J’ai finalement assez peu pris le temps pour lire en Novembre ! J’ai trouvé le moyen de perdre un de mes livres et j’en ai lu un autre en attendant de pouvoir le racheter. Résultat des courses, une liste de lectures finies assez courte mais ma foi, qui ne manque pas de charme et qui contient des romans de plusieurs pays.
Avec joie et docilité de Johanna Sinisalo

République de Finlande, XXIe siècle. La nation a pris en compte ses erreurs historiques. La stabilité sociale et la santé publique sont désormais les valeurs prédominantes. Tout ce qui procure du plaisir est formellement interdit. À une exception près – le sexe.
Afin que sa distribution soit aussi efficace que possible, le corps scientifique gouvernemental a généré une nouvelle sous-espèce humaine réceptive et soumise.
Autrefois, on les appelait les femmes.
Les éléments de la population féminine jugés trop indépendants et difficilement domesticables sont stérilisés dès leur plus jeune âge et constituent un réservoir de main-d’œuvre.
Vanna en fait partie. Elle est cependant parvenue, au prix de mille efforts, à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas.
Mais pour combien de temps encore ?
C’est une dystopie détaillée, fouillée et intéressante. Nous suivons principalement une femme qi se fait passer pour ce quelle n’est pas. Elle ressemble à une femme de maison convenable, mais est réalité indépendante et d’une grande curiosité intellectuelle. Vanna est une Morlock, elle n’entre pas dans les cases de la société dans laquelle elle a grandi, contrairement à ses soeur, Eloï jusqu’au bout des ongles. Une Eloï optimisée par l’élevage et l’éducation, mais disparue. L’autrice présente de nombreux bouts de textes, des extraits de manuels, des chansons, pour montrer à quel point les femmes sont devenues conditionnées, à quelle point cette société finlandaise est devenue brutale et policière. J’ai apprécié ce récit à la fois sans concession et hallucinatoire, qui montre le refuge dans les psychotropes et les dangers d’être hors normes dans une société limitante.
Perfectly preventable deaths de Deirdre Sullivan

Everyone in Ballyfran has a secret, and that is what binds them together…
Fifteen-year-old twins Madeline and Catlin move to a new life in Ballyfran, a strange isolated town, a place where, for the last sixty years, teenage girls have gone missing in the surrounding mountains.
As distance grows between the twins – as Catlin falls in love, and Madeline begins to understand her own nascent witchcraft – Madeline discovers that Ballyfrann is a place full of predators. Not only foxes, owls and crows, but also supernatural beings who for many generations have congregated here to escape persecution. When Catlin falls into the gravest danger of all, Madeline must ask herself who she really is, and who she wants to be – or rather, who she might have to become to save her sister.
J’ai apprécié l’ambiance de cette petite ville perdue dans les montagnes et forêts irlandaises. Un lieu isolé, des habitants étranges, des disparitions… C’est toujours la promesse d’une atmosphère réussie ! Cependant, j’ai trouvé que l’autrice avait du mal à déployer son histoire et à bien exploiter son potentiel. Les deux premiers tiers sont longs : échanges entre lycéens, secrets peu exploités, personnages sans beaucoup de relief… Heureusement, la dernière partie devient saisissante en matière de gore inattendu. L’autrice a un don remarquable pour créer de la gène et des scènes chocs. Mais ça reste une lecture sympathique pour la saison, entre sorcières, rites étranges et châteaux perdus dans la forêt.
La maison aux esprits d’Isabel Allende

Une grande saga familiale dans une contrée qui ressemble à s’y méprendre au Chili.
Entre les différentes générations, entre la branche des maîtres et celle des bâtards, entre le patriarche, les femmes de la maison, les domestiques, et les paysans du domaine, se nouent et se dénouent des relations marquées par l’absolu de l’amour, la familiarité de la mort, la folie douce ou bestiale des uns et des autres, qui reflètent et résument les vicissitudes d’un pays passé en quelques décennies des rythmes ruraux et des traditions paysannes aux affrontements fratricides et à la férocité des tyrannies modernes.
La maison aux esprits relate la grandeur et la décadence d’une grande famille. Trois générations font face à la modernisation, aux changements politiques… Mais aussi aux affres de leurs propres sentiments. Le roman nous plonge dans un réalisme magique, aux couleurs souvent cruelles et impitoyables. Nous sommes entre les mains de personnages aux caractères puissants, de l’acariâtre Esteban Trueba en passant par l’évanescente Clara. L’histoire fourmille d’événements étranges, mêlant l’intime et le politique. La plume d’Isabel Allende est très entraînante, souvent teintée d’un humour pince-sans-rire. Le récit explore les passions humaines avec détail, nous plongeant dans les histoires de multiples personnages qui traversent pauvreté, richesse, solitude ou fête avec éclat.
Quels livres avez-vous lu ce mois-ci ?
4 commentaires
Light And Smell · 1 décembre 2025 à 7 h 25 min
Je note Avec joie et docilité 🙂
Bon mois de décembre.
L'ourse bibliophile · 1 décembre 2025 à 15 h 07 min
Avec joie et docilité est dans ma wish-list depuis une éternité, merci de le faire remonter ! ^^
J’avais tenté La maison des esprits quand j’étais ado et j’avais lamentablement abandonné au bout de très peu de pages (je pense que ma réticence envers le réalisme magique vient clairement de là). Tu me donnes envie de réessayer pour (je l’espère) dépasser cette expérience ratée.
La Geekosophe · 7 décembre 2025 à 13 h 44 min
Après c’est certain que le réalisme magique n’est pas toujours pour tout le monde !
tampopo24 · 1 décembre 2025 à 20 h 56 min
Non, c’est vraiment pas de bol de perdre comme ça un livre qu’on est en train de lire… v.v
Je me note Avec joie et docilité que j’avais raté et dont le concept m’intéresse. Merci pour la découverte ☺️