J’avais été satisfaite de ma lecture d’un autre roman de l’autrice : la débusqueuse de mondes. Alors quand Mnémos m’a proposé de m’envoyer un roman se passant dans le même univers, une préquelle, j’ai évidemment dit oui. C’est ainsi que j’ai lu Le chant des Fenjicks de Luce Basseterre.

Cette lecture entre dans le fabuleux Summer Star Wars de Lhisbei :

Synopsis du Chant des Fenjicks

La transhumance galactique des Fenjicks est menacée.
Traqués depuis des millénaires par les Chalecks, ces créatures cosmiques ne servent plus que de taxis vivants à travers l’espace.
Après des années de servitude, leur nombre s’amenuise et leur espèce est menacée d’extinction. Mais leur mystérieux chant silencieux traverse toujours la galaxie. Il porte en lui les notes d’un nouvel espoir : le soulèvement des cybersquales.
À travers le destin d’extraterrestres que rien ne destinait à la lutte, Le Chant des Fenjicks nous offre un roman choral où chaque voix est la pièce d’un puzzle, et chaque protagoniste, le rouage invisible d’une révolution qui les dépasse toutes et tous.

Un voyage à travers l’espace qui secoue

Le chant des fenjicks construit un univers foisonnant et imaginatif

J’ai dans un premier temps adoré l’univers qui nous est proposé par l’autrice. Dans la continuité du premier, Le chant des Fenjicks nous met face à de nombreuses races extraterrestres très différentes des humains. C’est aussi bien au niveau des aspects physiques, nous avons des créatures félidées, des lézards… que sociaux. Il existe dans ce monde des façons très différentes de s’organiser en tant que société. Certaines espèces s’organisent en matriarcat, et l’autrice met en avant les inégalités de manière assez claire et sans trop en faire. Les chaleks sont des êtres asexués qui vivent dans un empire dont les apparences doucereuses dissimulent des aspects plus autoritaires.

De ce fait, ces structures sont visibles dans le langage employé. Les imbtus, les félidés, vont toujours genrer les postes d’autorité au féminin, tout comme ils vont associer les comportements violents et dominateurs aux femelles de leur espèce. Quant aux chaleks, n’étant pas genrés, leur société utilise naturellement une langue inclusive qui peut parfois déstabiliser les premières pages, mais on s’y fait vite. L’usage du “iel” a le mérite d’être plus clair que le “they” utilisé parfois en VO. En tout cas, l’univers construit n’en est que plus crédible, puisqu’il est évident qu’un monde avec un autre fonctionnement n’aura pas eu les mêmes évolutions linguistiques, ni les mêmes structures familiales.

Un conflit qui implique de nombreux individus

L’histoire se concentre sur la rébellion des cybersquales face aux chaleks. Ces être sont capables de transporter des équipages mais qui restent des êtres sentients. Du moins quand ils ne sont pas réduits à des simples IA serviles par un peuple impérialiste qui les réduit en esclavage. S’ils parviennent à regagner leur liberté grâce au chant de leurs congénères libres, de nombreuses autres personnes finissent par les rejoindre dans la lutte. Smine Furr, un félidé, Waü Nak Du, une chalek qui est spécialisée dans la biologie des chaleks. La récit évoque ainsi la solidarité inter-espèces en sous-texte, ce qui délivre un joli message de tolérance. Toutefois, le récit propose également des moments assez durs et le ton se veut plus adulte que le précédent d’os.

Le récit choral développe de multiples points de vue d’origines différentes. Si au début, il n’y a que deux personnages principaux, cela se diversifie au fil de l’histoire. D’un côté, cela offre une certaines richesse qui permet de mieux de mieux découvrir les intérêts et l’évolution de chacun d’eux. Par exemple, Waü Nak Du justifie l’asservissement des cybersquales et son cheminement est bien décrit. Mais je dois avouer m’être parfois perdue dans la multiplicité des voix, notamment entre les différents squales, qui sont parfois assez peu différenciables les uns des autres. J’ai dû revenir une ou deux fois en arrière pour vérifier quel personnage je suivais.

Une écriture efficace malgré une immersion peu aisée

L’écriture de Luce Basseterre est globalement efficace. Elle ne fait pas dans la fioriture et propose un style nerveux et direct. Ce choix est particulièrement efficace dans les scènes des actions, qui offrent une belle dynamique. Les combats spatiaux sont notamment très bien retranscrits. Les descriptions sont cependant parfois un peu succinctes. D’un côté, on ne s’ennuie vraiment jamais et le récit est toujours en mouvement, mais il naît une certaine frustration de ne pas connaître plus en avant certaines cultures et certaines espèces face à certains éléments un peu survolés.

Cet aspect est un peu difficile au début. La focalisation interne fait que les personnages sont déjà très fait de leurs modes de vie. Du coup, on n’a qu’assez peu d’explications au début de l’histoire et on prend tout en vol. Au moins, nous évitons les longs dialogues d’exposition, mais les premières pages peuvent se révéler ardues. Mais ce sentiment s’atténue au fil des pages, je me suis sentie plus à l’aise une fois pleinement immergée.

Le chant des Fenjicks est un space opéra dense qui vaut le coup d’œil

Ce qui m’a frappé dans un premier temps, c’est cet univers riche et foisonnant que Luce Basseterre nous propose. Nous avons des extra-terrestres de toutes sortes, de matriarcats brutaux jusqu’à une société impérialiste composée de lézards asexués en passant par mes préférés. La plume est efficace et sert son propos, avec une belle dynamique dans les scènes d’action. Les thèmes sont bien abordés et fascinant, avec tout un propos sur la tolérance, la solidarité et la liberté. Attention cependant, l’immersion peut être compliquée au début ! La faute à une narration focalisée interne qui, par cohérence, peut se montrer avare en explications et une prolifération de personnages au fil de l’histoire que j’ai parfois eu du mal à discerner.

Note : 16/20

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6 commentaires

Yuyine · 25 septembre 2020 à 15 h 41 min

Je reste assez tentée mais je note de me préparer à un petit effort pour entrer dans l’histoire et reconnaître les personnages.

    La Geekosophe · 28 septembre 2020 à 21 h 55 min

    C’est souvent le cas avec la SF un peu dense 😉

Gepe · 1 octobre 2020 à 17 h 53 min

J’étais resté sur ma faim avec la Débusqueuse des mondes, du coup j’ai une retenue sur celui-ci, mais il semble plus nerveux que le précèdent, que j’avais trouvé parfois un peu mou.

    La Geekosophe · 1 octobre 2020 à 20 h 30 min

    IL y a clairement moins de temps mort, oui 😉

[Chronique Littéraire] Le Chant des Fenjicks, Luce Basseterre – La Bulle d'Eleyna · 27 septembre 2020 à 12 h 02 min

[…] La Geekosophe […]

Le chant des Fenjicks de Luce Basseterre – Au pays des cave trolls · 4 octobre 2020 à 8 h 55 min

[…] avis: De l’autre côté des livres, Le chien critique, la geekosophe, […]

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