Le triomphe des ténèbres a été écrit à deux mains par Giacometti et Ravenne. Conseillé par de nombreuses connaissances, je me suis lancée dans ce thriller ésotérique et historique avec circonspection. C’est un genre que je n’avais pas lu depuis longtemps, mais en réalit j’avais plutôt hâte de me lancer dans cette saga.

Synopsis de Le triomphe des ténèbres

1938. Dans une Europe au bord de l’abîme, une organisation nazie, l’Ahnenerbe, pille des lieux sacrés à travers le monde. Elle cherche des trésors aux pouvoirs obscurs destinés à établir le règne millénaire du Troisième Reich. Son maître, Himmler, envoie des SS fouiller un sanctuaire tibétain dans une vallée oubliée de l’Himalaya. Il se rend lui-même en Espagne, dans un monastère, pour trouver un tableau énigmatique. De quelle puissance ancienne les nazis croient-ils détenir la clé ? À Londres, Churchill découvre que la guerre contre l’Allemagne sera aussi celle, spirituelle, de la lumière contre les ténèbres.

Chasse aux trésors pendant la seconde guerre mondiale

Esotérisme, nazisme et autres ismes

J’avais une vague idée que de nombreux dignitaires nazis avaient un fort intérêt pour l’ésotérisme. Il y a plusieurs oeuvres pop culture sur le sujet, je comprends par exemple beaucoup les films d’Indiana Jones. Giacometti et Ravenne construisent un thriller historique haletant sur une idée simple : et si l’Allemagne était persuadée que sa suprématie était liée à des reliques anciennes dispersées aux quatre coins du monde ? Alors que l’Europe s’embrase, différents personnages se retrouvent dans cette chasse au trésor dangereuse. Le roman aborde de nombreux mythes et légendes à travers le monde, du Tibet en passant par l’Espagne jusqu’aux cathares du sud de la France. J’ai beaucoup apprécié ce mêlange efficace entre Histoire, et le roman reprend certains grands événements et aspects de la période avec soin, et les éléments plus culturels qui viennent enrichir le contexte.

Grâce à cet équilibre, je trouve que le roman fonctionne très bien pour les lecteurs fans de Dan Brown, d’Indiana Jones ou d’Uncharted. L’histoire est ultra rythmée et très riche. Nous avons de l’espionnage, avec notamment des passages dans la France vichyste, pas beaucoup plus libre que la France officiellement occupée. Il y a ainsi des passages de capture, des course-poursuites… Et bien sûr des énigmes dans des lieux historiques forts. Ce qui est particulièrement agréable, c’est qu’on sent que les auteurs sont passionnés par leur sujets et qu’ils ont beaucoup de recherches aussi bien sur le contexte historique que l’histoire des religions ou l’ésotérisme.

Espionnage à cran

Le duo d’auteurs donne vie à différents personnages dont nous suivons l’évolution. Le casting est varié : une archéologue allemande d’une grande famille, un flegmatique espion anglais, un chasseur d’oeuvres d’art français, un énigmatique chercheur allemand… Ils se retrouvent mêlés à la chasse aux trésors du IIIe Reich grâce à leur flair hors normes. Cette succession de points de vue donne beaucoup de dynamisme à l’histoire pour certains points. Mais pour d’autres passages, j’ai eu l’impression que ça se traînait un peu plus. Mais ça ne m’a pas empêché d’être bien accrochée à l’histoire. Ces personnages côtoient des figures bien réelles de notre histoire, de Chrurchill en passant par des dignitaires allemands comme Rudolf Hess, dont j’ignorais le départ surprise en Ecosse qui est totalement véridique.

Si l’histoire peut sembler manichéenne, ces mêmes personnages viennent ajouter de la nuance. Si pour certains, il est facile de se situer totalement contre le IIIe Reich, d’autres comme Erika sont nés au beau milieu de l’Allemagne après-guerre. De même, Tristan n’a pas de grande sensibilité politique. C’est après tout un chercheur de trésors passionné d’histoire de l’art qui a eu le malheur de s’intéresser à la mauvaise oeuvre au mauvais moment. Tous ces personnages, fictifs comme historiques, se croisent et se séparent pour former une toile complexe fascinante. Ce que j’ai également apprécié avec ce premier tome, c’est que même s’il joue le rôle d’introduction, il parvient à poser les bases de cet univers entre fiction et réalité tout en mettant en place une histoire haletante et des personnages bien construits.

Le triomphe des ténèbres : sombre, prenant, haletant

Le triomphe des ténèbres suprend par sa densité et sa précision. Toute sa qualité réside dans la passion des deux plumes qui lui ont donné naissance. Giacometti et Ravenne nous propose une revisite des obsessons ésotériques du IIIe Reich à travers une chasse aux trésors censés accorder au régime Hitlérien l’invincibilité. Difficile pour des esprits rationnels de les prendre au sérieux, mais la ferveur donne une forde de persuasion qui force à l’action. A partir de là, de nombreux personnages, fictifs comme historiques, gravitent autour de ces légendes allant du Tibet jusqu’aux châteaux cathares du sud de la France en passant par l’Espagne révolutionnaire. Le récit nous propose également des énigmes à la Indiana Jones tout en apportant un éclairage sur la passion obsessionnelle du régime nazie pour l’occulte, que ce soit l’astrologie ou les légendes millénaires.

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Catégories : Chroniques

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