J’avais découvert Romain Lucazeau dans un podcast réalisé par France Culture sur le space opéra. le résumé du livre m’avait tout de suite plus, surtout par son ambition et son originalité. En effet, nous suivons des Intelligences Artificielles transformées en gigantesques nefs parcourant l’espace, sans but depuis la disparition de l’humanité.

Ce livre est lu dans le cadre du challenge summer Star Wars de l’été, qui nous invite à lire et chroniquer du space opera !

 

Synopsis de Latium

Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l’espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer.

Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du retour de l’Homme, elle dérive depuis des siècles aux confins du Latium, lorsqu’un mystérieux signal l’amène à reprendre sa quête. Elle ignore alors à quel point son destin est lié à la guerre que s’apprête à mener son ancien allié, le proconsul Othon. Pétri de la philosophie de Leibniz et du théâtre de Corneille, Latium est un space opera aux batailles spatiales flamboyantes et aux intrigues tortueuses.

 

Un space opera dense et puissant

Le premier élément que j’ai trouvé séduisant était les fortes influences antiques qui permettaient d’apporter au livre une résonance tragique et profonde. de même, les confluences avec les pièces classique offrent une vue très nette de la puissance des thèmes abordés, ce qui insuffle une étrange humanité aux créatures artificielles comme organiques qui peuplent le récit. Les références grecques et latines sont précises et nombreuses, ce qui donne un aperçu des recherches approfondis de l’auteur.

Il y a une vraie profondeur philosophique qui traverse l’oeuvre, notamment par l’ambiguïté morale des situations. le rapport entre l’home et la machine est notamment une question très récurrente, apportée notamment par Plautine la jeune qui se rapproche des deux existences. La politique est aussi finement racontée, j’ai hâte de lire la suite pour en savoir plus sur l’organisation des Intelligences et comment leur hiérarchie fonctionne.

L’aspect démiurgique, apporté par Othon, est sans doute ma réflexion favorite. Il joue volontairement sur une forme d’ambiguïté pour s’imposer comme une divinité. Il crée la vie, l’utilise à ses desseins. Mais jusqu’à quel point peut-il modeler le libre-arbitre d’êtres vivants sans que ce soit immoral ? Son pouvoir est-il légitime ? 

Malheureusement, même si elles ne manquent pas d’intérêt, les parties d’introspection, proches de l’essai, viennent ralentir le récit. Dommage, car il y avait matière à créer une histoire encore plus vaste et épique. 

En revanche, l’écriture riche et ciselée du récit est un délice ! le livre est vraiment très agréable à lire, bien que parfois un peu complexe à cause de l’usage multiple de mots grecs qui émaillent le récit. Les personnages sont bien construits, en particulier les entités artificielles dont on sent la différence palpable avec les humains mais en même temps la proximité avec les créateurs dans leur façon de penser.

 

Conclusion : pour les grands fans de space opera

En somme, un très bon cru de la SF ! Un space opéra épique qui démontre la capacité du genre à produire des histoires denses et épiques, où qualités scénaristiques et esthétiques donnent naissance à un récit tragique d’une grande ampleur. Petit bémol sur le rythme qui s’essouffle parfois, où une profusion de grec qui rend certains passages un peu ardus à comprendre et brisent la fluidité de la lecture.

Note : 16/20

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Catégories : Chroniques

1 commentaire

Summer Star Wars – Deuxième escale : Le Casino Canto - RSF Blog · 7 août 2018 à 17 h 31 min

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