J’adore ce moment où je peux faire le point sur ce que j’ai lu l’année passée ! 2025 m’a donné l’impression d’avoir fait de nombreuses bonnes lectures, mais peu d’avoir finalement apporté peu de coups de coeur. Mais ce n’a pas été une année tranquille au niveau personnel comme professionnel. Ceci dit, voici cinq livres qui m’ont particulièrement marqués.

Conte de fées de Stephen King

Conte de fées de Stephen King

Charlie Reade ressemble à un lycéen ordinaire, sportif et bon élève. Mais il porte un lourd fardeau : sa mère a été tuée dans un accident avec délit de fuite quand il avait dix ans, et le chagrin a poussé son père à boire. Charlie a appris à en prendre soin. À dix-sept ans, Charlie fait la connaissance d’un chien, Radar, et de son maître vieillissant, Howard Bowditch, un reclus qui vit dans une grande maison au sommet d’une colline. Des sons étranges sortent parfois de la remise fermée à clé dans son jardin. Charlie commence à effectuer des travaux pour lui et s’attache à Radar. À sa mort, M. Bowditch laisse à Charlie son héritage et une cassette racontant son extraordinaire histoire, le secret de toute sa vie : à l’intérieur de la remise se trouve un portail vers un autre monde… dans lequel Charlie va s’aventurer. Le garçon héroïque et son chien devront alors mener la bataille entre le bien et le mal.

Avec Conte de fées, Stephen King signe l’un de ses romans les plus marquants de ces dernières années, et sans conteste l’un de mes coups de cœur de 2025. L’auteur y déploie tout ce qu’il maîtrise à la perfection : une atmosphère patiemment installée, des personnages profondément attachants esquissés parfois en quelques lignes, et une émotion sincère portée notamment par la relation bouleversante entre Charlie et la vieille chienne Radar. Le roman brille aussi par son hommage vibrant aux contes de fées originels, convoquant un imaginaire collectif fait d’histoires transmises depuis des générations, au coin du feu. Mais fidèle à lui-même, King n’oublie jamais la part d’ombre : monstres, maladies, géants et une horreur sourde, presque lovecraftienne, rongent ce royaume en apparence merveilleux. C’est précisément dans ce dialogue entre enchantement et noirceur que Conte de fées s’impose comme une œuvre singulière, capable de réinventer les mythes tout en laissant une empreinte durable.

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Un psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers

Un psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers

Voilà des siècles, les robots de Panga ont accédé à la conscience et lâché leurs outils ; voilà des siècles, ils sont partis ensemble dans la forêt, et nul ne les a jamais revus ; voilà des siècles qu’ils se sont fondus dans les mythes de l’humanité. Un jour, la vie de Dex, moine de thé, est bouleversée par l’arrivée d’un robot qui, fidèle à une très vieille promesse, vient prendre des nouvelles. Il a une question à poser, et ne rejoindra les siens qu’une fois satisfait de la réponse. La question : « De quoi les gens ont-ils besoin ?  » Mais la réponse dépend de la personne à qui on parle et de comment on pose la question. La nouvelle série de Becky Chambers s’interroge : Dans un monde où les gens ne manquent de rien, à quoi sert d’avoir toujours plus ?

Un psaume pour les recyclés sauvages s’est imposé comme l’une de mes lectures les plus réconfortantes de 2025. Ce court roman dégage une aura profondément apaisante, portée par un univers presque utopique où la quête de sens prime sur la performance. Dex, jeune moine en doute, est un personnage immédiatement attachant, et sa rencontre avec Omphale, un robot curieux, volontaire et délicieusement naïf, donne naissance à des échanges aussi drôles que bouleversants. Becky Chambers signe ici une véritable fable philosophique, qui interroge avec douceur l’ambition, la foi, la relation à la nature et aux autres. Sa plume tendre et bienveillante offre une respiration rare, une pause précieuse au milieu de lectures plus exigeantes, et fait de ce roman un coup de cœur évident de l’année.

Le bouffon de la couronne de Thibault Laffargue

Le bouffon de la couronne de Thibault Laffargue

« Un bouffon est en dessous du peuple mais au-dessus du roi. Amuse le roi et tu amuseras la cour. Alors, tu seras l’être le mieux loti du château » Il en faut des hasards du destin pour que Sébrain, jeune homme dévoué à la religion du Triste, devienne Tirelangue, le bouffon du château de Belle-la-Ménure. Suite à une terrible maladresse commise lors d’un banquet diplomatique, il se voit nommé « bouffon » par le roi afin d’éviter un désastre. Ce mensonge le propulse au coeur des intrigues de la cour, où il découvrira à ses dépens la règle d’or du métier : un bouffon qui ne fait pas rire est un bouffon en danger…

Le Bouffon de la couronne s’est imposé comme l’une des très belles surprises fantasy de 2025, contribuant à redorer avec éclat le blason de la fantasy française. Thibault Lafargue y déploie une construction narrative maîtrisée, qui évoque par moments la patience et la profondeur d’une Robin Hobb, en suivant l’évolution de Sébrain depuis ses débuts hésitants jusqu’à son rôle central dans les intrigues du château de Belle-La-Ménure. Porté par des personnages finement travaillés et un univers foisonnant, le roman mêle religion, complots de cour et menaces de guerre dans une tension constante. Sébrain avance sur un fil, exploitant ses forces autant qu’il assume le prix de ses erreurs, ce qui rend le récit aussi captivant qu’exigeant. Dangereux, dense et mystérieux, cet univers donne irrésistiblement envie d’y replonger, confirmant Le Bouffon de la couronne comme un véritable coup de cœur de l’année.

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Le nom du monde est forêt d’Ursula Le Guin

Le nom du monde est forêt d'Ursula Le Guin

Davidson, le capitaine, sait ce qu’il a à faire. La Terre manque de bois ; Athshe, la planète-forêt, en fournit autant qu’il faut. Les créâtes, ces singes verts, abattent les arbres sous les ordres de Davidson. Athshe deviendra un vrai paradis et les créâtes n’en profiteront pas.
Le seul qui les protège, c’est Lyubov, ce crétin de spé. Il a sauvé l’un deux, Selver, qui renâclait parce qu’on avait tué sa femme. Un comble ! Et maintenant Selver et quelques autres ont fui dans la forêt ; ils sont un peu moins rêveurs ; ils deviennent violents, commes les umins. Mais le pire, c’est que la Terre entre dans la Ligue des Mondes et qu’il faut arrêter le massacre. Et Selver songe à se venger en chantant.

Avec Le nom du monde est forêt, Ursula K. Le Guin rappelle à quel point son œuvre demeure essentielle, et ce roman s’impose sans difficulté comme l’un de mes coups de cœur de 2025. À travers le choc brutal de deux cultures, elle explore avec une justesse saisissante les mécanismes de la colonisation, de l’esclavagisme et de la violence, en ancrant son récit de science-fiction dans des réalités historiques que nous connaissons trop bien. Sa maîtrise des ressorts psychologiques et anthropologiques de la domination donne au texte une profondeur rare, renforcée par une narration polyphonique qui éclaire les enjeux de chaque camp sans les simplifier. La conclusion, à la fois douce-amère et tragique, laisse une impression durable et pose une question fondamentale : une fois la violence introduite, peut-on réellement en effacer les traces ?

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Les lions d’Al-Rassan de Guy Gavriel Kay

Les lions d'Al-Rassan de Guy Gavriel Kay

L’empire d’AI-Rassan a fait de ses conquérants asharites, venus des sables du désert, un peuple d’artistes et de savants ; l’assassinat du dernier calife a entraîné son éclatement en cités-Etats rivales. Seul peut-être le roi Almalik de Cartada saura lui rendre sa puissance et son unité, avec le soutien du légendaire Ammar ibn Khairan, poète, diplomate et soldat. Car une autre menace pèse sur l’AI-Rassan, celle des royaumes jaddites du nord de la péninsule, divisés, certes, mais avides de reconquérir le pays dont ils s’estiment dépossédés. Rodrigo Belmonte est le plus prestigieux de leurs chefs de guerre. C’est dans l’exquise cité de Ragosa que se rencontreront Ammar et Rodrigo, pour un temps exilés au service du même monarque. Entre eux, la figure exceptionnelle de Jehane bet Ishake, fille du peuple Kindath et brillant médecin.

Les Lions d’Al-Rassan s’est imposé comme l’une des lectures les plus marquantes de mon année 2025, confirmant le statut de chef-d’œuvre de Guy Gavriel Kay. Roman dense et profondément puissant, il déploie une fresque politique inspirée des relations entre l’Europe médiévale et les royaumes maures, portée par une plume acérée et d’une grande élégance. L’auteur y raconte la rencontre suspendue de deux grands hommes issus de camps opposés, incarnation poignante de mondes en pleine mutation, tandis que des figures féminines et masculines exceptionnelles façonnent l’Histoire en arrière-plan. Riche en rebondissements et en personnages mémorables, le récit n’hésite pas à briser le cœur du lecteur. Même si certains éléments très proches de notre réalité atténuent parfois le sentiment de fantasy pure, cette proximité renforce aussi la portée émotionnelle et politique du roman, qui reste longtemps en mémoire.

Katie de Michael McDowell

Katie de Michael McDowell

Lorsque Philomela Drax reçoit une lettre de son riche grand-père, qui craint pour sa vie désormais aux mains d’une famille de crapules sans pitié, les Slape, elle se précipite à la rescousse. Mais le temps presse, car Katie Slape, douée d’un don de voyance et d’un bon coup de marteau, est sur le point d’arriver à ses fins. Démarre alors une traque endiablée à travers l’âge d’or américain. Mais qui poursuit qui ? Car personne n’échappe à Katie la furie !

Cette lecture a été l’un de mes véritables coups de cœur de 2025, un roman que je n’ai tout simplement pas réussi à lâcher. L’auteur y démontre une maîtrise impressionnante du rythme, faisant voyager le lecteur à travers différentes régions des États-Unis, dans une époque aussi faste que profondément contrastée. L’alternance des points de vue permet de construire avec efficacité un jeu de retournements et de faux-semblants, tout en offrant une vision nuancée des différentes strates de la société, des campagnes reculées à la haute société new-yorkaise. Le jeu du chat et de la souris qui s’installe progressivement est d’une redoutable efficacité. Porté par une galerie de personnages complexes et attachants, le roman brille aussi par une plume immersive et précise, capable de rendre des scènes de violence particulièrement marquantes sans jamais tomber dans la gratuité.

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Ils ont failli faire partie de mes coups de coeur, voici les mentions honorables :

Les cercueils de Zinc de Svetlana Alexievietch, un ensemble de témoignages dévastateurs sur l’horreur de la guerre et ses conséquences sur les familles

L’âme de l’empereur de Brandon Sanderson, le maître de la fantasy frappe fort avec un récit sensible et au système de magie complexe, le tout dans un huis-clos en format compact

La controverse de Zara XXIII de John Scalzi, Un récit caustique qui nous emporte dans une critique âpre de l’exploitation destructrice des ressources

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda, une fable tendre avec une galerie d’animaux parlant attachants

Catégories : Littérature

4 commentaires

Light And Smell · 7 janvier 2026 à 20 h 49 min

Je te retrouve dans ta liste trois livres que j’ai adoré, conte de fées, Katie et le Becky Chambers 🙂

    La Geekosophe · 8 janvier 2026 à 10 h 02 min

    C’est rai qu’ils sont excellents <3 Tu as lu les autres ?

tampopo24 · 8 janvier 2026 à 6 h 58 min

Le 1er est dans ma pal et j’ai littéralement adoré voir eu des gros gros coups de cœur pour les autres. Je crois que nous sommes tout à fait raccord ! ❤️

    La Geekosophe · 8 janvier 2026 à 10 h 01 min

    Héhé, je trouve que les coups de coeur de cette année sont des livres qu’il est difficile de ne pas aimer ! Il y a des années où certains romans pouvaient être plus dans des débats 😉

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