J’avais reçu le palais des automae de Nina Varela il y a déjà quelques années ! J’ai vu qu’il était sorti entre temps en France. De plus, il se prête assez bien à un challenge en cours avec son résumé basé sur des luttes de pouvoirs et une relation sapphique.
Synopsis de Le palais des automae
Un amour impossible entre deux femmes qui pourrait faire naître une révolution. Conçus par les humains pour leur bon plaisir, les Automae ont renversé et asservi leurs maîtres lors de la guerre des Espèces qui a ravagé le royaume de Rabu. Ils se sont approprié les domaines de leurs anciens propriétaires et les contrôlent désormais d’une poigne de fer. Ayla travaille au palais de ses tortionnaires.
Elle y a rapidement gravi les échelons, mais ne rêve que d’une chose : venger sa famille en tuant la fille du souverain, Lady Crier. A présent au service de celle-ci, la jeune humaine découvre contre toute attente qu’elle est douce et généreuse. De son côté, Lady Crier a été conçue pour être parfaite. Mais ses certitudes sont ébranlées quand elle se retrouve fiancée à l’ambigu Kinok et découvre que son père n’est pas aussi bienveillant qu’elle le pensait.
Alors qu’une attirance mutuelle naît entre Ayla et Crier, le destin des humains et des Automae va être précipité dans un abîme de violence et de trahisons.
Un conflit entre deux mondes irréconciliables
Une violence qui ne s’arrête jamais
Nous sommes dans un univers où des machines automates créées par les humains ont pris le pouvoir. Si cela ressemble à une hypothèse de monde de science fiction, nous sommes ici dans de la fantasy. Par rapport à d’autres récits étiquetés Young Adult, j’ai trouvé qu l’autrice posait bien son contexte. Ce qui rend le récit globalement cohérent. Nous avons des points assez clairs sur l’historique entre les humainset les automae, des éléments sur le fonctionnement des automae, avec des flashbacks qui reviennent sur certaines parties clés de l’histoire. Une bonne partie de l’intrigue tourne autour de Kinok, un automa qui a pour objectif de rendre son espèce immortelle et de détruire ce qui reste des humains. Cette quête va emporter Crier, la fille d’un seigneur des automae, et Ayla, rebelle après l’assassinat de sa famille. Chaque personnage a ses objectifs et sa personnalité.
A travers le récit, nous avons deux points de vue qui permettent de saisir les enjeux, ceux de la rebellion ou ceux des automae, ainsi que les origines d’une haine bien ancrée. Plusieurs passages mettent en avant comment les automae considèrent les humains : des sortes d’animaux violents auxquels on ne doit pas donner trop de libertés. Kinok se place même en extrémiste, y compris du point de vue des automae. Quant à Hesod, le père de Crier, il se présente comme plus paternaliste. Mais en-t-il moins violent pour autant ? Pour les humains, les automae sont des machines sans âme guidés par la domination et le pouvoir. J’ai trouvé que mettre en place une histoire d’amour naissance entre une noble automa et une rebelle humaine était un bon moyen de questionner ces points de vue.
Quelques améliorations à faire
Bien que le procédé soit assez classique mais intéressant, j’ai trouvé que certains points de l’action ralentissaient avec les atternoiements des deux héroïnes. Il y a peut-être un ou deux passages marquants, mais on ne ressent pas vraiment la violence ou la haine que se vouent les deux camps. Le récit se lit bien, les révélations ne sont pas inintéressantes, les personnages sont bien construits, mais je n’ai pas pour autant été captivée par les événements. La faute sûrement à un scénario qui se construit avec assez peu d’aspérités, notamment en milieu de romans. J’ai donc pris beaucoup plus de temps qu’il n’était nécessaire pour cette lecture.
Pourtant certains aspects sont bien amenés. L’écriture est fluide et facile à suivre, je l’ai lu en anglais. Le récit s’attaque à des sujets politiques bien présentés, notamment les liens entre différents royaumes. Les quelques facilités scénaristiques ne prennent pas tant de place. Je trouve le personnage de la reine Junn ultra intrigant. C’est une reine autonoma à la réputation sulfureuse qui s’intéresse de près à Crier. Elle apparaît peu mais fait partie des quelques personnages qui laissent une impression durable, notamment car le récit met beaucoup de soin à bâtir sa réputation.
Le palais des automae : un roman sympathique mais perfectible
Contrairement à beaucoup de romans Young Adult, j’ai trouvé le travail sur le contexte de l’univers convaincant. L’autrice met en place des flashbacks et deux points de vue qui permettent de bien comprendre les subtilité de cet univers. C’est une histoire de domination entre des êtres parfaits créés de toutes pièces et des humains réduits quasiment en esclavage. Suivre Crier et Ayla nous permet de voir les deux camps. L’écriture est plutôt fluide et les réflexions politiques sont bien amenées. Cependant, l’ensemble manque de moments vraiment marquants pour en faire une lecture mémorable.
Note : 15/20
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