Merci aux éditions Actu SF pour cet envoi ! Comme vous pouvez vous en douter, Thomas le Rimeur a attiré mon attention car c’est une réécriture de mythes celtes anciens. Et j’aime les mythes celtes. De plus, j’avais déjà bien apprécié la plume de l’autrice dans à la pointe de l’épée. Alors, qu’en ai-je pensé ?

Synopsis de Thomas le Rimeur

Pour s’être risqué au baiser offert, Thomas le fameux Rimeur se retrouva prisonnier de la Reine des Elfes.
Grand vivant s’il en fut, et joyeux compagnon, Thomas vécut près d’elle sept années, dans les voluptueux plaisirs du royaume de Faërie, avant de retourner dans son monde premier, celui du labeur, de la peine, et de la fuite du temps.
Hanté, tourmenté par les souvenirs des splendeurs perdues, il lui fallut, malgré tout, retrouver la femme qu’il aimait, reconstruire sa harpe. Et vivre avec les cadeaux ambigus de la Reine des Elfes, le don de prophétie et la malédiction de la parole vraie.

Plongée dans les croyances celtes

Un récit poétique et délicat

Ellen Kushner offre une réécriture d’un barde écossais qui passa 7 ans parmi les fées, enlevé par la Reine des Elfes. L’histoire retrace donc l’évolution de Thomas le Rimeur. Et comme pour faire écho au métier de son personnage, l’autrice use d’une plume très poétique, notamment dans la partie où il est le narrateur. Le récit est ainsi traversé de périodes de chansons et de poèmes qui permettent de mieux connaître les anciennes légendes médiévales. Certains trouveront peut-être ces éléments longs, mais Ellen Kushner semble se concentrer sur une fantasy plutôt contemplative, centrée sur l’humain, comme le ferait une Jo Walton avec un sens du merveilleux différent ceci dit. En tout cas, la plume de l’autrice traduit parfaitement la finesse d’esprit de son protagoniste.

Mais ce n’est pas tout, car elle adapte également le style au personnage qui narre l’aventure. Thomas le Rimeur n’est pas le seul. Gavin, le fermier, a ton plus rustre mais assez drôle. Meg, la femme de ce dernier, est directe, généreuse et piquante. Enfin, Elspeth est mise en avant par son abnégation. La narration est assez maîtrisée et permet d’aborder l’histoire sous différents angles et époques. Par exemple, commencer par un point de vue externe à Thomas offre la possibilité de faire de lui un personnage mystérieux, sympathique mais presque inaccessible. La période du monde de fée montre à la première personne comment s’adapter à un monde différent. Repasser à un point de vue humain lors du retour de Thomas marque le fait qu’il ne puisse être considéré totalement comme humain, pointant son appartenance aux deux mondes, comme l’aura remarqué la reine des Elfes en personne. Mais n’est-ce pas un peu le cas de tous les artistes ?

Un retour dans un monde médiéval magique

Ellen Kushner semble avoir une connaissance pointue du monde du Moyen-Âge anglais. Cela se voit à travers son vocabulaire passé, mais aussi des détails comme les roms qui, en effet, ont exercé pendant des siècles la profession de rétameur. C’est donc un récit plutôt immersif dans ses aspects de la vie quotidienne. D’autant plus que Thomas semble avoir un véritable don de conteur (c’est son taf, vous allez me dire). Mais c’est aussi visible dans les aspects du merveilleux, qui nous ouvre les portes d’une fantasy étrange et ancienne qui trouve racine dans de nombreux mythes de l’époque.

Les Elfes sont certes d’une beauté enchanteresse, mais ce sont également des êtres inconstants et imprévisibles. Le propos n’est pas manichéen, et les êtres magiques ont des défauts comme des qualités. Mais ont aussi une logique très spécifique qui échappe totalement à nous autres, pauvres créatures mortelles. Pourquoi diable Thomas ne peut-il parler à personne d’autre qu’à la reine des elfes ? Pourquoi la colombe a-t-elle besoin de sang pour parler ? (oui, c’est mystérieux dit comme ça). Nous sommes vraiment dans un merveilleux fondé sur la métamorphose, les êtres magiques liés à la nature.

Thomas le Rimeur est un joli roman médiéval

J’ai de nouveau bien aimé la plume de l’autrice, qui nous offre un récit qui sent bon la magie et les mythes celtes ! Si le début est un peu long à se mettre en place, l’ambiance mystique du monde du Bon Peuple est bien retranscrit, nous entraînant dans un univers déstabilisant, à la logique propre comme seuls les mythes anciens peuvent nous présenter. La plume de l’autrice, les personnages sympathiques et sa connaissance du monde médiéval permettent de nous immerger dans le récit.

Note : 15/20

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Catégories : Chroniques

4 commentaires

Shaya · 15 juillet 2021 à 15 h 51 min

Ca me tente bien mais je crains un peu la plume de l’autrice que je n’avais pas apprécié avec A la pointe de l’épée 😉

    La Geekosophe · 18 juillet 2021 à 15 h 43 min

    On retrouve une fantasy qui verse peu dans le sensationalisme, à voir 🙂

Yuyine · 23 juillet 2021 à 10 h 22 min

J’ai une vieille version de ce livre dans ma PAL depuis trèèèèès longtemps. Il faudrait que le sorte à l’occasion parce que ça a l’air bien sympathique cette ambiance celte.

    La Geekosophe · 24 juillet 2021 à 18 h 23 min

    Ah oui, il a été écrit il y a un bout de temps ! J’espère que tu l’apprécieras 😉

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