Si vous suivez mes chroniques, vous savez que je suis une grosse lectrice de ce qu’on nomme affectueusement les “mauvais genres”. C’est-à-dire les genres qui ne sont pas considérés comme de la vraie littérature, des romans sérieux. Je suis en particulier friande de fantasy, alors lorsque la BNF a annoncé l’ouverture d’un ensemble d’expositions, interventions et créations dédié au genre, je fus joie !

Retour complet sur un genre protéiforme

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La BNF propose de retourner aux sources d’un genre qui prend racine dans des héritages bien plus anciens que l’on pourrait l’imaginer. Pour cela, l’institution a décidé de mettre en place un solide dispositif transverse et multimodal. La première étape est un site web qui propose de retracer l’histoire de la fantasy mais aussi d’approfondir ses connaissances. Le premier élément est un site web bien rempli et illustré de superbes artworks. Le second un jeu vidéo et enfin un ensemble de conférences que vous pouvez retrouver ici :

Découvrir le genre Fantasy

Dans un premier temps, le site invite le néophyte à mieux comprendre certains éléments fondateurs de la fantasy.

Le site web revient par exemple sur l’influence chrétienne qui est souvent très présent pour le genre. la spiritualité et divinité sont souvent très prégnantes et la symbolique christique se retrouve dans plusieurs oeuvres. La résurrection après un sacrifice par exemple, avec le sacrifice d’Aslan dans Narnia de l’auteur Irlandais C.S. Lewis ou bien sûr le retour de Gandalf dans Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien. Mais la critique de la religion peut se percevoir, comme dans A la croisée des mondes de Philip Pullman, que ce soit dans l’embrigadement ou ses abus.

La nature est un élément central en fantasy. Beaucoup de productions du genre sont considérées comme des oeuvres à la portée écologique forte. Dans Le Seigneur des Anneaux, la nature s’oppose au Mal représenté par un monde industriel qui s’étend. Dans Les Dieux Sauvages, Lionel Davoust oppose les Hommes à des créatures mêlées à de la Mécanique, des êtres qui ont perdu leur humanité.

J’ai également pu constater avec plaisir qu’une partie était consacrée à la place de la femme de la fantasy. Un sujet qui me touche, j’avais en effet écrit un article proposant une liste d’autrices françaises du genre. En effet, la fantasy prolonge une vision de l’Amour Courtois, qui n’offre pas forcément la part belle à la diversité de la condition des femmes, les cantonnant souvent au rôle passif d’un objet convoité que le courageux Chevalier doit conquérir.

Approfondir la fantasy

Pour les connaisseurs, le site propose également de revenir sur certains éléments fondateurs pour accroître ses connaissances. Préparez-vous, il y a de nombreux dossiers à parcourir sur des sujets très variés.

Dans un premier temps, on repart aux influences premières de la fantasy. Le genre prend racine dans de multiples cultures, que ce soit la mythologie grecque et romaine, avec notamment des créatures comme le minotaure, ou des réécritures de mythes comme Circé de Madeline Miller. Les mythes d’Europe du Nord sont très présents également, comme dans Le seigneur des anneaux, qui reprend beaucoup d’éléments de ces mythes, ou American Gods de Neil Gaiman.

Ensuite, la fantasy est réputée pour être un genre très codifié, qui a longtemps repris les mêmes tropes (mais aujourd’hui des oeuvres plus récentes les déconstruisent). Elle voit par exemple souvent l’idée de la quête suivie par le héros, qui se transforme en véritable initiation et forge son identité. Pug dans les chroniques de Krondor, Tristan Throne dans Stardust ou Willow dans le film éponyme sont autant d’exemples de ces héros, naïfs et inexpérimentés au début de leur aventure, sortent transformés de leur voyage.

La fantasy aime également à créer des mondes de A à Z, à construire des univers vastes, imaginaires mais précis, avec des créatures merveilleuses et dangereuses. Systèmes linguistiques, cartes… Les écrivains et autres artistes de la fantasy deviennent des démiurges bâtissant de véritables sociétés cohérentes. Avec des jeux vidéo comme World Of Warcraft, ces univers sont appelés à être infinis.

Le Royaume d’Ystiald : un jeu vidéo pour faire le point

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D’une durée de 45 minutes, le jeu bénéficie d’artworks magnifiques et immersifs. Il s’agit d’un point and click qui nous invite à croiser les archétypes habituels de la fantasy, mais aussi les mécanismes du jeu de rôle. Les habitués s’amuseront de voir et revoir les archétypes traditionnels : les elfes qui n’apprécient pas les nains et vice et versa, un Royaume des Ombres œuvrant pour la destruction du reste de la vie, des magiciens…

Le jeu est agrémenté de parties plus informationnelles qui nous parlent de la nature des objets que nous récupérons. Par exemple, on en apprend plus sur le rôle des bijoux ou à quoi servent habituellement les grimoires. Le jeu parvient à jouer avec lui-même, ce qui rend son aspect cliché plus acceptable, voire méta.

C’est à votre tour de vous plonger dans la solide mise en place de la BNF pour mettre à l’honneur ce genre trop longtemps négligé !

Catégories : Pop-culture

3 commentaires

L'ourse bibliophile · 23 janvier 2020 à 12 h 47 min

J’ai fait le petit jeu (très Tolkienesque quand même !) mais je n’ai pas encore pris le temps d’explorer le site !
Sympa d’avoir fait un article là-dessus !

    La Geekosophe · 23 janvier 2020 à 19 h 55 min

    Le jeu est un moyen sympathique de voir les motifs de la fantasy à l’oeuvre ! J’ai beaucoup aimé les dossiers thématiques, vraiment très complets 🙂

C’est le 1er, je balance tout ! # 37 – Janvier 2020 | L'ourse bibliophile · 1 février 2020 à 8 h 43 min

[…] il y a un site super bien fait et un jeu magnifiquement illustré. Si vous voulez en savoir plus, la Geekosophe vous présente tout ça dans un article qui met l’eau à la […]

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