Je ne fais pas partie des grands inconditionnels d’Amélie Nothomb. Je n’ai finalement lu qu’assez peu de ses romans, que j’ai appréciés. Mais pas assez pour guetter éperdument chaque sortie, ou pour me mettre à systématiquement acheter tous les ouvrages de sa plume qui croisaient mon chemin. Hygiène de l’assassin a cependant attiré mon attention. Par son titre d’abord, énigmatique. L’histoire ensuite, qui semblait d’une grande originalité. Enfin, car il s’agissait d’un premier roman, et les premiers romans ont une place spéciale dans mon coeur.

Synopsis d’Hygiène de l’assassin

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu.

Un premier roman magistral

Et quel premier roman ! le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est un tour de force. On retrouve ici l’écriture acérée et cynique d’Amélie Nothomb. L’oeuvre est principalement rédigée sous forme de dialogues. le format offre à l’écrivaine belge la possibilité d’écrire saillie savoureuse sur saillie savoureuse, d’enchaîner les bons mots et les démonstrations d’éloquence tapageuses. On pourra peut-être lui reprocher une tendance à accumuler les mots savants, mais c’est surtout dans la bouche de Pretextat qu’ils se trouvent, ce qui indique plus un trait assez pédant de sa personnalité.

En parlant de Pretextat, L’autrice parvient à en faire un personnage avec une certaine présence. Esprit redoutable, caractère étrange, aussi cultivé qu’il est imbu de lui-même, aussi captivant qu’il est repoussant… L’enchaînement des dialogues permet de bien cerner cette personnalité atypique et excentrique, notamment grâce à Nina, jeune journaliste déterminée et futée. 

Le livre parvient en peu de pages à installer une tension dramatique palpable tandis que les révélations se dévoilent. J’ai réellement eu du mal à lâcher le roman tant j’avais envie d’en savoir plus sur le passé mystérieux du légendaire Pretextat Tach. le huis-clos est l’élément parfait pour faire monter cette tension crescendo au fil du roman. Les secrets installent un univers baroque, presque gothique, qui vient compléter l’étrange tableau qu’est Tach. La fin est malheureusement un peu abrupte, mais il ne semblait pas y avoir d’avoir d’autres possibilités. 

Autre élément notable, on retrouve dans ce premier roman certaines spécificités que l’on a dans de nombreux livres d’Amélie Nothomb. Outre un style cynique, une fascination pour les tubes digestifs et la nourriture. Une certaine inclination à choisir des noms complexes mais très significatifs pour ses personnages. 

Une lecture ciselée captivante

C’est tout pour moi ! Un roman court mais avec un réel impact, j’ai beaucoup apprécié l’écriture, crue, cynique et imagée, qui donne l’impression d’assister à des duels de bons mots. Amélie Nothomb offre une lecture addictive et maîtrisée qui s’affirme comme un tour de force pour un premier roman ! Original et bien rythmé, c’est une très bonne porte d’entrée pour découvrir l’univers si particulier de l’autrice.

18/20

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Catégories : Chroniques

2 commentaires

Babitty Lapina · 26 février 2019 à 17 h 06 min

J’ai bien aimé celui-ci d’Amélie Nothomb, mais ce n’est pas mon préféré. Les deux que j’adore c’est Acide Sulfurique et Barbe-Bleu !

    La Geekosophe · 27 février 2019 à 13 h 54 min

    Barbe-Bleu me fait très envie ! Je suis très réécriture de contes en ce moment ! Acide Sulfurique, j’avais bien aimé mais sans plus 🙂 J’ai Les prénoms épicènes dans ma PAL, il a l’air intéressant aussi.

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