Le mois de juillet est fini ! Mes lectures sont variées et on remarque même le grand retour d’une lecture graphique. Comme tous les étés, je fais la part belle à la science-fiction pour des challenges mais j’avais aussi envie de me plonger dans des thrillers, que je trouve toujours parfaits pour la saison estivale.

Houston, Houston, me recevez-vous ? de James Tiptree Junior

A bord du Sunbird ils sont trois : le major Norman Davis et le docteur Orren Lorimer, sous la houlette du capitaine Bernhard Geirr. Des hommes, des vrais, l’élite de la Nasa lancée dans une mission à ce jour inédite : effectuer le tour complet de notre étoile. Mais après une tempête solaire d’une rare intensité, l’équipage a la désagréable surprise de constater que personne ne réagit à ses appels de détresse… Houston ne répond plus. Jusqu’au moment où le Sunbird capte enfin un message. Un autre astronef, le Gloria, orbite dans les parages et semble à même de secourir les trois astronautes. Or, ce que Lorimer, Davis et Geirr ignorent, c’est que les vrais ennuis sont sur le point de commencer. Des ennuis dont ils sont bien loin de mesurer la portée, tant leur monde s’apprête à basculer vers… autre chose.

Court mais riche, ce texte se montre captivant avec une forme qui soutient un fond réflexif. Houston, Houston met trois hommes issus d’une société viriliste a un monde profondément transformé, et féminin. Dans le monde exigü des vaisseaux, la tension monte doucement entre les représentants de deux sociétés différentes, jusqu’à l’escalade de la violence. L’autrice étend même les thématiques jusqu’aux questions du progrès, de ce qui considéré comme éthique ou non à travers le temps… L’écriture est volontairement rêche, la mysogénie et le mépris très présents, ce qui rend le texte parfois difficile à lire. Ce n’est pas une oeuvre qui plaira à tout le monde tant l’autrice ne cherche pas à conforter le lecteur. En revanche, elle maintient l’attention grâce à un sens aigü du rythme et une gradation maîtrisée dans les découvertes du personnage principal.

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Saison de Gloire de David Brin

Sur une planète où l’essentiel de la population est constitué de clones, Maïa est une var, une humaine conçue naturellement. En raison de leur naissance, Maïa et sa soeur jumelle Leie doivent quitter leur ville natale et leurs demi-soeurs privilégiées pour sillonner les routes maritimes et trouver leur propre place. Mais au cours d’un périple où elle doit affronter la faim et l’emprisonnement, la solitude et les batailles, Maïa rencontre un autre voyageur venu de loin, dont la seule existence menace le monde parfaitement réglé de Stratos…

J’ai été surprise par ce roman ! L’auteur construit une société matriarcale qui repose sur un principe d’autoclonage, mais ayant toujours besoin des hommes. Le monde de Stratos est régi par de grandes familles de femmes identiques réparties en clans, avec des hommes et des femmes var en périphérie. Voir cette structure sociale se déployer au fil des aventures de Maïa est impressionnant et montre une grande profondeur dans la création de cette planète. David Brin allie très bien les descriptions de ce mode de vie avec des passages plus axés aventure ou action. De ce côté-là, certaines mésaventures de Maïa peuvent sembler un peu répétitives mais cela ne gêne pas la lecture. L’écriture est fluide, elle permet de garder l’attention du lecteur, même dans les moments de description de notions complexes.

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Le cinquième jour de Maud Tabachnik

New York est la plus fantastique des villes, mais elle abrite aussi quelques dingues, une foule de paranoïaques et des parents inconscients, capables de laisser partir leur petite fille avec un presque inconnu. C’est ce que pense l’inspecteur Stan Levine, père de famille lui-même, en recevant Howard Riley et sa mère, lesquels déplorent la disparition de leur sœur et fille Gloria, neuf ans. Stan Levine se demande s’il va devoir sacrifier son premier week-end en famille depuis que Christophe Colomb a découvert l’Amérique. Le flic de choc va plonger dans les bas-fonds new-yorkais pour traquer un autre père de famille, monstrueusement pervers celui-là. Le furieux défi entre les deux hommes passe par des moments insoutenables…

Edgar Nichols est inspiré d’un serial killer ultra violent qui a réellement existé. Le roman n’est pas à mettre entre toutes les mains, mettant en scène de nombreuses déviances de manière crue et froide. Le point de vue du tueur est bien mis en scène, mélange de délire religieux, précision chirurgicale et actes ultra sanglants. Le style de Maud Tabachnik est précis, s’adaptant au caractère du point de vue du meurtrier comme à celui du policier le poursuivant. Si certaines ressorts sont classiques, elle construit un duel prenant entre deux personnages dont des éléments de vie se recoupent et s’opposent tout autant.

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L’ombre du savoir perdu de James Islington

L'ombre du savoir perdu de James Islington

Vingt ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre.
Les Augures dictatoriaux – autrefois considérés comme des dieux – ont été renversés et anéantis pendant le conflit, leurs pouvoirs tant redoutés les ayant mystérieusement abandonnés. Ceux qui avaient régné sous leurs ordres, des hommes et des femmes dotés d’une capacité moindre connue sous le nom de Don, n’ont évité le sort des Augures qu’en se soumettant aux lois de la rébellion. Une représentation de ces lois est maintenant inscrite dans la chair de quiconque utilise le Don, forçant ceux qui sont ainsi marqués à une obéissance absolue.
En tant qu’élève des Talentés, Davian subit les conséquences d’une guerre menée – et perdue – avant sa naissance. Méprisé par la plupart des gens au-delà des murs de l’école, lui et ceux qui l’entourent sont pratiquement prisonniers de leur tentative d’apprendre à contrôler le Don. Pire encore, alors que Davian se débat avec ses études, il craint les terribles conséquences d’un échec aux redoutées Epreuves.
Mais en découvrant sa capacité d’exercer le pouvoir interdit des Augures, Davian va déclencher une série d’événements qui vont bouleverser les terres d’Andarra et au-delà.
Au nord, un ancien ennemi que l’on croyait vaincu depuis longtemps se réveille. Et à l’ouest, un jeune homme dont le destin est lié à celui de Davian reprend connaissance dans la forêt, couvert de sang et sans aucun souvenir de qui il est…

L’ombre du savoir perdu a été une très bonne lecture ! L’auteur batit son contexte autour d’un Royaume qui a connu une rébellion sanglante vingt ans auparavant. Beaucoup d’éléments du scénario sont liés aux conséquences de cette guerre intestine, menant à une histoire intriquée qui repose sur des flashbacks et les secrets de nombreux personnages. Ces derniers sont bien construits, avec des personnalités qui évoluent au fil des pages et avec une grande diversité d’identités. L’écriture est plutôt prenante et nous accompagne avec fluidité dans une toile scénaristique complexe. Certains éléments de scénario m’ont cependant paru trop classiques, ou parfois trop tirés par les cheveux pour être réellement crédibles.

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Des Maux à dire de Bea Lema

L’enfance est le règne de l’imagination… Mais pas toujours un conte de fée. Pour Vera, malgré les monstres et les sorcières sortis tout droit de la tête de sa mère, le happy end tarde à venir. Elle se souvient… Les visites chez la chaman pour l’exorciser d’un mystérieux mal qui aurait pris possession d’elle ; sa mère clouée au lit plusieurs jours d’affilée, prétendant qu’un démon la harcèle en tambourinant sur ses nerfs ; le silence imposé à la maison, les jours suivants, pour ne pas réveiller le monstre ; les rendez-vous chez le psychiatre au cours desquels le diagnostic se dessine, année après année… Et puis, face à cette mère abusive, suspicieuse et paranoïaque, traumatisée par son propre père et qui a perdu foi en les hommes, un mari dépassé qui s’efface du foyer à mesure que la maladie mentale de sa femme s’installe.

Des maux à dire se base sur la relation réelle entre l’autrice et sa mère, une femme fortement instable. L’histoire est très touchante : elle parle de la force du lien mère-fille malgré les difficultés. Le récit plonge dans les origines des troubles mentaux, qui tiennent leurs racines dans une histoire familiale compliquée. Les errances médicales de la mère sont également bien retranscrites. On voit la solitude des aidants face à la maladie qui a tendance à s’agraver. Le livre est également très beau sur la forme. Le travail sur les couleurs soutient les messages puissants de l’histoire. Certaines illustrations sont travaillées à la broderie, le travail du fil étant un héritage mère-fille mais aussi un symbole du trauma intergénérationnel. C’est un très beau roman graphique qui touchera beaucoup de lecteurs.

Quelles sont vos lectures préférées du mois de juillet ?

Catégories : Chroniques

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