

Le livre de Phénix nous propose un monde apocalyptique. C’est un roman qui nous plonge dans les derniers moments d’une société à bout de souffle. Nnedi Okorafor met en scène des êtres modifiés enfermés dans des tours immenses. Les scientifiques, apprentis magiciens, tentent de manipuler la génétique pour créer des êtres supérieurs. Phénix est un organisme accéléré qui n’a jamais rien connu d’autre. Inexpérimenté, elle vit à travers les livres numériques qu’elle dévore à foison, peu curieuse du monde extérieur.

Ce dernier meurt à petit feu. catastrophes naturelles, monstres, robots mortels et guerres civiles sont devenus le quotidien des populations, qui vivotent malgré tout. Malgré les temps difficiles, Phénix découvre des communautés solidaires dans lesquelles elle parvient, pour un temps, à trouver une forme de paix. Mais sans compter sur ses Geôliers, les scientifiques fou à l’humour tordu qui la retrouvent régulièrement, détruisant au passage tout ce qu’elle a pu construire. En retour, elle se lance en quête de vengeance et de destruction.

Des personnages à haute teneur symbolique

Phénix est un personnage complexe. De par son nom, on a l’idée qu’elle sera amenée dans la Renaissance du monde. Mais comme pour l’oiseau mythique dont elle tire son nom, cela ne passera que par l’anéantissement. D’elle-même dans un premier temps. Car, dans un parallèle christique, Phénix se consume à plusieurs reprises pour mieux renaître. Ce qui prendra d’autant plus de sens à la fin du livre, même si elle est souvent comparée à un ange vengeur. Elle à fois soleil et incendie. Son pouvoir est de brûler de l’intérieur pour mieux réchauffer, tout comme elle peut anéantir.

Mais Phénix n’est pas la seule à être un symbole. Dans plusieurs passages du roman, l’opposition entre nature et technologie apparaît. Dans la tour d’origine de l’ange de feu, un arbre géant finit par pousser de manière incontrôlable. Notre héroïne finit par récupérer une graine précieuse qu’elle déposera en Afrique. Ses alliés, Saeed, surnommé la graine, est une arme vivante capable de se nourrir de ce dont un humain ne peut. Quant à Mnuo, il est seul à échapper au contrôle du Grand Œil grâce à sa capacité à passer à travers la matière, montrant comment il échappe à tout un système.

Fascinant mais parfois confus

Le livre de Phénix nous entraîne dans une série de voyages. Nnedi Okorafor maîtrise très bien son rythme : je me suis vraiment très peu ennuyée. Nous faisons face à un roman d’apprentissage qui se mue en vengeance. Phénix commence par fuir l’Amérique, puis décide de mettre un terme aux agissements du Grand Œil en s’attaquant au mal à la racine. On voyage d’un bout à l’autre du monde, avec des personnages variés. Le point de vue de Phénix est très unique, teintée de colère, mais rendue charmant par son inexpérience et son amour pour la lecture.

Mais malgré la puissance de l’héroïne et des messages portés, j’ai trouvé parfois l’enchaînement des événements artificiel. Il y a des moments où je n’étais plus certains de comprendre où l’histoire nous emmenait, ce que l’autrice souhaitait faire de ses personnages ensuite. J’ai également été un peu déstabilisée par des éléments narratifs qui semblaient tenir plus de la magie que de la science-fiction. Du coup le roman appartient plus à une forme de science-fantasy.

Le livre de Phénix, récit d’une vengeance incandescente

Une fois de plus, Nnedi Okorafor nous propose un roman fort et marquant. Elle exploite jusqu’au bout la colère et l’envie de vengeance, jusqu’à les symboliser dans son personnage principal. L’incandescente Phénix, une femme capable de consumer tout ce qui est autour d’elle et de renaître de ses cendres, tel le feu purificateur. Le parallèle avec le christianisme peut se faire à travers ses Renaissances. Mais cela va plus loin. L’autrice met en avant un monde futuriste et apocalyptique dans lequel des scientifiques jouent avec la génétique pour créer des êtres humains supérieurs, mais torturés. Phénix est avant tout un ange vengeur. Elle nous entraîne dans une odyssée captivante, mais dont certaines étapes apparaissent parfois comme un peu confuses.

Note : 17/20

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Catégories : Chroniques

2 commentaires

Shaya · 14 juillet 2022 à 18 h 44 min

Intéressant, merci, je note pour plus tard !

    La Geekosophe · 14 juillet 2022 à 22 h 36 min

    J’espère qu’il te plaira !

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