J’aime beaucoup l’œuvre d’Aurélie Wellenstein. Je trouve que ses romans brillent particulièrement quand ils abordent des thématiques sombres et qu’ils jouent avec des univers glauques. Avec la Mort du temps, l’autrice propose un récit postapo prenant et qui part d’une idée originale. Mais qu’en ai-je pensé ?

Synopsis de La mort du temps

Un séisme temporel a dévasté la Terre, massacrant une large partie de la population et mélangeant les époques entre elles. Callista se retrouve seule survivante dans un Paris ravagé où s’amalgament deux-mille ans d’architecture. Tous ses repères chamboulés, la jeune fille n’a plus qu’un espoir : retrouver en vie sa meilleure amie, restée dans l’Est de la France. Callista part à pied pour un long périple, talonnée par la monstrueuse réplique du séisme qui semble la suivre pour l’anéantir. Si elle s’arrête, si elle ralentit, le cataclysme la dévorera. Au côté d’étranges compagnons, issus de siècles différents, elle va tout faire pour échapper au chaos.

Un récit sans temps mort

Quand le temps part dans tous les sens

Que se passerait-il si toutes les époques se mélangeaient ? Pire, se superposeraient ? Callista doit faire face à une course contre la montre pour échapper au flash. Surnaturelle, cette lumière blanche détruit tout ce qui se trouve à sa portée. En dehors, les êtres se retrouvent soudainement mélangés à d’autres, comme s’ils étaient intriqués, se trouvant exactement au même endroit mais pas à la même époque. Aurélie Wellenstein décrit des scènes proprement monstrueuses avec le talent qu’on lui connaît. Il y a un vrai sentiment d’urgence et de fuite en avant qui traverse le roman. C’est bien entretenu grâce au style vif de l’autrice, qui écrit avec des phrases courtes et nerveuses.

J’ai cependant trouvé que le style blessait un peu la construction des personnages, notamment au début du récit. J’avais beaucoup de mal avec le personnage de Callista au début des romans. Heureusement, des compagnons se greffent à son voyage. Ces derniers sont plus sympathiques. J’ai même eu l’impression que les interactions avec elle la rendaient en quelque sorte plus matures. Roland étant un chevalier du Moyen-Âge muté avec son cheval et Gascogne un chasseur mêlé d’un loup, ce sont des êtres intéressants à suivre. Notamment car ils se distinguent de part le fait qu’ils sont hors humanité. Le jeu avec le temps permet de créer des arcs narratifs et des gimmicks bien trouvés au fil du récit.

Un cocktail surprenant qui ne fonctionne pas toujours

J’ai cependant trouvé que plusieurs éléments nuisaient à la maturité du récit. Dans un premier temps, le style fait de phrases courtes et le personnage à peine sorti de l’adolescence m’ont fait pensé à du young adult. Les cent premières pages ont été difficiles, notamment car il était impossible de comprendre clairement où le livre allait réellement. C’est peut-être personnel, mais j’ai du mal avec les voyages sans but qui ne mènent à rien de tangible. Ensuite, Callista est un personnage immature tout au long du roman, qui finit presque par être bien trop le centre de cette histoire. Les crises de la jeune fille deviennent rébarbatives. Un élément explicatif vient, mais il est assez peu crédible même s’il ne manque pas d’intérêt : la révélation est marquante.

L’écriture simple et le caractère de Callista créent un étrange écart avec les scènes les plus gores. Non que ces scènes ne fonctionnent par elles-mêmes, mais elles semblent étrangement en décalage. Si j’ai trouvé le récit passé 100 ou 120 pages très sympathiques à suivre, la fin était trop rapide, trop précipitée. De la même façon, le relationnel avec une personne du passé de Callista et son passé manquent de crédibilité pour être réellement captivants. C’est dommage, car l’univers ne manque pas d’attrait. Il m’a manqué quelque chose dans le scénario et les personnages pour que je sois pleinement convaincue.

La mort du temps intéresse mais manque de corps pour être captivant

Post-apo qui superpose les époques, c’est un one-shot au concept pleinement original. Dans une course-poursuite, plusieurs personnages survivent aux horreurs, séismes et violences qui secouent le monde. Le roman offre des passages horrifiques immersifs, grâce à des descriptions nerveuses et détaillées. Cependant, le personnage peine à convaincre, même si ses compagnons sont bien mis en scène. Le manque de maturité de l’héroïne et certaines éléments de scénario qui manquent de crédibilité ont nui au récit.

Note : 14/20

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Catégories : Chroniques

5 commentaires

Lectures du Panda · 24 novembre 2022 à 11 h 17 min

Tiens, j’ai eu le même sentiment que toi à la lecture : de bonnes choses mais globalement un apsect trop YA, pas assez « mature  » si on peut dire, pour me plaire.
C’est le premier de l’autrice que j’ai lu, mais heureusement j’ai testé mers mortes après et j’ai bcp plus aimé !

    La Geekosophe · 27 novembre 2022 à 22 h 45 min

    Oui, ça ne retire rien aux qualités de l’autrice, je pense que j’étais moins dans la cible que les autres pour le coup

Brize · 25 novembre 2022 à 10 h 32 min

Une auteure que j’avais envie de tenter, mais en constatant que la média rangeait son (ou ses, je ne me souviens plus) roman au rayon Young Adult, j’ai laissé tomber …

    La Geekosophe · 27 novembre 2022 à 22 h 32 min

    Autant pour celui-ci l’aspect YA est vraiment très présent, autant ses autres romans comme mers mortes ou le roi des fauves sont bien plus que l’étiquette et valent le coup d’oeil ⚡

Shaya · 27 novembre 2022 à 12 h 45 min

C’est dommage l’idée est intéressante, mais l’aspect YA, clairement, je passe mon tour.

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