Ma saga estivale est de retour ! Les sept soeurs de Lucinda Riley est assez éloignée de mes goûts habituels, mais je trouve ses romans rafraîchissant pendant l’été. La soeur du Soleil, sixième et avant-dernier tome, nous entraîne dans le quotidien de la tempétueuse Electra, mannequin internationale mais tourmentée.

Synopsis de la soeur du Soleil

À la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a ramenées des quatre coins du monde et adoptées lorsqu’elles étaient bébés, Électra d’Aplièse et ses sœurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, une magnifique demeure sur les bords du lac de Genève.
Électra, la sixième sœur, a tout pour elle : mannequin le plus en vue de la planète, elle est belle, riche et célèbre. Mais derrière cette image idéale, c’est une jeune femme perdue depuis le décès de Pa Salt. Emportée dans la spirale infernale de la drogue et de l’alcool, et alors que tout son entourage craint pour elle, elle reçoit une lettre d’une inconnue qui dit être sa grand-mère. Celle-ci lui révèle que ses racines se trouvent au Kenya, au cœur d’une tribu massaï…

A la découverte de la soeur la plus chaotique

Electra et Cecily, deux jeunes femmes dans la tourmente

La grosse différence avec les précédents tomes se trouve dans la personnalité d’Electra. On en entend parler dans les romans de la saga : il s’agit de la soeur qui ne s’entend pas avec Pa Salt et reste le plus éloignée d’Atlantis. Au début du roman, nous découvrons une jeune femme qui, certes, mène une carrière réussie de mannequin internationale, mais dans l’ombre, elle lutte avec de multiples addictions à l’alcool et aux drogues qui se sont agravées suite à sa sépration avec son compagnon. Electra refuse de s’apesantir sur le passé ou d’analyser ses sentiments. Son attachement au présent lui de fuir l’introspection qui pourrait lui permettre de grandir. Elle a perdu la lettre de Pa Salt et ne sait donc rien de ses origines. Le roman lui offre donc un parcours de rédemption qui explore son rapport aux addictions mais aussi en faisant un parallèle avec l’une de ses ancêtres, une jeune new-yorkaise qui part au Kenya suite à une déception amoureuse. Electra n’est pas un personnage qui plaira à tout le monde, mais j’ai bien aimé son caractère marqué et sa trajectoire à travers le roman.

Ce que j’ai également trouvé intéressant, c’est que son évolution va beaucoup dépendre de sa capacité à accepter l’aide extérieure. Au fil des pages, l’entourage d’Electra va grandir à travers des personnages aux caractères variés. Mariam, sa nouvelle assistante, Lizzie, sa colocataire au centre de désintoxication…. Lucinda Riley a construit l’évolution de son personnage principal avec soin ! J’ai trouvé le parallèle avec Cecily, son ancêtre, bien pensé. Ce sont des femmes aux personnalités différentes mais qui sont déterminées, non conformistes et guidées par leurs valeurs. Ce qui est passionnant avec Cecily, c’est que c’est une jeune femme de la riche société New-Yorkaise qui va être déçue à répétition par des hommes. Son bonheur, elle ne le trouvera pas tant dans un mariage que dans une nouvelle vie proche de la nature et une adoption qui va contre toutes les conventions de son époque. Une fois de plus, Lucinda Riley brosse un portrait de femme convaincant qui vient poser les questions sur les écarts entre notre bonheur et les attentes de la société.

Un tome qui aborde de très nombreuses thématiques

J’ai trouvé que les parties dans le présent comme dans le passé exploraient un grand nombre de thématiques très contemporaines. Les deux héroïnes affrontent des problèmes individuels comme trouver sa place dans sa famille ou face aux attentes de la société. La soeur du Soleil traite aussi de sujets sociaux majeurs : le colonialisme et le racisme. Enfin, une autre thématique est au croisement des deux : la question de l’addiction, qui se manisfeste pour Electra comme une extension de son mal-être et de sa fuite d’elle-même, qui l’amène à considérer la question de la drogue à une échelle plus globale. Même pour Cecily, au Kenya nombreux sont les habitants anglais et américains à passer énormément de temps à boire. Le tome se montre donc assez ambitieux dans sa volonté de se lancer dans des sujets sensibles à travers les yeux et les origines de la plus jeune des soeurs.

Cependant, cette profusion de thématiques empêche l’autrice de réellement creuser le sujet. Beaucoup de points sont abordés mais les mécaniques sociales ou psychologiques restent souvent en surface. Dans le passé, Cecily reste souvent en périphérie des événements. Ce qu’il se passe au niveau de l’indépendance du Kenya et ses impacts sur les populations locales lui sont rapportés. De la même façon, on a finalement quelques éléments culturels sur les Massaïs mais ce n’est guère approfondie. J’ai trouvé que les autres tomes faisaient un travail plus précis sur un élément culturel ou artistique du pays d’origine des soeurs. Cela ne fait pas de ce roman un mauvais tome, mais cette absence a fait que le livre a eu moins de charme pour moi. En tout cas, cela lui a permis d’éviter d’être trop répétitif.

La soeur du Soleil, un tome qui mise sur la nouveauté

La sœur du Soleil se distingue nettement des tomes précédents, autant par le tempérament d’Electra que par l’ambition de ses thématiques. Lucinda Riley signe le portrait de deux femmes fortes et non conformistes, et aborde avec courage des sujets sensibles comme l’addiction, le colonialisme et le racisme. Si cette richesse thématique se fait parfois au détriment de la profondeur, notamment sur le plan culturel où j’ai trouvé ce tome moins fouillé que les autres, elle a le mérite de renouveler la formule de la saga et d’éviter l’écueil de la répétition. Un tome imparfait mais attachant, porté par une héroïne au caractère marqué qui ne laissera personne indifférent.

Vous pouvez acheter le roman par ici. Toutes les chroniques sont par là.

Catégories : Chroniques

0 commentaire

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.