Pour un mois court, je trouve que j’ai bien repris le rythme ! Je n’ai lu que de l’imaginaire en février, mais dans des sous-genres variés : de la dystopie en passant par de la fantasy. Globalement, je n’ai eu que des bonnes suprises.
Les hommes protégés de Robert Merle

À la suite d’une épidémie d’encéphalite qui ne frappe que les hommes, les femmes les remplacent dans leurs rôles sociaux, et c’est une Présidente, Sarah Bedford, féministe dure, qui s’installe à la Maison-Blanche. Le Dr. Martinelli, qui recherche un vaccin contre l’encéphalite, est enfermé avec d’autres savants à Blueville, dans une « zone protégée » qui les tient à l’abri de l’épidémie mais dans un climat de brimades, d’humiliations et d’angoisse. Martinelli acquiert vite la conviction que son vaccin ne sera pas utilisé, du moins sous l’Administration Bedford. C’est paradoxalement chez les femmes qu’il trouvera ses alliées les plus sûres.
J’avais commencé ma lecture avec une certaine méfiance. Le style de Robert Merle est impeccable, très fluide et accrocheur. Il nous fait entrer dans un univers qui voir le rapport de force entre hommes et femmes bouleversés : on passe assez rapidement d’une société misogyne à un gourvenement de féministes dures qui tournent à la discrimination des hommes. On suit le point de vue d’un homme protégé, un scientifique, qui a une vue partielle des événements car Martinelli évolue dans un environnement sauf à première vue mais de plus en plus contrationnaire. Pourtant, le discours n’est pas antiféministe en tant que tel, mais se positionne contre les extrêmes : les meilleurs alliés de Martinelli sont des femmes, l’univers compte beaucoup de femmes d’action ou des scientifiques intelligentes. Cependant, le male gaze constant de Ralph Martinelli peut se révéler trop envahissant, ralentissant l’action. De même, l’auteur aborde des sujets très modernes pour les années 70, mais certains points restent superficiels. Sinon, j’ai beaucoup apprécié cette lecture malgré quelques longueurs.
Fausse aurore de Chelsea Quinn Yarbro

L’Apocalypse, c’était hier. A force de consommation effrénée, de pollution, de catastrophes nucléaires, le système a fini par craquer et la Terre est retournée à l’état sauvage. De civilisation il n’y a plus l’ombre et c’est au jour le jour qu’il faut tenter de survivre.
Fausse Aurore est dans la droite ligne du désenchantement post seconde guerre mondiale. Il rappelle la saga des Mad Max ou les jeux vidéo Fall Out, avec sa société qui s’écroule et ses communautés éparses souvent tout aussi empoisonnées que la nature autour d’eux. Le message écologique n’est pas direct mais bien présent à travers l’évocation des origines de l’apocalypse : empoisonnements toxiques et ravages nucléaires. Seul le lien entre les deux personnages principaux apportent un peu de lumière dans ce monde sans loi. Autrement, la violence est omniprésente, soulignée par une plume crue et immersive. La fin est à l’image du roman : amère.
La prêtresse esclave de Victor Fleury

Au cœur de la capitale d’un empire millénaire, la prêtresse Nisaba est la principale servante de l’héritier royal, Akurgal. La jeune femme a de quoi haïr la famille régnante, même si elle est forcée de servir son maître sans protester. Or celui-ci est réputé pour sa décadence, utilisant sans mesure ses oblats, des esclaves sacrés dont il s’est approprié les sens grâce à ses pouvoirs mystiques. Mais quand Akurgal décide de partir en croisade aux confins de l’empire, Nisaba se voit obligée de le suivre en laissant son propre fils derrière elle. Alors que secrets et complots semblent se multiplier dans l’entourage de son maître, la prêtresse esclave parviendra-t-elle à le protéger, et à sauver l’empire tout entier de la ruine ?
J’ai bien sûr beaucoup apprécié le choix de s’inspirer de l’antiquité et de la mythologie de la Mésopotamie. Cette inspiration se sent surtout dans les noms, certaines éléments culturels comme la religion… Il faut donc un moment d’adaptation pour comprendre toutes les particularités du contexte. Nous suivons une jeune femme contrainte de servir l’héritier d’un empire conquérant. La famille royale est liée par magie par des esclaves et partagent certains de leurs sens. Cette mécanique permet de mener à une promiscuité et codépendance non voulues par des personnages parfois très différents et au passé trouble. C’est également un principe original qui participe beaucoup à la psychologie des personnages. Le roman est bien rythmé, avec de nombreuses révélations. J’ai globalement beaucoup aimé ma lecture et je suis prête à me lancer dans la suite.
Le sixième monde, tome 2 : le fléau des locustes de Rebecca Roanhorse

Résumé du premier tome : L’apocalypse climatique a englouti la majeure partie du monde, mais Dinétah, l’ancienne réserve navajo, a connu une véritable renaissance. Les dieux et les héros des légendes ont pris vie… tout comme les monstres.
Maggie Hoskie est une chasseuse de monstres et une tueuse aux dons surnaturels, le dernier espoir d’une famille qui fait appel à elle pour retrouver une fillette disparue. Cependant, la créature qui a enlevé l’enfant n’est que l’une des pièces d’un vaste et terrifiant puzzle que Maggie va devoir résoudre pour protéger les innocents.
À contrecoeur, elle accepte l’aide de Kai Arviso, un homme-médecine peu conventionnel. Sillonnant la réserve, ils déterrent de vieilles légendes, s’acoquinent avec un personnage des plus louches et affrontent une magie des plus noires dans un monde dévasté à la technologie mourante.
Pour survivre, et découvrir ce qui se trame derrière ces disparitions, Maggie devra affronter son douloureux passé.
Le premier tome de la saga avait été un bon divertissement mais ne m’avait pas pleinement convaincu ! J’ai en revanche beaucoup apprécié le fléau des locustes. Le récit entremêle parfaitement des éléments post-apo : un monde désertique dans lequel les surivants se lancent dans du trafic humain pour survivre par exemple, à de la fantasy inspirée des pouvoirs chamaniques des tribus des premières nations. On a donc de l’urban fantasy originale et rythmée, avec un casting efficace. Maggie a une évolution cohérente depuis le premier tome en devenant plus vulnérable. J’ai beaucoup aimé le personnage de Ben, une jeune diné au pouvoir chamanique puissant qui apporte de la fraîcheur avec son caractère enjoué. Action, course-pursuite, évasions, mystères… Le roman est ultra rythmé. Mais au-delà du concentré d’adrénaline, le roman propose également des réflexions sur l’écologie et sur la notion d’appartenance à une communauté close, notamment sur qu’il coûte de faire le choix de l’exclusion.
Quelles sont vos meilleures lectures du mois ?
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