2022, c’est fini ! Comme tous les ans, l’heure des bilans arrive. Pour cette fois, je commence avec mes coups de cœur séries 2022, qui sont assez nombreux. Je suis assez contente de la variété de la sélection, entre SF, comédie et drame. Comme toujours, il s’agit de séries que j’ai regardées cette année, mais ne sont pas forcément sorties en 2022.

Severance

Mark Scout travaille pour Lumon Industries, où il dirige une équipe dont les employés subissent une opération chirurgicale de séparation entre leurs souvenirs liés à leur vie professionnelle et ceux liés à leur vie privée. Cette expérience risquée de l’équilibre entre travail et vie personnelle est remise en cause lorsque Mark se retrouve au cœur d’un mystère qui le forcera à affronter la vraie nature de son travail… et la sienne.

Esthétique froide, musique entêtante et milieu professionnel aseptisé. Bienvenue dans le monde du travail du futur, où la séparation entre vie pro et perso est littérale. Le génie de Severance est de pousser la comédie dramatique de la vie de bureau jusqu’au bout de l’absurde. Les employés vivent et respirent l’entreprise. Gamification ridicule, culte de la personnalité malsain (il y a un foutu musée dédié aux fondateurs au milieu du bâtiment !), on se croirait dans le rêve sous acide d’un chef d’entreprise mégalomane. La série se moque également ouvertement du management moderne. Le micromanagement est poussé à son comble et les tâches n’ont aucun sens. Mais la série n’est pas similaire à un The Office mâtiné de SF. Il y a un coté très dramatique et touchant, notamment dans les personnages. Variés, la question qui revient est de savoir quel événement dans le leur vie les a poussé à passer une partie de leur journée à oublier leur famille, leurs amis… Pour créer des personnalités alternatives dont le seul horizon est le travail. Les interprètes sont excellents, notamment Adam Scott et Patricia Arquette. La fin de la première saison finit sur une note choquante qui donne envie de voir la suite.

Disponible sur Apple +.

Extraordinary Attorney Woo

Nouvelle recrue d’un grand cabinet, la brillante avocate autiste Woo Young-woo fait face aux épreuves dans la salle d’audience et en dehors.

J’ai eu du mal à me lancer dans celle-là ! Mais cette série coréenne est géniale même si la longueur des épisodes peut surprendre. Nous suivons une jeune femme avec des troubles autistiques recrutée par un cabinet d’avocat. Voilà qui permet d’ouvrir un point de vue inédit sur la place du handicap dans la société coréenne. On sent qu’il y a beaucoup de recherches sur les TSA, même si Woo Young-Woo est un peu idéalisée. Ensuite, la série est procédurale. Chaque nouvelle affaire s’attaque à une spécificité du pays, ce qui est toujours passionnant culturellement. Enfin, les personnages sont attachants et extrêmement bien écrits. Elle offre des moments vraiment touchants également, grâce à une écriture à fleur de peau et la volonté de traiter des sujets variés.

Disponible sur Netflix.

Sermons de minuit

Une communauté fait face à des événements miraculeux et à de sombres présages après l’arrivée d’un mystérieux prêtre.

Une série d’horreur qui prend aux tripes. D’habitude, je n’aime pas trop regarder ce genre (mais j’adore le lire). Ici, j’ai été séduite par son atmosphère crépusculaire et la profondeur de ses sujets. Sermons de minuit parle avant tout de la foi. Prenant place dans une petite communauté isolée et de plus en plus délaissée, le culte a une place importante. Jusqu’où peut-on aller pour la foi ? Les meilleures intentions apportent-elles le bien ? Peut-on se laisser aveugler par la foi ? Le tout est porté par la psychologie profonde des personnages. D’aucuns diront que la série est lente. C’est vrai. Les dialogues sont nombreux. C’est toutefois dans ces moments suspendus que les personnages se développent, parlent du pardon, de leur passé ou de leur vision de la mort. On parle volontiers de Mike Flanagan comme un créateur d’horreur psychanalytique. Il y a donc peu de grandes débauches avant la fin, l’horreur s’installant plus petit à petit. Les acteurs sont exceptionnels, notamment Hamish Linklater, Zach Gilford et Kate Siegel.

Disponible sur Netflix.

Laëtitia

Cette mini-série revient sur l’affaire Laëtitia Perrais, loin d’être un simple fait divers, qui a ému le pays et mis en lumière une France silencieuse, encline à une violence ordinaire.

Une série qui prend aux tripes. Lætitia reprend un fait divers bien connu autour du meurtre d’une jeune fille. Un meurtre barbare qui a choqué la France. C’est l’histoire de violences ordinaires qui empoisonnent l’existence dès l’aube de certains. Les jumelles Perrais sont nées dans une famille dysfonctionnelles et ont grandi en famille d’accueil, tout comme l’assassin de l’une d’elle. La série n’est pas à charge, mais montre la difficulté de traiter avec des familles brisées, des enfants et des adolescents qui ne s’expriment plus et la violence insidieuse, avec des moyens d’actions réduits. L’enquête parle surtout de ce qui a mené au drame. Qui était Tony Meilhon ? Pourquoi l’a-t-elle suivi ce soir-là alors que c’est une jeune fille sans histoire venant d’être diplômée ? La psychologie des personnages est fine, elle est permise grâce à des interprètes brillants et une écriture à fleur de peau, qui ne rechigne pas à montrer la laideur de la réalité.

Disponible sur Netflix et Salto.

Superstore

Les drôles de mésaventures des employés d’un grand magasin. Des débutants aux yeux qui brillent aux vétérans ayant déjà tout vécu, en passant par les employés d’été paumés et les managers déterminés, ils affrontent « en famille » les soucis du quotidien inhérents à la gestion d’une grande surface.

Encore une série que j’ai mis du temps à commencer ! Pourtant Superstore est une pépite d’humour terre-à-terre mais tellement bien écrit. Bienvenue dans le quotidien des employés d’une grande surface. Entre clients barrés et travailleurs tout aussi allumés, le quotidien de Cloud9 est fascinant. Dans un premier temps, la série traite intelligemment son sujet en s’amusant du comique de situation et des comportements absurdes et extrêmes des personnages. Cette finesse réside dans certains passages, moments de grâce où, sans dialogue, avec pour fond la musique ringarde et aseptisée du magasin, on voit un client faire n’importe quoi en toute décontraction. La série est également critique du monde de travail aux États-Unis, notamment du côté de ses employés des surfaces. Peu payés, devant travaillé parfois à des âges très avancés, ou pendant leur grossesse après 6 mois, on voit aussi la grande méfiance envers les syndicats. Les personnages sont très attachants et bien joués. C’est rare, mais la série ne perd pas en qualité au fil des saisons.

Disponible sur Netflix et Amazon Prime.

Cobra Kai

Une suite de « Karaté Kid » se déroulant de nos jours, plus de trois décennies après les événements du film. Johnny, qui cherche la rédemption, rouvre le dojo Cobra Kai et relance sa rivalité avec Daniel. Les deux hommes vont être confrontés aux démons du passé et aux frustrations du présent.

Vous aimez les années 80 ? Le karaté ? Cobra Kai raconte la suite des protagonistes de Karaté kid. La série joue ouvertement sur la corde nostalgique, mais les premières saisons le font très bien. On se concentre sur le parcours chaotique de Johnny Lawrence, passé de golden boy à alcoolique divorcé qui survit avec des petits boulots. Et dieu que ce personnage est attachant. D’autant plus quand il découvre le choc culturel avec la génération suivante, dopée aux réseaux sociaux, au féminisme et autres aux côté du jeune Miguel. Son nouveau voisin se montre particulièrement doué par le karaté. Très vite, la série s’étoffe de nouveaux personnages, adultes comme adolescents, pour former des histoires complexes sur fond de rivalités et de karaté. L’histoire se permet même des moments de réflexion que le fait de s’affirmer grâce à l’art martial et de la place de la spiritualité dans l’assertion et le développement personnel. Le tout sur une bande-son iconique des années 80 (Whitesnake, Queen…).

Disponible sur Netflix.

Final Space

Gary Goodspeed, héros maladroit mais au grand cœur, est prêt à tout pour défendre ceux qui lui sont chers. Mais lorsque le terrible Lord Commander menace de détruire l’univers et tente de s’emparer de Mooncake, un petit alien vert qu’il a pris sous son aile, Gary et ses compagnons de bord devront être prêts à tous les sacrifices pour éviter la catastrophe.

Final Space est une pépite SF décalée et émouvante. Elle mérite le coup d’œil grâce à son écriture effrénée et ses personnages aussi délirants qu’adorables. Si on part sur une histoire de sauvetage du monde dans un premier temps, la série s’étoffe pour gagner en épaisseur. Elle gère notamment très bien les tropes de la science-fiction, du multiverse au retour dans le temps, pour nous proposer des liens complexes, profonds et émouvants entre les personnages. Moi qui m’attendais à trouver une série potache et à l’humour gras, je découvre un humour bien dosé, notamment un personnage secondaire à la base totalement oubliable qui vit un arc scénaristique parallèle totalement azimuté, et des larmes. Oui, car le point fort de la série est que les scénaristes n’hésitent pas à taper là où ça fait mal. D’autant plus que les différentes psychologies sont bien travaillées. Ensuite, j’ai beaucoup apprécié la créativité de certains épisodes. Son défaut ? Un arrêt abrupt alors que la prochaine saison s’annonçait monstrueuse.

Disponible sur Netflix (mais plus pour très longtemps).

Ranking of kings

Dans un monde où les rois sont classés entre eux, le jeune prince Bojji commence en bas de l’échelle. Naïf, sourd et frêle, son peuple ne compte pas sur lui pour faire briller le royaume. Mais sa rencontre avec Kage, monstre de bas étage au grand cœur, va allumer en lui une petite étincelle de courage. À deux tout devient possible, y compris faire grimper Bojji jusqu’en haut du classement des rois ! Suivez son ascension entre rencontres, aventures et héroïsme.

Avec son esthétique de conte qui rappelle de dessins animés de contes français comme Le roi et l’oiseau, Ranking of kings semble promettre un animé bon enfant. Alors comment dire ? Pas vraiment. C’est une œuvre vraiment marquante, souvent violente et dramatique. Cette maîtrise des émotions est vraiment son point fort, ce qui la rend inoubliable. Avec de nombreux personnages bien écrits, des enjeux bien définis et un rythme palpitant, Ranking of kings mérite tout à fait son titre d’animé de la saison. Bojji est incroyablement attachant, et c’est également très chouette d’avoir un héros sourd et muet aux commandes. Sa relation avec le démon de l’ombre est adorable. L’histoire en elle-même est très rythmée, avec de nombreux rebondissements. L’animé fait quelque chose que j’aime beaucoup : elle nous donne des éléments pour juger un personnage, pour ensuite apporter beaucoup de nuances. En conséquence, il se dégage une vraie maturité de l’œuvre de par son ambivalence et sa volonté de créer des personnages au centre de dilemmes moraux déchirants.

Disponible sur Crunchyroll.

The legend of Vox Machina

Un groupe de jeunes aventuriers partent dans une quête afin de sauver leur royaume de monstres terrifiants et de la magie noire…

Inspiré d’un jeu de rôle (et même un peu plus que cela), The legend of vox machina casse la baraque avec sa bande d’anti-héros chaotique. Les Vox Machina forment un groupe de mercenaires hétéroclites souvent très peu efficaces : les membres sont, en grande majorité, égoïstes, incontrôlables ou des loups solitaires. Mais quand ils arrivent, presque par accident, à mener une mission à bien, ils se retrouvent au service d’une cour d’aristocrates. Autant dire que le choc est sévère et ils vont devoir faire preuve d’esprit d’équipe dans les combats ou apprendre à faire bonne figure lors des soirées guindées. La série est très rythmée grâce à plusieurs arcs narratifs. Certains explorent le passé des personnages, ce qui permet de leur apporter en épaisseur et donne vie à de belles séquences d’émotions.

Disponible sur Amazon Prime.

Arcane

Championnes de leurs villes jumelles et rivales (la huppée Piltover et la sous-terraine Zaun), deux sœurs Vi et Powder se battent dans une guerre où font rage des technologies magiques et des perspectives diamétralement opposées.

Difficile de passer à coté du phénomène d’Arcane. Cette adaptation de League of Legends est une pépite. Sur la forme, l’animation est impeccable, les combats à couper le souffle, les effets prenants. Sur le fond, on suit l’évolution de différents personnages gravitant autour d’un duo de sœurs aux destins et choix à l’opposé l’une de l’autre. La psychologie des deux jeunes femmes est particulièrement bien menée, notamment dans le cas de Powder dont la destinée est délicate à mettre en scène. Les suivre de l’enfance à l’âge adulte permet de bien les développer. Outre ce duo, les autres personnages sont également très convaincants. C’est aussi l’évolution d’une ville que l’on suit, notamment au travers les découvertes technologiques et magiques, parfois tellement immenses qu’elles en menacent le fragile équilibre. Arcane est une série impeccable à tous les niveaux, de ses personnages, à son univers en passant par son scénario ou par son esthétique.

Disponible sur Netflix.

Les mentions honorables – des séries qui sont passées très près des coups de cœur !

The Sandman : une série hypnotique visuellement grandiose et gothique

Cheer : prenante, la série nous plonge dans le quotidien exigeant du cheerleading.

Dopesick : une série basée sur un fait réel terrifiant, qui nous alerte sur les ravages de l’addiction et du capitalisme sauvage

Manifest : surprenamment captivante et bien menée, notamment grâce à son mystère bien dosé

Il miracolo : encore un coup de maître pour cette série contemplative, juste et peuplée de personnages viscéraux

Supercrooks : à la fois drôle et émouvante, Supercrooks offre une bande d’anti-héros attachants dans un animé coloré, qui oscille entre drame et humour

Quelles sont vos séries favorites de 2022 ?

Catégories : Séries

5 commentaires

Shaya · 4 janvier 2023 à 12 h 58 min

Bon ben j’ai vu que le démarrage de The Extraordinary attorney Woo, que j’ai détesté pour le coup ^^ je note de revenir voir pour piocher quelques titres ici quand j’aurais un peu éclusé mon Betaseries !

Yuyine · 4 janvier 2023 à 20 h 21 min

Je n’ai rien vu de tout ça, hormis Arcane dont le premier épisode ne m’a pas intéressé, hormis graphiquement 😡
Mais Extraordinary Attorney Woo avait déjà retenu mon attention. Je vais peut-être tenter des épisodes de quelques unes ici pour me faire une idée ^^. Sauf Severance dont je ne doute pas de la qualité mais dont le thème ne m’ira pas du tout en ce moment.

Zina · 5 janvier 2023 à 8 h 01 min

Je ne connais aucune de ces séries à part Arcane qui est dans ma wish.

L'ourse bibliophile · 13 janvier 2023 à 21 h 34 min

On m’a beaucoup parlé de Severance et Arcane que j’aimerais tenter un jour et Sermons de minuit est une série que je regarderai sans aucun doute possible vu que j’ai aimé les mini-séries précédentes de Mike Flanagan. Sinon, beaucoup de séries qui me sont totalement inconnues dans ta liste !

Parlons fiction · 22 janvier 2023 à 10 h 57 min

Il va être grand temps qu’en 2023 je découvre enfin Arcane !

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