L’ombre du savoir perdu de James Islington était dans ma pile à lire depuis longtemps. Il s’agit du premier tome de la trilogie de Licanius. J’appréciais l’idée de départ de mettre en scène un Royaume suite à une Révolution sanglante pour se sortir de la tyrannie de personnes aux capacités surhumaines.
Synopsis de L’ombre du savoir perdu
Vingt ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre.
Les Augures dictatoriaux – autrefois considérés comme des dieux – ont été renversés et anéantis pendant le conflit, leurs pouvoirs tant redoutés les ayant mystérieusement abandonnés. Ceux qui avaient régné sous leurs ordres, des hommes et des femmes dotés d’une capacité moindre connue sous le nom de Don, n’ont évité le sort des Augures qu’en se soumettant aux lois de la rébellion. Une représentation de ces lois est maintenant inscrite dans la chair de quiconque utilise le Don, forçant ceux qui sont ainsi marqués à une obéissance absolue.
En tant qu’élève des Talentés, Davian subit les conséquences d’une guerre menée – et perdue – avant sa naissance. Méprisé par la plupart des gens au-delà des murs de l’école, lui et ceux qui l’entourent sont pratiquement prisonniers de leur tentative d’apprendre à contrôler le Don. Pire encore, alors que Davian se débat avec ses études, il craint les terribles conséquences d’un échec aux redoutées Epreuves.
Mais en découvrant sa capacité d’exercer le pouvoir interdit des Augures, Davian va déclencher une série d’événements qui vont bouleverser les terres d’Andarra et au-delà.
Au nord, un ancien ennemi que l’on croyait vaincu depuis longtemps se réveille. Et à l’ouest, un jeune homme dont le destin est lié à celui de Davian reprend connaissance dans la forêt, couvert de sang et sans aucun souvenir de qui il est…
Une épopée fantasy prometteuse
Une histoire dense sur les échos d’une guerre sanglante
Nous comprenons rapidement que nous sommes dans un contexte particulier : une rebellion a mis fin au règne tyrannique d’humains dotés de capacités exceptionnelles. Les talentés et les augures sont au ban de la société. Davian et Wirr font partie de ces talentés et vivent isolés dans une école chargée de les former. Il y a des limites à l’usage de leurs pouvoirs appelés les préceptes, 4 règles qui ne peuvent pas être brisés (et qui sont bizarrement similaires aux lois de la Robotique d’Asimov). Mais ce n’est pas une histoire d’école, puisqu’après un début un peu long à se mettre en place les événéments s’accélèrent et prennent une tournure dramatique. Certains points rappellent La roue du temps de Robert Jordan, notamment dans l’idée d’un groupe de jeunes gens qui se précipient sur les routes et la présence régulière de prophéties. Mais James Islington crée un univers assez unique et foisonnant, même si certains éléments sont assez classiques.
Ce qui bien fait, c’est que beaucoup d’événements découlent d’événements qui ont eu lieu des décennies auparavant. L’auteur construit donc son histoire avec des flashbacks, des personnages qui racontent leur passé, mais aussi beaucoup de retournements de situation bien pensés. J’ai été surprise à plusieurs reprises par certaines révélations qui remettent en perspective tout ce que les personnages (et les lecteurs) croyaient. Le roman propose une intrigue complexe à multiples ramifications. Et qui dit multiples ramifications dit mystères à foison ! On a tout juste assez d’informations pour avoir envie d’en savoir plus sur ce qui va arriver, sur la signification d’une prophétie ou sur les origines de tel ou tel personnage. Il y a toutefois certains passages un peu longuets à mon goût, et notamment une histoire de voyage dans le temps un peu floue, qui ont coupé mon élan à mi parcours. Pourtant le début était vraiment captivant.
Un système de magie qui définit grandement les personnages
L’un des points forts du roman est ses personnages. Globalement, ils sont solidement caractérisés et agréables à suivre. J’ai également beaucoup apprécié le fait que l’on ait une galerie de personnes variées en termes d’âge, de rôles dans l’histoire… L’auteur prend son temps pour les développer et apporte de la complexité en épaississant leurs passés à différents moments de l’histoire. Ces passages ne ralentissent pas l’action, au contraire. Ils sont essentiels pour comprendre les motivations, les peurs et les espoirs des différents protagonistes (et antagonistes). C’est assez rare mais j’ai apprécié tout le monde, en particulier le mystérieux Caeden, le charismatique Wirr ou l’expérimenté Taeris. Tous les personnages évoluent pas mal au fil du roman, notamment car ils ont tous un lien fort avec le système de magie de cet univers.
James Islington met en scène deux types de pouvoirs : les talentés, qui puisent en eux une réserve magique pour agir sur leur environnement, et les augures. Ces derniers ont régné sur les royaumes concernés grâce à des pouvoirs extraordinaires de prescience, de télépathie et d’autres capacités uniques. Ces deux types de magie sont haïes. Les augures sont simplement abattus à vue. Les talentés sont enfermés dans des écoles. S’ils ne parviennent pas à passer des épreuves, ils deviennent des ombres et sont privés de statut social à jamais. Cette structure sociale définit les personnages, et de nombreuses personnes souhaient voir cette hiérarchie se transformer. Cependant, ces pouvoirs très puissants aboutissent à des personnages qui deviennent presque invincibles un peu trop rapidement à mon goût. Je suis curieuse de voir ce que cela va donner pour les prochains tomes.
L’ombre du savoir perdu : un très bon début de saga bien qu’assez classique
L’ombre du savoir perdu a été une très bonne lecture ! L’auteur batit son contexte autour d’un Royaume qui a connu une rébellion sanglante vingt ans auparavant. Beaucoup d’éléments du scénario sont liés aux conséquences de cette guerre intestine, menant à une histoire intriquée qui repose sur des flashbacks et les secrets de nombreux personnages. Ces derniers sont bien construits, avec des personnalités qui évoluent au fil des pages et avec une grande diversité d’identités. L’écriture est plutôt prenante et nous accompagne avec fluidité dans une toile scénaristique complexe. Certains éléments de scénario m’ont cependant paru trop classiques, ou parfois trop tirés par les cheveux pour être réellement crédibles.
Note : 16/20
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