Le mois de mars a marqué un ralentissement dans mon rythme ! J’avais parfois du mal à me concentrer sur la lecture, certains romans m’ont pris plus de temps à finir que d’habitude. Mais ce n’est pas grave, car j’ai fait de très bonnes découvertes, entre science-fiction et fantasy, avec notamment du steampunk.
Pax Automata d’Ariel Holzl

1889. L’empereur Napoléon III, grand vainqueur de Sedan, s’apprête à inaugurer l’exposition universelle organisée dans un Paris grouillant d’automates en tout genre. Lors de la parade d’ouverture, Philémon de Fernay, jeune élève de saint-Cyr, a le privilège de piloter le Zéphyr, le nouvel aéronef crée par Clément Ader. Mais tout déraille lorsque l’engin volant s’écrase sur la salle des machines et la pulvérise. Sous les gravats, Philémon découvre alors le corps d’un enfant automate aux traits particulièrement réalistes. Quel fabricant a bien pu enfreindre la loi principale de la Pax automata qui interdit la conception d’automates ressemblant à des humains ? Même Zélie, la romanicielle et mécanographe hors pair, n’a jamais rien vu de pareil ! Plus mystérieux encore…Une fois activé, l’enfant automate est capable de faire exploser n’importe quel mécanisme à proximité. Serait-ce une arme secrète dirigée contre l’Empire ?
J’ai beaucoup aimé le contexte riche de Pax Automata : on sent que l’on est dans un univers steampunk bien pensé. L’impact de cette nouvelle technologie au niveau historique et social est bien écrit, permettant au lecteur de bien s’immerger dans le roman. Le contexte uchronique est également bien creusé. Les personnages et leurs histoires permettent d’apporter intelligemment des éléments supplémentaires au contexte, ce qui rend le récit particulièrement bien construit. Cependant, l’histoire se révèle plutôt prévisible : il n’y pas de réels surprises sur les antagonistes et la plupart des questions élevées sur les classes ou la Pax Automata restent assez superficielles.
La beauté d’Aliya Whiteley

Futur proche. La moitié de l’humanité – toutes les femmes – a succombé à une pandémie inconnue. Dans une vallée isolée, les derniers hommes survivent tant bien que mal. Le soir, ils écoutent les histoires de Nate, leur conteur, sur la civilisation éteinte et veillent sur les tombes de leurs chères disparues.
Mais bientôt surgissent de terre des créatures étranges, mi-humaines mi-fongiques : les Beautés. Ces nouvelles compagnes viennent combler le vide et offrent aux hommes la perspective d’une renaissance… mais à quel prix ? Fascination, désir, répulsion : les frontières entre l’humain et les mystérieuses entités se brouillent, et avec elles basculent celles du genre et du pouvoir.
Alerte coup de coeur ! La beauté fait partie de ces textes qui me rappellent pourquoi j’aime lire de la science-fiction. Post-apocalyptique réflexif, la disparition des femmes a abouti à une communauté isolée d’hommes conscients d’être les derniers représentant de l’humanité. Cet état de fait rend le texte profondément mélancolique. L’arrivée des Beautés troublent le statu quo. Créatures étranges, elles sont accueillies avec révérence par les plus jeunes et rejetées avec autant d’intensité par les Anciens, aboutissant à des conflits et la violence. La place du body horror, notamment les transformations corporelles, soulignent l’attraction et la répulsion que font naître ces créatures. Tous ces éléments font de la Beauté un texte court, mais virtuose dans sa capacité à aborder des questionnements sur la mémoire, la place des légendes et des histoires dans la construction d’une Communauté, mais aussi la question du genre et du corps à travers ses tranformations.
La brume l’emportera de Stéphane Arnier

Dans un monde inexorablement englouti par une brume remontant du passé, Keb Gris-de-pierre, berger de son état, a tout perdu. Maramazoe, guerrière renommée du peuple des mers, est une paria. Autrefois ennemis, ils arpentent ensemble les sentiers de montagne et les crêtes escarpées à la recherche d’une échappatoire, mais également de réponses… Quel qu’en soit le prix.
Le roman nous entraîne dans un voyage mouvementé avec deux protagonistes aux caractères bien différents mais dont le lien se construit avec solidité. Ce duo attachant (et attaché) fait partie des survivants à une guerre opposant chacun de leur peuple, mais aussi à une brume mystérieuse qui dissout tout ce qui reste trop longtemps à son contact. Très vite, cette catastrophe peu naturelle pose des questions sur ce que nous sommes prêts à sacrifier pour revenir en arrière et ce que cela implique pour le monde autour de nous. Le roman met ses personnages face à des choix impossibles er des situations déchirantes. L’écriture, réflexive et fluide, transmet aussi bien l’énergie des passages d’action ou les émotions complexes des personnages.
Herland de Charlotte Perkins Gilman

Trois Américains, intrigués par des légendes locales, découvrent sur une haute montagne un petit pays mystérieux et, à leur grand étonnement, seulement peuplé de femmes. Ils sont les premiers mâles à visiter Herland en près de deux mille ans.
J’étais curieuse de lire cette utopie rédigée dans les années 1910. Nous suivons un trio d’hommes découvrant une communauté entièrement composée de femmes qui se reproduisent grâce à la parthénogénèse. Le style est classique de l’utopie, décortiquant les habitudes d’une société construite sans influence mâle. L’autrice utilise son narrateur et ses compagnons pour montrer le point de vue des hommes de son époque. Sur certains points, le roman révèle un point de vue novateur sur la vie en société, l’émancipation féminine… Il interroge les croyances que l’on croit immuables et naturelles, sur des sujets aussi variés que la religion ou l’éducation. Cependant, d’autres points paraissent vieillots, même pour l’époque, avec une vision qui demeure très essentialiste et trop réductrice (monogamie, absence de relations entre femmes…). Ce n’est pas inintéressant à lire comme point de vue, mais le style aride n’aide pas toujours à rendre la lecture accrocheuse.
Quelles sont vos meilleures lectures du mois de mars ?
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