Hé oui, le point lecture est un peu en retard ! La faute à une fin de mois chargée mais ma foi fort riche : Utopiales, week-end amicaux… Difficile de se poser pour mettre en forme mon article. Fait amusant : je n’ai lu que des auteurs masculins alors que le mois de septembre était uniquement composé de voix féminines !

La conteuse de Ludovic Mélon

La conteuse de Ludovic Mélon

Miya a vingt ans – ou vingt-trois, difficile à dire quand votre identité a brûlé avec votre enfance.
Depuis, elle survit à Prague dans une gare désaffectée, trime pour un patron de bar odieux et pioche dans les valises perdues ce dont elle a besoin. Sa seule richesse : un talent rare pour conter des histoires, ce qu’elle fait chaque vendredi soir sur le parvis de la cathédrale.
Quand un mystérieux employeur lui offre un poste dans une université inconnue, sa vie bascule. L’homme, nommé Séraphin, la conduit à Sakura, un monde parallèle peuplé d’esprits, d’anges et de démons, où la magie règne. Séraphin propose à Miya d’y suivre la formation des futurs gardiens, capables d’influencer les vies dont ils ont la charge.
Miya l’ignore encore, mais elle n’est pas une recrue ordinaire : parmi les esprits de Sakura, certains n’ont aucune intention de la laisser intégrer l’ordre des gardiens. Heureusement, elle va y rencontrer l’amitié et l’amour, et pour la première fois, découvrir qu’elle, la petite orpheline, peut compter dans la vie des autres…

La conteuse est un roman de fantasy urbaine sympathique et inventif, qui séduit par son univers foisonnant où anges, démons et gardiens s’agitent dans une bureaucratie céleste aux accents très pratchettiens. Porté par une écriture fluide, un rythme soutenu et des personnages attachants comme Miya et Séraphin, le récit ne manque ni d’humour ni de charme. Hélas, la profusion de personnages et de concepts finit par nuire à la clarté de l’ensemble : certains protagonistes restent superficiels, quelques incohérences viennent troubler la lecture, et des pouvoirs sans limites ou des facilités scénaristiques (dont une agression sexuelle traitée comme un simple ressort narratif) affaiblissent la tension. Une lecture divertissante qui plaira aux amateurs de fantasy légère et décalée, à condition de ne pas être trop exigeant sur la rigueur de l’intrigue.

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Les nuits blanches de Fédor Dostoievski

Les nuits blanches de Fédor Dostoievski

Les Nuits blanches, c’est d’abord un vrai roman d’amour. Un jeune homme solitaire et romanesque rencontre, une nuit, dans Petersbourg désert, une jeune fille éplorée. Désespérée par un chagrin d’amour, Nastenka se laisse aller au fantasme du jeune homme, amoureux depuis le premier instant, le berce – et se berce – dans l’illusion, jusqu’à ce que… le fiancé revienne et qu’elle se jette dans ses bras.

Les Nuits blanches est une courte nouvelle qui condense déjà tout l’univers de Dostoïevski : un narrateur rêveur et solitaire, ancêtre d’Aliocha et du Prince Mychkine, des monologues enflammés et des personnages qui se livrent avec une sincérité désarmante. En quatre nuits suspendues dans un Saint-Pétersbourg désert, l’auteur capture avec justesse l’universalité des tourments amoureux et la fragilité des espoirs nés dans un monde entre-deux, avant que le matin ne vienne tout remettre à sa place avec amertume. Le romantisme exacerbé et les longues tirades ne plairont pas à tous les lecteurs, mais ils donnent au récit une intensité rare et une mélancolie qui reste longtemps en tête. Une porte d’entrée idéale pour découvrir Dostoïevski, que je recommande aux amateurs de récits sentimentaux et de personnages à fleur de peau. Dostoïeski nous rappellent que les affres de l’amour traversent le temps et les lieux avec toujours autant d’intensité.

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Le livre qui refusait de brûler de Mark Lawrence

Le livre qui refusait de brûler de Mark Lawrence

La plus fabuleuse des histoires peut atteindre les étoiles…

Evar a passé toute sa vie prisonnier d’une salle remplie de livres, plus ancienne que les empires, plus vaste qu’une cité.

Livira vivait aux confins de la civilisation, où rôdent les cauchemars et où nul ne se rend. Lorsqu’elle est arrachée à son village, elle se consacre à l’étude des mystères qui irriguent la grande bibliothèque, coeur battant du royaume.

Ils n’étaient pas censés se rencontrer. Dans la bibliothèque, leurs chemins se sont pourtant croisés.

Leurs histoires s’entrelacent alors, coeur à coeur, à travers les univers et le temps. Faites de vérité et de mensonges, elles se brouillent et se confondent. Dans ce périple où la connaissance érode les certitudes, la plume a beau être plus puissante que l’épée, elle n’empêchera pas le sang de couler ni les cités de brûler.

Mark Lawrence ouvre sa trilogie avec un roman ambitieux et foisonnant, qui rend un bel hommage aux livres et à la connaissance à travers une Bibliothèque aussi fascinante qu’inquiétante. En alternant les points de vue d’Evar et de Livira, l’auteur bâtit un univers dense, truffé de mystères et de secrets qui maintiennent l’intérêt du début à la fin. Les personnages sont l’une des grandes réussites du récit, à commencer par l’insolente et curieuse Livira ou le bourru Malar, portés par des dialogues ciselés et une touche d’humour bienvenue. On regrettera toutefois quelques répétitions, des facilités dans les révélations et un lore parfois si complexe, entre voyages temporels et termes peu expliqués, qu’il en devient difficile à suivre. Une lecture exigeante mais captivante, que je recommande aux amateurs de fantasy riche et de récits gigognes, et qui me donne envie de découvrir la suite pour y voir plus clair.

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Les diables de Joe Abercrombie

Les diables de Joe Abercrombie

L’Europe est au bord du gouffre. La peste et la famine la ravagent, des monstres rôdent dans l’ombre et des princes avides ne songent qu’à leurs dévorantes ambitions. Une seule certitude demeure : les elfes reviendront, et ils mangeront tout le monde. Mais parfois, les chemins les plus sombres mènent à la lumière. Des routes sur lesquelles les Justes n’ont pas l’audace de s’engager. Enfouie dans les entrailles du splendide Palais Céleste, le fief de la foi, la Chapelle des Saints Expédients est un secret jalousement gardé. Car pour sa congrégation – un ramassis de monstres condamnés -, il n’existe pas de crimes interdits, de ligne rouge infranchissable… ni de mission qui finisse autrement que dans un bain de sang.
Pour l’infortuné frère Diaz, bombardé vicaire de la chapelle, le défi est de convertir au bien la lie de la terre afin qu’elle défende une noble cause : asseoir une voleuse sur le trône de Troie et réunifier les Églises d’Occident et d’Orient avant l’apocalypse à venir. Quand on s’aventure en Enfer, mieux vaut avoir les Diables à ses côtés.

Une sacrée Crapule Fantasy ! Les diables nous plonge dans une Europe Alternative : l’Eglise croit en une sauveuse, les villes sont menacés par des Elfes… Le tout dans une pauvreté violente qui règne dans la Ville Sainte. C’est là que se trouvent nos anti-héros, sorte de Suicide Squad esclave de la Sainte Eglise : vampire élégant, nécromancien mégalomane, Elfe invisible… Abercrombie réunit la crème des parias et parvient à les rendre à la fois attachants tout en gardant un côté dangereux et imprévisible. L’humour est présent, toujours un peu hardos, mais ça va finalement assez bien avec l’ambiance fin du monde et voyage avec des monstres. Les personnages sont tops, cyniques et très drôles. Les scènes d’action sont très prenantes, d’autant qu’il y a un côté boss de jeux vidéo qui n’est pas déplaisant. Bref, j’ai beaucoup aimé ce roman décapant et j’ai vraiment hâte que la suite sorte.

Quelles sont vos lectures préférées du mois d’octobre ?

Catégories : Points lectures

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