On est à mi-année (ou presque) ! C’est le bon moment de faire un bilan merveilleux sur ces 6 premiers mois ! J’ai passé un début d’année littéraire très varié grâce au nombre indécent de challenges auxquels je participe. Le féminibooks pour des lectures axées féminisme, Hold My SFFF pour se gorger de littératures de l’imaginaire… On y va !

Avez-vous eu un coup de coeur ?

Eh oui ! J’en ai même eu plusieurs. Mais mon préféré et sans doute Rebecca de Daphné du Maurier. Le roman est à la quintessence de la littérature gothique, avec son ambiance sombre et crépusculaire, son manoir gigantesque et ses secrets qui hantent les couloirs comme le parfum entêtant d’une femme disparue.

Un manoir majestueux : Manderley. Un an après sa mort, le charme noir de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide, de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?

Avez-vous lu un roman PKJ ?

Je n’ai pas de roman PKJ pour le moment. Mais j’ai prévu d’en lire plutôt pour la fin d’année, on me pardonne ?

Avez-vous découvert un nouvel auteur ?

J’ai découvert Toni Morrison, ce monstre sacré de la littérature afro-américaine. J’ai lu L’oeil le plus bleu, son premier roman. C’est une histoire torturée qui prend place dans les quartiers pauvres pendant la ségrégation. Nous suivons du regard deux fillettes noires nourries à l’idéal de beauté blanc et blond.

À Lorain, dans l’Ohio des années 40, deux fillettes noires, grandissent côte à côte. La première déteste les poupées blondes. L’autre idolâtre Shirley Temple et rêve d’avoir les yeux bleus. Mais face à la réalité féroce d’une Amérique Blanche, le rêve de beauté d’une petite fille est un leurre qui ne cède le pas qu’à la folie. 

Avez-vous lu un de vos auteurs préférés ? 

J’ai lu un roman d’Ursula Le Guin, la reine de l’imaginaire ! Plutôt que de continuer dans sa prolifique production SF, je me suis laissée tenter par une réécriture du mythe. Lavinia séduit avant tout pour sa grande sensibilité et sa finesse dans l’écriture. Un beau portrait de femme qui offre quelques réflexions féministes de haute volée, ainsi qu’une méditation sur la filiation, les légendes et l’écriture des mythes.

“Comme Hélène de Sparte j’ai causé une guerre. La sienne, ce fut en se laissant prendre par les hommes qui la voulaient ; la mienne, en refusant d’être donnée, d’être prise, en choisissant mon homme et mon destin. L’homme était illustre, le destin obscur : un bon équilibre.”

Dans l’Enéide, Virgile ne la cite qu’une fois. Jamais il ne lui donne la parole. Prise dans les filets du poète qui n’écrira l’épopée des origines de Rome que des siècles plus tard et sans avoir le temps de l’achever avant sa mort, Lavinia transforme sa condition en destin. De ce qui sera écrit elle fait une vie de son choix. Et cela dans la douceur amère et la passion maîtrisée que suscite son improbable position : elle se veut libre mais tout est dit.

Avez-vous terminé une série ?

J’ai lu la dernière page d’une duologie. Gabriel Katz frappe fort, je vous le dis. Aeternia se clôt avec L’Envers du Monde, un second tome brutal et nihiliste qui n’épargne pas son lecteur. La lecture était aussi palpitante que pour le premier tome. Voire un peu trop : certains dénouements et arcs narratifs auraient mérité plus de détails.

C’est l’heure du duel décisif entre les deux camps qui s’entre-déchirent pour la cité mère de Kyrenia. Deux champions vont s’affronter sur le sable de l’arène, un combat qui peut faire basculer le destin d’un peuple entier. Qui affrontera le Corbeau, redoutable gladiateur du Temple ? Déchirée par les luttes de pouvoir, la plus grande cité du monde est au bord de la guerre civile. Le culte millénaire de la Grand déesse, menacé par celui d’Ochin qui se répand comme un raz-de-marée, n’a plus qu’un recours : la violence.

Avez-vous lu un livre qui est sorti cette année ?

Yes, et voici Chevauche-Brumes de Thibaud Latil-Nicolas. Il est sorti le 21 février 2019 aux éditions Mnémos. C’est un roman rondement mené avec beaucoup d’aventures et des combats bien mis en scène. Le rythme est enlevé et ne laisse pas de temps pour souffler. Pour un premier roman, c’est une belle réussite !

Au nord du Bleu Royaume, la frontière est marquée par une brume noire et impénétrable, haute comme une montagne. De mémoire d’homme, il en a toujours été ainsi. Mais depuis quelques lunes, le brouillard semble se déchirer. Tandis que ce voile enfle et reflue tel un ressac malsain, de violents éclairs strient ses flancs dans de gigantesques spasmes. La nuée enfante alors des créatures immondes qui ravagent les campagnes et menacent d engloutir le royaume tout entier. La neuvième compagnie des légions du roy, une troupe de lansquenets aguerris au caractère bien trempé, aspire à un repos bien mérité après une campagne éprouvante.

Pourtant, dernier recours d’un pouvoir aux abois, ordre lui est donné de s’opposer à ce fléau. Épaulée par des cavalières émérites et un mystérieux mage chargé d’étudier le phénomène, la troupe s’enfonce dans les terres du nord, vers cette étrange brume revenue à la vie.

Avez-vous rencontré un auteur ?

Depuis mon retour à Paris, je parcours les salons telle une femme savante du XVIIe siècle. Une saine activité qui me permet de sortir de ma grotte affronter le monde extérieur, me ruiner en romans dont je n’ai pas besoin et rencontrer des auteurs de l’imaginaire. J’ai ainsi récemment rencontrer la très sympathique Estelle Faye au Salon du Livre, qui m’a signé mon exemplaire des Seigneurs de Bohen.

Je vais vous raconter comment l’Empire est mort.

L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.

J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.

Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Attendez-vous avec grande impatience un livre qui sortira pendant la seconde moitié de 2019 ?

Mon choix est un peu spécial ! J’ai acheté ce livre en version anglaise car il avait l’air passionnant. Mais j’ai appris récemment qu’il allait sortir en octobre prochain en version française, alors je vous le partage. Il s’agit de too like the lightning d’Ada Palmer, traduit par “Trop semblable à l’éclair” .

L’humanité connaît un nouvel âge d’or, après un conflit ayant mis fin aussi bien à la foi qu’aux États-nations. Par l’entremise d’une censure précise, des trésors de l’analyse statistique et de l’abondance technologique, sept factions dirigent désormais le monde. Condamné à une servitude à vie pour un crime dont on ignore tout, Mycroft Canner est l’un des instruments de ce pouvoir. Lorsqu’on lui demande d’enquêter sur un vol étrange, il se retrouve bientôt sur la piste d’une conspiration à même d’ébranler la paix fragile. Mais Mycroft cache lui aussi ses secrets, telle cette menace, à l’aspect improbable d’un garçonnet de treize ans aux pouvoir inimaginables. Comment ce monde utopique qui a banni Dieu pourra appréhender cet enfant capable d’authentiques miracles ?

Avez-vous lu un roman sans histoire d’amour ?

Je ne suis pas une grande fan de romance, donc je lis beaucoup de livres sans histoire d’amour et ce n’est pas un critère de choix. Je me suis notamment lancée à l’assaut du fameux Honorverse ! J’ai lu le premier tome avec “Mission Basilic“, une entrée en matière qui secoue dans la bibliographie de David Weber. C’est du space opera militaire avec une héroïne qui n’a pas froid aux yeux (à quand une série télévisée d’ailleurs ?). Il n’y pas de romance dans ce roman très centré sur l’aspect militaire et stratégique.

Rude début de carrière pour le capitaine de frégate Honor Harrington, de la flotte royale de Manticore. Ayant humilié un haut gradé lors d’un exercice, elle se voit chargée, pour sa première affectation de commandant de bord, d’assurer seule la police du système lointain de Basilic, avec un vaisseau hors d’âge à demi désarmé et un équipage qui la rend responsable de son exil. Or une puissance hostile a des visées sur Basilic, terminus d’un “trou de ver”, porte du voyage instantané, et fomente une machination complexe pour s’en emparer…

Avez-vous lu un roman d’un auteur français ?

Oui ! J’ai lu “Le Livre Jaune” de Michael Roch. C’est un roman inclassable et très troublant. Il mérite le coup d’oeil pour son étrangeté, mais aussi pour le style ciselé et référencé de l’auteur, qui démontre une grande passion pour les littératures de l’imaginaire.

Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené au Roi en jaune, hanté par le souvenir de ses amours. Ce dernier lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction.

Avez-vous lu un roman adapté au cinéma ?

L’Indésirable de Sarah Waters a été adapté l’année dernière ! Je ne l’ai pas vu, mais j’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman. Il transcrivait à merveille une idée de fin de règne et d’isolement, de décadence et de solitude. Même si l’ensemble du récit peut souffrir de quelques lenteurs. Les personnages comme l’atmosphère sont en revanche de vrais oeuvres d’art.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la demeure d’Hundreds Hall n’est plus que l’ombre d’elle-même : loin de sa splendeur passée, d’étranges événements se succèdent et distillent entre les murs un vent de terreur. Faraday, médecin de campagne, assiste la famille Ayres qui s’efforce de cacher la débâcle. À moins que le cœur du manoir ne soit rongé par un lugubre secret… 

Avez-vous lu un livre qui vous a fait pleurer ?

Je ne dirais que ce livre m’a fait pleurer de tristesse mais plus de rage ! Une fille facile de Louise O’Neill est un roman qui a mis son autrice sur le devant de la scène, la sacrant comme une étoile montante de la littérature féministe contemporaine. Le livre décrit sans concession les ravages des violences sexuelles, mais surtout l’attitude désastreuse d’une société qui refuse de reconnaître les victimes et les condamnent plus qu’elle ne les soutient.

Emma a dix-huit ans, c’est la plus jolie fille du lycée. En plus d’être belle, elle est pleine d’espoir en l’avenir. Cette nuit-là, il y a une fête, et tous les regards sont braqués sur elle.

Le lendemain matin, ses parents la retrouvent inanimée devant la maison. Elle ne se souvient de rien. Tous les autres sont au courant. Les photographies prises au cours de la soirée circulent sur les réseaux sociaux, dévoilant en détail ce qu’Emma a subi. Les réactions haineuses ne se font pas attendre ; les gens refusent parfois de voir ce qu’ils ont sous les yeux. La vie d’Emma est brisée ? Certains diront qu’elle l’a bien cherché.

Avez-vous lu un roman historique ?

J’ai lu un roman qui se passait pendant la première guerre mondiale. Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet est écrit avec sensibilité et pudeur, mais n’épargne pas autant son lecteur des violences et des difficultés qui caractérisent l’époque. Peuplé de personnages crédibles et jouant habilement de plusieurs formats, c’est très certainement un roman bien mené sur la condition des femmes pendant le conflit.

Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la soutenir. Quand la première guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C’est l’occasion pour Solange de s’affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s’organisent peu à peu sans les hommes.

Avez-vous lu un roman que quelqu’un vous a conseillé ?

On m’avait beaucoup conseillé Frankenstein de Mary Shelley, un classique indispensable de la SF. J’en sors cependant avec une impression mitigée. L’écriture est belle, la réflexion toujours moderne, les monologues du monstre sublimes. Mais Victor Frankenstein me sort par les yeux. Il chougne tout le long du roman ! Il vaut mieux être préparé.

En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle.

Et vous ? Des lectures marquantes pour cette première partie de l’année ? Vous pouvez reprendre le Tag si vous le souhaitez 😉

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8 commentaires

Apophis · 10 juillet 2019 à 17 h 48 min

Il y a des romances dans l’Honorverse, mais plus tard dans le cycle. D’ailleurs, le tome 4 est en très grande partie centré dessus 😉

    La Geekosophe · 10 juillet 2019 à 22 h 01 min

    Nulle trace dans ce premier tome en tout cas ! Mais oui, pour avoir lu quelques résumés par curiosité il y a de la romance plus tardivement à ce que j’ai cru comprendre 🙂

Rhiannon Telvanni · 10 juillet 2019 à 18 h 05 min

Ah sympa le tag ! Chevauche-Brumes je l’ai toujours dans ma PAL, je l’avais entamé mais je n’ai pas eu la petite étincelle qui me fait tourner les pages sans m’arrêter 🙁

    La Geekosophe · 10 juillet 2019 à 22 h 03 min

    Je l’ai trouvé assez prenant de mon côté ! C’est une question de sensibilité j’imagine 😉

Sometimes a book · 12 juillet 2019 à 11 h 56 min

Ah je cherchais ce TAG justement ! J’ai aussi lu Chevauche-brumes et Frankenstein en 2019. D’ailleurs je suis entièrement d’accord avec ton avis concernant ce dernier ahah

    La Geekosophe · 14 juillet 2019 à 18 h 57 min

    Tu arrives au bout de ta quête, noble lecteur ! Je t’invite à reprendre ce tag, si l’envie t’en prend 😀

    Pour Frankenstein, je pense fonder un club anti Victor Frankenstein

Zina · 14 juillet 2019 à 13 h 47 min

Chouette tag !
Moi j’ai tendance à tricher à la question PKJ, dans leurs tag, en mettant un Pocket, car il est très très rare que j’en lise.

    La Geekosophe · 14 juillet 2019 à 18 h 57 min

    Ahahah j’ai le même souci, du coup je remets souvent le peu que j’ai lus X)

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